<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042</id><updated>2011-12-11T17:43:36.764+01:00</updated><category term='Julien'/><category term='Jade'/><category term='Autres'/><category term='Judith'/><category term='Jean-Bernard'/><category term='Charles'/><category term='Juliette'/><category term='Frédéric'/><category term='Enfance'/><category term='La vie rêvée'/><category term='Georges'/><category term='Journal'/><category term='Claire'/><category term='Bistouri'/><category term='Antoine'/><category term='Paul'/><category term='Maud'/><category term='Gérard'/><category term='Violaine'/><category term='Stéphanie'/><title type='text'>Pas-Vu-Pas-Pris</title><subtitle type='html'>Le blog littéraire, d'ivresses et de mensonges, de fantaisies poétiques, de Paul-Henri Sauvage, personnage de roman dans la vraie vie, et illusionniste de son état, la plupart du temps !</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>73</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-3599224089240289632</id><published>2011-12-11T17:32:00.001+01:00</published><updated>2011-12-11T17:42:12.688+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Enfance'/><title type='text'>J'vas't'dire un secret !</title><content type='html'>&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-8rZL6YOCSs4/TuTckpZ5lkI/AAAAAAAAA9c/MU4A3U-VevQ/s1600/img01311.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="640" src="http://1.bp.blogspot.com/-8rZL6YOCSs4/TuTckpZ5lkI/AAAAAAAAA9c/MU4A3U-VevQ/s640/img01311.jpg" width="395" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 150%; margin-bottom: 3.0pt; margin-left: 0cm; margin-right: 0cm; margin-top: 3.0pt; tab-stops: 35.4pt 70.8pt 106.2pt 141.6pt 177.0pt 212.4pt 247.8pt 283.2pt 318.6pt 354.0pt 389.4pt 424.8pt 460.2pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;&amp;nbsp; Laissait, sisouvent, parfois, le silence, &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;longuement&lt;/i&gt;,répondre à sa place... Puis, de temps à autre, pour qui pour quoi, haussait,tout de même, vaguement les épaules. S’efforçait d’un bref sourire. Esquissait,alors, un soupir honteusement désabusé. S’approchait encore un peu, si tant estque cela fut possible, mes ami-e-s, vous n’imaginez pas. Quelques centimètres&amp;nbsp;?A peine plus... Une poussière d’éternité. S’épuisait, à chaque fois, emportépar un soudain vertige, à ne rigoureusement &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;rien&lt;/i&gt;savoir de ce qu’il ne pouvait, pourtant, s’empêcher de &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;voir&lt;/i&gt;. De voir&amp;nbsp;? &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;De voir…&lt;/i&gt;Ou d’entendre... D’entendre&amp;nbsp;? &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;D’entendre…&lt;/i&gt;Ou de deviner. Soupçonner. Subodorer. Sentir, et plus encore. Car Rose était simaigre, désormais. Maigre… Et quant à ces yeux déjà fermés, obturés, liquéfiés,occultés, mieux valait, définitivement, ne plus en espérer le moindre réconfort.Et, surtout, &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;surtout&lt;/i&gt;, ne jamais sesouvenir de la concavité cadavérique des chairs. Ou de la peau parcheminée,malodorante, horripilée de poils terriblement disgracieux. Ou de ces dents,molaires en chicots qui se crispaient, s’entourloupaient ou bifurquaient. Sedéchaussaient pour de bon. S’entrechoquaient, que c’en était maintenant vacarme,à force peut-être d’articuler d’inaudibles délires… &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Tu me parles&amp;nbsp;?&lt;/i&gt; Car, bafouillant de salive et de morve dans unrepli nauséabond du drap, le visage, halluciné déjà d’au-delà, à demi tournévers lui... Une simple esquisse de peur sur les lèvres tremblées. Une demiemesure d’attente dans l’éclat terni des orbites presque vides. &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Où t’es tu donc fourré, Paul, t’as d’l’apaille dans les cheveux&amp;nbsp;! &lt;/i&gt;A peine exprimé ainsi, bien sûr. Justechuchoté. Trois syllabes suffisent pour dire le monde, n’est-ce pas&amp;nbsp;! &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Ou qu’c’est’y donc, qu’t’es encore parti,mon garçon, hein&amp;nbsp;? Dis moi&amp;nbsp;? J’te vois plus&amp;nbsp;! &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 150%; margin-bottom: 3.0pt; margin-left: 0cm; margin-right: 0cm; margin-top: 3.0pt; tab-stops: 35.4pt 70.8pt 106.2pt 141.6pt 177.0pt 212.4pt 247.8pt 283.2pt 318.6pt 354.0pt 389.4pt 424.8pt 460.2pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;Et pour cause&amp;nbsp;!S’exilait, en effet, à la minute même. S’expatriait pour de bon. S’exfiltraitde tout ça. Retrouvait. Gambadait, en gesticulant comme un pantin, dans l’herbefraiche du matin. Une bonne trentaine d’années en arrière, au moins. Tout demême. Courait comme un dératé. Pas de répit. Aucun espoir, &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;j’l’jure&lt;/i&gt;, de pouvoir, un jour, reprendre son souffle. Pas uneseconde. Crapahutait. Jusqu’à parvenir, in extremis, à se planquer, vite fait,derrière les framboisiers. Ou bien, dans un autre scénario, repéré par quelquestupide fanfaronnade, parvenant in extremis à se dégager de l’emprise des brigadesintergalactiques, réussir l’exploit, proprement prodigieux si l’on veut bienaccepter d’y songer, de contourner, en moins de deux, le lilas par le nordpour, brusquement, virer de bord à fond les manettes, à guère plus d’un mètredu cerisier. Quitte à piétiner sans vergogne les salades, le romarin, et tousles trucs qui poussaient un peu partout et dont personne, des kilomètres à laronde, ne semblait vraiment se soucier. Et quitte, aussi, pour faire bonnemesure, à presque saccager les rangs de radis avec tes chaussures de gamin.Histoire d’échapper à tes poursuivants. Qui braillaient comme des malades.Hurlaient à la mort. &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Paul, t’escuit&amp;nbsp;! On’te voit…&lt;/i&gt;&amp;nbsp; Visaientostensiblement les rognons pout t’envoyer des rafales de kalachnikov à clouerau sol un régiment tout entier. T'aspergeaient littéralement de la tête auxpieds pour peu que l’un, ou que l’autre, de ces zigotos parvienne à s’emparerdu tuyau d’arrosage. Te postillonnaient des insanités. T'annonçaient lacouleur. Jubilaient à la folie en réalisant soudain que, sauf miracle absolu, monpote, tu ne pourrais maintenant plus leur échapper… Vu qu’après les fraisiers,à peine en fleurs, la haie de thuyas en ultime refuge d’un quarterond’escargots, l’abri de jardin de grand père, le sentier se faisait volontiersmarécageux, pente glissante et toujours périlleuse qui plongeait directementvers la rivière. Brandissaient alors, ces salauds, en criant victouaaaaare, unsabre aux dimensions proprement extravagantes. Jouaient du lasso en setrémoussant ostensiblement le derrière, donnaient du clairon en gonflantexagérément les joues ou t'envoyaient les chiens te dévorer tout cru… &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 150%; margin-bottom: 3.0pt; margin-left: 0cm; margin-right: 0cm; margin-top: 3.0pt; tab-stops: 35.4pt 70.8pt 106.2pt 141.6pt 177.0pt 212.4pt 247.8pt 283.2pt 318.6pt 354.0pt 389.4pt 424.8pt 460.2pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Enl’occurrence, d’ailleurs, Oscar s’en donnait à cœur joie, aboyant à perdrehaleine, et décrivant, presque inquiétant, de larges cercles autour de toi.Sauf que Rose, positivement, détestait ces manières de voyou. Et finissait -menaçant vaguement d’une passoire en fer blanc quiconque passait à sa portée -par s’extraire de la cuisine pour exiger, sans autre forme de procès, lacessation &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;im-mé-diate &lt;/i&gt;des hostilités.Si ce n'est la paix, au moins un armistice. Faute de quoi... &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Faute-de-quoi... V’s’aurez d’mes nouvelles,les garçons ! Vu que j’suis pas d'humeur. Pas de patience pour vos caprices. Merendre folle... C'est ce qu’vous voulez, est’c’pas ? M’faire tournerbourrique... Achever vot’pauv’mère. Lui faire rendre gorge. Pitié bon sang !Voyez pas que je suis malade ? Fatiguée. Exténuée. Epuisée par toutes ceshistoires. J’veux plus vous entendre. Voulez vous bien déguerpir, bon sang debonsoir&amp;nbsp;! M’d’barrasser l’plancher un’bonn’fois pour toutes. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 150%; margin-bottom: 3.0pt; margin-left: 0cm; margin-right: 0cm; margin-top: 3.0pt; tab-stops: 35.4pt 70.8pt 106.2pt 141.6pt 177.0pt 212.4pt 247.8pt 283.2pt 318.6pt 354.0pt 389.4pt 424.8pt 460.2pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;&lt;span style="font-family: Georgia;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style="font-family: Georgia;"&gt;Tropcontents, naturellement, de s’en tirer à si bon compte. Disparaissaient &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;illico&lt;/i&gt; du paysage. Clamant chacun soninnocence, tout de même, défendant son honneur, sitôt en sécurité, réfugiés àbonne distance, protégés par la barrière du potager, perchés en équilibreinstable sur l’une des souches à demi enfouies dans les herbes (en contre bas).&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Pas moi, m’man… j’te jure… Ni moi, m’man,ni moi…&lt;/i&gt; &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 150%; margin-bottom: 3.0pt; margin-left: 0cm; margin-right: 0cm; margin-top: 3.0pt; tab-stops: 35.4pt 70.8pt 106.2pt 141.6pt 177.0pt 212.4pt 247.8pt 283.2pt 318.6pt 354.0pt 389.4pt 424.8pt 460.2pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt; Restait Oscarqui, lui, ne choisissait jamais de s’enfuir, acceptant même, ce héros, de vaillammentbraver la tempête. Bondissant joyeusement de plus en plus haut. Et de plus enplus &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;n’importe où&lt;/i&gt;. Et &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;n’importe comment&lt;/i&gt;. Vous déchirantbientôt allègrement les tympans à défaut de se calmer les nerfs, les vapeurs,le tempérament, sur n’importe quoi de facilement accessible ou sur n’importequi, et ce jusqu’à se voir, vertement, reprocher les pires exactions, etreconduire, manu militari, forcé de regagner ses pénates la queue entre les pattes,bien obligé cette fois d’accepter la sentence, le bagne, ni plus ni moins,vingt ans de réclusion, pour une paire de chaussons, à te morfondre au fond deta niche, &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;mo’pauv’e Oscar&lt;/i&gt;. Vingt ansà ronger ton os, du soir au matin, ou à sortir les crocs, baver, grogner, tirersur sa laisse à vous flanquer une trouille bleue. &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Comme quoi c’t’animal est réellement enragé. Malade au moins du typhus.Couvert d’eczéma. D’impétigo. Une bonne douche. Un shampoing à l’eau de rose etil n’y paraitra plus rien. Paul, s’t’plait, laisse ce chien tranquille,t’entends&amp;nbsp;? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 150%; margin-bottom: 3.0pt; margin-left: 0cm; margin-right: 0cm; margin-top: 3.0pt; tab-stops: 35.4pt 70.8pt 106.2pt 141.6pt 177.0pt 212.4pt 247.8pt 283.2pt 318.6pt 354.0pt 389.4pt 424.8pt 460.2pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;&lt;span style="font-family: Georgia;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style="font-family: Georgia;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;Lequelexultait. Déclamait. Gesticulait. Et construisait toute une théorie. Selonlaquelle les libellules ont une âme plus translucide que la nôtre. Maisnéanmoins tout aussi complexe et sophistiquée. Oh combien cruelle,&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt; j’t’assure.&lt;/i&gt; Ceci justifiant toutessortes de supplices. Et d’expériences. Et d’hypothèses. &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Vu qu’l’heure est grave, Julien. Le monde est en péril, frérot, voilàla sombre et sinistre vérité. L’empire se disloque à vue d’œil. Tout ou presquese débine, Julien. Sommes encerclés par des armées d’asticot. Condamnés à nousbattre jusqu’à ce que mort s’ensuive... &lt;/i&gt;Jetaient alors, dans la bataille,résignés, tout un escadron de guêpes tourbillonnantes. Avant de débusquer,déchainés, un nouveau nid de musaraignes à la trogne proprement effrayante.Décimaient ensuite, dans la foulée, toi à droite et moi à gauche, un tourbillonde mouches. S’acharnaient. S’envolaient. Surprenaient. Réconciliés. &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;T’crois que nous serons toujoursfrères&amp;nbsp;? Même plus tard&amp;nbsp;? Même dans dix mille ans&amp;nbsp;? Même quandla nuit aura remplacé le ciel dans la ronde des saisons&amp;nbsp;? &lt;/i&gt;S’allongeaientalors les yeux dans les herbes. A hauteur de coccinelle. Juste au bord de larivière. Dans le clapotis apaisant des tourbillons. Franchissant le seuil de l’éternité,à peine mais tout de même.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="line-height: 150%; margin-bottom: 3.0pt; margin-left: 0cm; margin-right: 0cm; margin-top: 3.0pt; tab-stops: 35.4pt 70.8pt 106.2pt 141.6pt 177.0pt 212.4pt 247.8pt 283.2pt 318.6pt 354.0pt 389.4pt 424.8pt 460.2pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;Paul, mon Paul, approch’toi’donc, j’vast’dire un secret. T’m’entends&amp;nbsp;?&lt;/i&gt; Opinait du bonnet. Lui attrapait nerveusementla main qui tremblait. Lui effleurait le front, lentement. Les joues. Leslèvres si sèches qu’elles auraient pu en tomber d’impatience. Tendaitl’oreille. S’enracinait. &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;J’vas t’dire. &lt;/i&gt;S’imaginaitun long silence. &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;J’vas t’dire un secret. T’m’entends&amp;nbsp;?&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;N’entendaitrien, naturellement&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-3599224089240289632?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/3599224089240289632'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/3599224089240289632'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2011/12/jvastdire-un-secret.html' title='J&apos;vas&apos;t&apos;dire un secret !'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-8rZL6YOCSs4/TuTckpZ5lkI/AAAAAAAAA9c/MU4A3U-VevQ/s72-c/img01311.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-1124665656874604224</id><published>2011-10-06T10:05:00.002+02:00</published><updated>2011-10-06T10:05:52.645+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='La vie rêvée'/><title type='text'>Le dessous des cartes</title><content type='html'>&lt;!--[if gte mso 9]&gt;&lt;xml&gt; &lt;o:OfficeDocumentSettings&gt;  &lt;o:AllowPNG/&gt; &lt;/o:OfficeDocumentSettings&gt;&lt;/xml&gt;&lt;![endif]--&gt;&lt;!--[if gte mso 9]&gt;&lt;xml&gt; &lt;w:WordDocument&gt;  &lt;w:Zoom&gt;0&lt;/w:Zoom&gt;  &lt;w:TrackMoves&gt;false&lt;/w:TrackMoves&gt;  &lt;w:TrackFormatting/&gt;  &lt;w:HyphenationZone&gt;21&lt;/w:HyphenationZone&gt;  &lt;w:PunctuationKerning/&gt;  &lt;w:DrawingGridHorizontalSpacing&gt;18 pt&lt;/w:DrawingGridHorizontalSpacing&gt;  &lt;w:DrawingGridVerticalSpacing&gt;18 pt&lt;/w:DrawingGridVerticalSpacing&gt;  &lt;w:DisplayHorizontalDrawingGridEvery&gt;0&lt;/w:DisplayHorizontalDrawingGridEvery&gt;  &lt;w:DisplayVerticalDrawingGridEvery&gt;0&lt;/w:DisplayVerticalDrawingGridEvery&gt;  &lt;w:ValidateAgainstSchemas/&gt;  &lt;w:SaveIfXMLInvalid&gt;false&lt;/w:SaveIfXMLInvalid&gt;  &lt;w:IgnoreMixedContent&gt;false&lt;/w:IgnoreMixedContent&gt;  &lt;w:AlwaysShowPlaceholderText&gt;false&lt;/w:AlwaysShowPlaceholderText&gt;  &lt;w:Compatibility&gt;   &lt;w:BreakWrappedTables/&gt;   &lt;w:DontGrowAutofit/&gt;   &lt;w:DontAutofitConstrainedTables/&gt;   &lt;w:DontVertAlignInTxbx/&gt;  &lt;/w:Compatibility&gt; &lt;/w:WordDocument&gt;&lt;/xml&gt;&lt;![endif]--&gt;&lt;!--[if gte mso 9]&gt;&lt;xml&gt; &lt;w:LatentStyles DefLockedState="false" LatentStyleCount="276"&gt; &lt;/w:LatentStyles&gt;&lt;/xml&gt;&lt;![endif]--&gt;&lt;!--[if gte mso 10]&gt;&lt;style&gt; /* Style Definitions */table.MsoNormalTable	{mso-style-name:"Tableau Normal";	mso-tstyle-rowband-size:0;	mso-tstyle-colband-size:0;	mso-style-noshow:yes;	mso-style-parent:"";	mso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;	mso-para-margin:0cm;	mso-para-margin-bottom:.0001pt;	mso-pagination:widow-orphan;	font-size:12.0pt;	font-family:"Times New Roman";	mso-ascii-font-family:Cambria;	mso-ascii-theme-font:minor-latin;	mso-fareast-font-family:"Times New Roman";	mso-fareast-theme-font:minor-fareast;	mso-hansi-font-family:Cambria;	mso-hansi-theme-font:minor-latin;	mso-bidi-font-family:"Times New Roman";	mso-bidi-theme-font:minor-bidi;}&lt;/style&gt;&lt;![endif]--&gt;&lt;!--StartFragment--&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-XgfxgjjL0F4/To1hSLhg-jI/AAAAAAAAA6A/CfKLvTGW7T0/s1600/voyons_voir_Vogue_a_porter_par_Inez_van_Lamsweerde_et_Vinoodh_Matadin_12.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="400" src="http://2.bp.blogspot.com/-XgfxgjjL0F4/To1hSLhg-jI/AAAAAAAAA6A/CfKLvTGW7T0/s400/voyons_voir_Vogue_a_porter_par_Inez_van_Lamsweerde_et_Vinoodh_Matadin_12.jpg" width="395" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-family: Georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;Avouons le… La vérité n’est jamais tout à faitcelle que l’on croit. Et encore moins, sans doute, celle à laquelle onaspire&amp;nbsp;! Il suffit souvent d’un grain de sable, comme on dit, pour que lamécanique la plus parfaite se dérègle et que l’avenir radieux auquel on adhéraitl’instant d’avant, se métamorphose, brusquement, en un paysage désespérant de désolation,de ruine et de barbarie… En d’autres termes, rien n’est jamais acquis et mieuxvaut, dans ces conditions, ne pas trop s’illusionner sur la marche du monde.C’est aussi ce que vous pensez, n’est-ce pas&amp;nbsp;? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-family: Georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;Sauf qu’au moment, précis, où nous nous apprêtons àle rejoindre, - et nous ne sommes pas les seuls, autant vous prévenir tout desuite - Charles-Antoine Parmentier semble encore à des années lumières, oui, d’admettreune telle proposition. Sans doute parce que cette soirée d’anniversaire – &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Violaine… Mais tu es encore si jeune, sijolie, si fraiche, ma chérie&amp;nbsp;!&lt;/i&gt; - s’annonce, à cet instant-là, sous lesmeilleurs auspices. Il s’avère, en effet, que les services de la météorologienationale se montrent, ce jour-là, particulièrement optimistes, ne prévoyant àbrève échéance aucune espèce de catastrophe climatique au dessus deMontmorency. Il faut ajouter, toutefois, car cette information pourrait changerle cours de ce récit, que Charles-Antoine garde, alors, encore en mémoire toutce que Delphine Michon a bien voulu leur confier, à tous les deux, sous lesceau du secret, quelques semaines plus tôt, à propos d’un certain Fabien &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;quelque-chose&lt;/i&gt; qu’elle se faisait fort,affirmait-elle de manière un peu péremptoire, de traîner ici, par les pieds sinécessaire, dès lors qu’il s’agirait de fêter, dignement, les trente huit anset des poussières de notre Violaine nationale. &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Fabien, tu ne peux pas me laisser tomber, hein… Fabien, s’t’te plait… &lt;/i&gt;Bref,tout va donc pour le mieux, n’est ce pas, dans le meilleur des mondespossibles. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-family: Georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;Certes&amp;nbsp;! Mais il faut, tout de même, d’ici là,régler certains détails d’un genre assez technique. A savoir garder l’œil, etle bon, sur la cuisson du bazar tout en assaisonnant légèrement la salade et leriz. Avant de trancher les tomates à toute berzingue. &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;C’qui signifie que j’ne veux absolument per-son-ne dans la cuisine…Rigoureusement personne, bon sang, comment faut-il que je t’le dise, Violaine&amp;nbsp;?&lt;/i&gt;Avec d’autres mots, peut-être… Une autre façon de s’emporter. De s’exciter letempérament… Vu que, pour espérer s’inviter dans la sauce, s’immiscer gentimentdans l’entre deux, s’acclimater du tourbillon des molécules, il convient,surtout, d’attraper au plus vite un truc quelconque&amp;nbsp;; le moindre ustensileen bois, métal, plastoc, ou n’importe quoi d’autre ferait l’affaire. On yva&amp;nbsp;?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-family: Georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;Rajoutant, au moment parfaitement opportun, laseule et unique pincée de sel, mes ami-e-s, condiment ou poivre, censée fairela différence, et s’inquiétant alors d’un subtil frémissement de la mixture, etse démenant comme un dingue. Et sautant du coq à l’âne. Et plongeant tête lapremière dans le fourneau. Et dégageant vite fait la poêle et le faitout,renvoyant tout ce beau monde au fond du premier tiroir venu. Et se rassurantd’une demi-seconde de tranquillité. D’une brève accalmie sur le front desintempéries. S’amusant presque d’une vendetta de poivrons dans le maelstrom duragoût. Et se retournant d’un bloc pour s’essuyer les mains. S’essorer du mêmecoup la sueur qui vous dégouline à grosses gouttes au milieu du museau.S’autorisant juste à prélever le quart du tiers d’un cinquième d’un centimètrecube de bouillon. Et soufflant comme un bœuf. &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Chaaaarles-Antoine, ça va&amp;nbsp;?&lt;/i&gt; Expirant longuement. S’emballant.Cherchant le poivre du regard. Exigeant une réponse immédiate de la part de sondouble qu’il interroge en biais dans le miroir du couloir. Et se disant tout demême… Et s’immobilisant… Et se figeant, soudain, de la tête aux pieds (pas unseul cillement de paupières intempestif, voyez-vous, pas un muscle quis’autorise une petite folie à ce moment précis, tout le bonhomme au garde àvous&amp;nbsp;!)… Car c’est bien le carillon de la porte d’entrée, &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;noooonnnn&lt;/i&gt;&amp;nbsp;? C’était bien &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;ça &lt;/i&gt;qui, brusquement, vient de déchirerle très (très) relatif silence qui, compte tenu du déluge de décibels vaguementjamaïquains en provenance directe de la chambre des garçons, à l’étage, règneen démocrate particulièrement débonnaire sur les quelques cent vingt mètrescarrés, hors sol, dont Charles-Antoine et Violaine Parmentier ont étésolennellement déclarés propriétaires trois ans plus tôt, en échange d’un bonpaquet de pognon, il faut bien le dire. &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Dingdooooong...&lt;/i&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-family: Georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;On en pense bien ce que l’on veut mais nul doutequ’il faudrait, un jour, prendre vraiment le temps de saluer la prodigieuseprouesse biologique&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;accomplie, àcet instant-là, par les trois cent cinquante et quelques grammes de musclecardiaque de celui qui se fait appeler Charlie par ses collègues de l’hôpitaluniversitaire. Ainsi, d’ailleurs, que par la plupart de ses étudiantes. Et parun paquet d’infirmières qu’il croise ici ou là. Et par diverses autrespersonnes de sexe féminin aperçues au détour d’un couloir. Du moins celles qui…Il se trouve en effet qu’en moins d’un quart de seconde le myocarde duprofesseur Parmentier accélère la cadence de manière insensée au point depasser, quasiment sans transition, d’un rythme déjà soutenu à celui généré, àtitre d’exemple, par l’ascension en quatrième vitesse de la face nord del’Everest. Ou à peu près. Entraînant tout de même, dans son sillage, uneaugmentation très significative du taux de cortisol sanguin. Et une sévèreremontée de la systolique. Avec en prime les pupilles discrètement dilatées. Etque je te traverse le salon en coup de vent&amp;nbsp;! Au risque, accessoirement,de presque tout renverser sur son passage. Y compris Violaine qui lambine àmoins de trente à l’heure. &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Oaaahhhh…. &lt;/i&gt;Etse payant le luxe d’un dérapage contrôlé à vingt centimètres de la télé.Parvenant, radieux, à se précipiter les deux mains sur la clenche avant mêmeque Delphine Michon, encore le doigt sur la sonnette, n’ait eu la présenced’esprit de s’adresser à l’infortuné Fabien, une vague pointe d’inquiétude dansla voix. &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;J’t’avais bien dit vingt heures,non&amp;nbsp;?&lt;/i&gt; &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-family: Georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;Vingt heures&amp;nbsp;? Ou bien dix-neuf heures trentecinq... Ou encore vingt deux heures quarante quatre… Vingt et une heures trentepilepoil. Vingt trois heures chrono… Franchement, quelle importance les ami-e-s&amp;nbsp;!Vu que vous êtes toujours les bienvenu-e-s&amp;nbsp;! A quelque moment que ce soitde la journée, ou de la nuit, à l’aube empesée de sommeil ou bien, exténué-e-sde travail, au coucher du soleil, allez-y franco, tambourinez, carillonnez,sonnez trompettes et tambourins, je serais toujours à vous attendre, embusquéderrière la porte d’entrée, la larme à l’œil, le palpitant dans leschaussettes… &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Oaaahhhh.&lt;/i&gt; Et puis, sansplus attendre, vous faire, ni plus ni moins, les honneurs de la maison&amp;nbsp;!Vous inviter à ne &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;surtout pas&lt;/i&gt; resterplantés, là, dans les courants d’airs, l’inconfort du couloir, la pénombre,l’étroitesse du corridor, avec, par devers vous, des fleurs comme s’il enpleuvait, lesquelles vous encombrent les minettes, à grand renfort de papierfroissé, de rubans multicolores, d’embrassades sur les joues, ou dans le cou,de guiliguilis furtifs dans les cheveux, de poignées de main d’un genre assezviril, écrabouillant les doigts et tout ce qui dépasse, bagues ou chevalières,je ne sais comment dire. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-family: Georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;Ainsi donc, Fabien ! Dans toute sa splendeur…Chevelure&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt; éternellement &lt;/i&gt;au vent -voilà bien le premier mystère concernant le personnage -, tendance poivre etsel virant, insensiblement, vers une version passablement clairsemée, barbe decirconstance et haleine pas mal défraichie, dispersant, à la moindreéructation, tout un florilège d’effluves ahurissantes, exotiques et disparates,témoignant à cette occasion de la persistance, inattendue en ce début de vingtet unième siècle, d’un monde de démesures, de nuits sans lunes, de transportscrasseux et si vite oubliés, de discours pompeux, et alcoolisés, embrouillés,volontiers hallucinés, même. Et, parfois, heureusement, tout à fait inspirés…Car l’homme a bon goût. Il apprécie. Il jauge. Il s’extasie. Arpente, soudain,le salon à grandes enjambées comme s’il s’agissait d’en prendre définitivementpossession. Puis tombe en arrêt devant le piano dont il flatte, sans guère defaçon, les premières cervicales, puis l’épine dorsale, puis les dernièreslombaires, les plus graves, en se bidonnant comme un fou, s’amusant visiblementd’arpèges inédits. Se tordant littéralement, et pouffant. Bordel, ça vient.Puis se retourne, sans transition. Et s’invite, sans prévenir, dans uneconversation qui peine à sortir des ornières habituelles que l’on creuseallègrement les soirs de réception. Tente, alors, un mot d’esprit qui ne vientpas. Réprime, au tout dernier moment, hélas pour nous tous, d’une brèvecontorsion de l’épaule, un épouvantable renvoi dont les nuisances olfactives suscitent,aussitôt, un début d’étonnement. De désapprobation. Ou d’indignation, c’estselon. &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Fabiiieeen… &lt;/i&gt;Répond, sanss’étendre plus que ça, à la moindre question qu’on ne lui pose pas. Ouais, &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;affirmatif,&lt;/i&gt; concède-t-il vaguement àCharles-Antoine quand celui-ci s’aventure à qualifier Mick Jagger de &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;simplement génial&lt;/i&gt;. Ouais &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;affirmatif&lt;/i&gt;, se borne-t-il ensuite, àrépéter, douze minutes plus tard, quand Violaine semble enfin comprendre, nonsans un léger décrochement tonal dans la voix, que les &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Pantalons Rouges&lt;/i&gt; pourraient, effectivement, à tout momentmaintenant, se voir proposer d’assurer la première partie d’un truc de dingue,absolument mythique, si vous voyez ce que je veux dire. Pas les Stones, quandmême, bien sûr… Mais… Bon… Accepte, alors, avec un enthousiasme suspect, -s’agit-il de couper court à certaines insinuations venant de Delphine&amp;nbsp;? -,de s’extraire en moins de deux du fauteuil sur lequel, cinq minutes plus tôt,il a fini par jeter son dévolu, non sans, toutefois, en avoir examiné levelours sous toutes les coutures. Pour, ainsi, délaisser sans beaucoup deremord le parquet qui craque de plaisir, ou le délicat moelleux du tapis auxmotifs surannés, et débouler brusquement sur la terrasse princière comme si,quasi recroquevillé sur sa guitare, en une succession de hurlements proprementdémoniaques, &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;aouahhh, le mec, &lt;/i&gt;ilinvestissait, en majesté, la scène du Zénith… Ou quelque chose d’approchant. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-family: Georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;On en est loin, pourtant, croyez moi. Car,précisément, de retour sur la planète Terre après divers et éphémèrescompliments que Delphine, presque trop familière, s’est, une nouvelle fois,Dieu sait pourquoi, aimablement autorisée à lui adresser, Charles-Antoine se plait,maintenant, à louer le charme paisible, et printanier, et champêtre, del’extraordinaire paysage dont il entend bien commenter les moindres reliefs àson nouvel ami&amp;nbsp;! Vu qu’à droite c’est rien moins que la vallée deMontmorency, mon pote. Et je passe gentiment sur les immeubles en contrebas, lamentablesde laideur, et même hideux au possible, délabrés à mort, et qui devraient être,ce serait un soulagement prodigieux pour nous tous, com-plè-te-ment-ra-sés, pasplus tard qu’à la rentrée. Là-bas, le stade Henri Patron d’où montentjusqu’ici, quand le vent est au nord, hélas, les soirs de matchs, d’invraisemblablesrumeurs de sauvages. Des cinglés comme tu n’imagines pas… Et puis, sur la gauche,j’t’le donne en mille, c’est la butte Montmartre qu’l’on devine à peine, maistout de même, dans la brume… Se gardant bien, cependant, d’évoquer, vouspensez, les vastes entrepôts des anciennes filatures, agencements secrets etconfus de cours jonchées d’improbables détritus, de décombres et de ruines,bordées de hangars aujourd’hui désaffectés et peuplés de toute une faune dontmieux vaut ne jamais entendre parler ailleurs que sur M6. Glissant allégrement,d’ailleurs, sur les cheminées d’usines définitivement inutiles car sevrées detoutes leurs addictions et n’expectorant plus, désormais, que des oiseauxsolitaires, égarés, on ne sait pourquoi, dans le labyrinthe des couloirsaériens. S’abstenant, aussi, mine de rien, de chanter les heures glorieusesd’invisibles jardins ouvriers depuis longtemps réduits au silence etcirconscrits dans quelques ilots, négligés des promoteurs, dansl’entrecroisement bruyant des autoroutes et des résidences, sur papier glacé, opportunémentdéfiscalisées. Omettant également, judicieusement, de rapporter mot pour mot cequi se murmure péniblement un peu partout, en ville, à propos des bassinsd’épuration dont les généreuses flatulences, souvent, parviennent à vous passercomplètement l’envie, hélas, de paresser d’ennui sur vos chaises longues, unverre de soda sur la table, à l’ombre des bouleaux. Refusant enfin, et non sansmalice, de s’appesantir, plus que de raison, sur la présence, incongrue dans lequartier, de bâtiments administratifs particulièrement désolants et dont lasilhouette approximative, abondamment taguée, barre de ses chicots hallucinéspresque la moitié du panorama. Puisque, plus bas… Plus bas… Ou plutôt juste àcôté. Oui, derrière la haie, comblée d’une piscine quasi olympique, et mêmed’un tennis que personne, ou si peu, ne fréquente plus, la luxueuse etinsolente retraite d’un couple ab-so-lu-ment-char-mant. Charmants&amp;nbsp;? Dumoins, sous réserve de les prendre explicitement, non pas pour ceux dont ilsespèrent, sincèrement, pouvoir, un jour, donner l’image, - celle de deux êtres &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;tout à fait &lt;/i&gt;complémentaires, encorejeunes malgré tout, et si cools au fond, vraiment ouverts sur le monde,tellement épris de libéralisme, tellement drôles et cultivés, tellement enprise avec l’esprit du temps, tellement… -, non pas pour ceux-là, donc, maispour ceux qu’ils sont &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;effectivement&lt;/i&gt;…A savoir, s’agissant de Jean-Christophe, un gros bonnet de l’édition et,s’agissant d’Estelle, une avocate hors pairs, vaguement spécialisée en droitdes affaires. Charles-Antoine, &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;je sens&lt;/i&gt;,comment le dire, je sens… qu’il faudrait impérativement que je prenne en mains votreportefeuille d’actions…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-family: Georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;Peut-être. Et même sûrement, en vérité. Nous yreviendrons… Mais, pour l’heure, soudain, Charles-Antoine n’est plus très loinde croire avoir, enfin, atteint ce qui s’apparente au nirvana… Du moins dans saversion humaine et, on peut le dire, raisonnablement accessible. Au moment mêmeoù Violaine et son amie s’apprêtent à rejoindre le coin des garçons,s’aventurant, à leur tour, sur le marbre lissé et légèrement glissant, sanscesser d’alterner confidences chuchotées et sourcils subtilement froncés, aumoment, précisément, où Fabien se précipite, littéralement, vers l’incorrigibleDelphine et lui cajole ostensiblement le creux des reins, et même plus bas, etque la blonde sirène, radieuse, se tortille gentiment de droite à gauche, ouplutôt d’avant en arrière, d’ailleurs, en le suppliant mollement de l’épargner,tout en jetant à la ronde de petits regards amusés, au moment même où Violaine,presque surprise, s’immobilise puis semble, alors, lui sourire tout à fait franchement,à &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;lui&lt;/i&gt; et rien qu’à &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;lui&lt;/i&gt;, Charles-Antoine, retrouvantmiraculeusement, durant quelques interminables secondes, très exactement lamême expression du visage, des yeux en amande qui dévissent, que celle aveclaquelle elle l’avait mystérieusement séduite, quinze ans plus tôt, au coursd’une mémorable soirée de célibataires, particulièrement arrosée, à ce momentlà précisément, Charles-Antoine Parmentier parvient, sans même s’en rendrecompte, à gravir les dernières marches conduisant directement au plus doux desbonheurs. Car rien, sans doute, ne pourra plus, désormais, le comblerdavantage, n’est ce pas&amp;nbsp;? Mettez vous &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;unpeu&lt;/i&gt; à sa place… Vous réalisez, soudain, qu’au fond &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;la vie&lt;/i&gt; vous a apporté, à bientôt cinquante ans, hélas, mais c’estdéjà ça, infiniment&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt; plus&lt;/i&gt; que ce quevous n’en aviez jamais espéré, autrefois. Car vous réalisez aussi, et toutaussi soudainement, que Violaine, &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;votre&lt;/i&gt;Violaine, s’avère être tout simplement splendide. Et diablement attirante.Radieuse. Emoustillante au possible. Intelligente et sensible… Oncontinue&amp;nbsp;? Oui, car, à l’hôpital, votre réputation professionnelle n’estplus à faire. Vous êtes, maintenant, presque mondialement connu comme celui quia, on peut le dire ainsi, quasi révolutionné, avec audace et génie, lachirurgie de l’uretère&amp;nbsp;! Rien que ça... Quant à vos deux monstres qui sepayent le luxe de se jeter, au même moment, sur les cacahuètes, les chips, lesaucisson et le reste, ils sont adorables, au fond. Et seront demain, vous n’endoutez pas, ce que vous n’avez jamais rêvé pour vous même. Sans parler du ciel,qui, à cet instant-là, ne peut se montrer plus clément, vous ne croyezpas&amp;nbsp;? Vu que le soleil disparaît, alors, derrière les collines emportant,dans son sillage, de longues somptuosités de nuages empourprés. Et que voussentez, sur le visage, l’empreinte, légère, d’une brise presque sensuelle quivient, à point nommé, pour tempérer la chaleur de l’été. Oui, soudain, vousn’entendez, ou plutôt, n’écoutez plus &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;rien&lt;/i&gt;.Ni le bourdonnement lointain de l’autoroute qui charrie sur l’asphalte, àl’heure des chassés croisés de juillet, ou des retours de week-end, ou même,d’ailleurs, à n’importe quel moment de la journée, ou à peu près, ses convois defantômes épuisés, anonymes silhouettes qui conjuguent, définitivement, leurdésir au passé et n’aspirent, généralement, qu’à se conformer aux injonctions deslogans explicitement publicitaires. Ni, non plus, les avions silencieux qui gagnentlentement la stratosphère, épris d’air pur et cristallin, défiant le senscommun de l’attraction terrestre, s’élevant en clignotant au dessus du cloaquepoussiéreux de la grande métropole. Ni les hélicoptères qui traversentl’horizon en pointillé, mais en vous surveillant toujours du coin de l’œil. Niles sirènes des pompiers ou les klaxons des gendarmes qui s’entrainent péniblementà singer maladroitement leurs doubles télévisuels. Ni les appels au meurtre,bordel, qui ne viennent de nulle part mais finissent par fleurir un peupartout.&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt; Rien. &lt;/i&gt;Vous vous demandez juste,alors, mais en évitant, soigneusement, de formuler à voix haute la moindrehypothèse, pourquoi Violaine, soudain, se penche si dangereusement versDelphine, en gloussant comme une malade, quitte à faire &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;un peu plus&lt;/i&gt; qu’effleurer le buste puissant de Fabien. La vie, &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;votre&lt;/i&gt; vie&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;,&lt;/i&gt; est ainsi.&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;!--EndFragment--&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-1124665656874604224?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/1124665656874604224'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/1124665656874604224'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2011/10/le-dessous-des-cartes.html' title='Le dessous des cartes'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-XgfxgjjL0F4/To1hSLhg-jI/AAAAAAAAA6A/CfKLvTGW7T0/s72-c/voyons_voir_Vogue_a_porter_par_Inez_van_Lamsweerde_et_Vinoodh_Matadin_12.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-3264070522584284281</id><published>2011-07-21T08:24:00.007+02:00</published><updated>2011-07-21T08:40:35.245+02:00</updated><title type='text'>Rentrons, P'pa. Tu veux bien ?</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-9tV9t2ke7GI/TgXkz02NG6I/AAAAAAAAA40/yg4k5xkI6W4/s1600/tumblr_ljtjnfG1Gm1qbeqtno1_500.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="400" src="http://4.bp.blogspot.com/-9tV9t2ke7GI/TgXkz02NG6I/AAAAAAAAA40/yg4k5xkI6W4/s400/tumblr_ljtjnfG1Gm1qbeqtno1_500.jpg" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif; font-size: large;"&gt;Parions, mes ami-e-s, qu’il n’y a guère, depuis que le monde est monde, que deux manières de s’y prendre pour échapper, autant que faire se peut, aux affres de la noyade… La plus élégante des deux, la plus subtile, la plus sage, sans doute, pour peu que l’on se place du point de vue de la psychanalyse, de la philosophie des sciences ou de la neurophysiologie moléculaire, consiste, comme chacun le sait, à, d’abord, ébaucher quelques mouvements de brasse, tout en s'efforçant, naturellement, d'attirer &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;rapidement &lt;/i&gt;l'attention sur soi&amp;nbsp;! Ce qui suppose, accessoirement, de crier suffisamment fort pour être entendu d’assez loin… Ne reste plus, si je peux me permettre, mais alors l’affaire est dans le sac, ne reste plus, mes ami-e-s, qu’à se laisser&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt; vraiment&lt;/i&gt; porter par les flots, sans perdre patience, surtout, et sans jamais un seul instant s’affoler, quitte à ruser avec les turbulences et les courants, jusqu'à ce qu'une âme compatissante, et aguerrie, plonge héroïquement dans l'eau glacée pour vous tirer d’embarras&amp;nbsp;! Sauf à s'être exilé dans une forêt de Finlande, au bord d'un lac épris de sapins, ce que personne ne peut exclure, il ne fait guère de doute que cette manière de faire est la bonne. Il existe, cependant, aux yeux de certains, une &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;autre&lt;/i&gt; voie, une &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;autre &lt;/i&gt;façon de trouver le salut… Plus aventureuse. Et davantage conforme, il faut le dire, avec l'idée que ce font, de la vie en société et, plus généralement, de la nature humaine, la plupart d’entre nous. De la nature humaine… Et du destin des hommes. Et de la violence qui régit le monde… Du moins, quand il est question du voisin&amp;nbsp;! Ou de l’étranger. Ou de celui qui vient, impunément, vous manger la laine sur le dos. En effet, cette &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;autre &lt;/i&gt;manière de faire, ni plus ni moins, revient à tourner &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;délibérément&lt;/i&gt; le dos à la lumière en s’approchant au plus près des ténèbres, jusqu'à descendre au fond du lac, aussi loin qu'il est humainement possible de l’imaginer, avec cette certitude insensée de pouvoir y découvrir une issue. Une source de vie. Un bol d’air. Un printemps de joie et de soleil sur les prés. Hélas, il est assez rare, finalement, de parvenir, dans de telles circonstances, à respirer suffisamment profondément pour que, soudain, tout s’éclaire. Et que l’on puisse &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;effectivement&lt;/i&gt; se rassurer. Rendre grâce. Allumer quelques cierges. Nous l’avons échappé belle, n’est ce pas&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: red; font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif; font-size: large;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: red; font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif; font-size: large;"&gt;Et la suite est à lire ici :&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;div style="font-weight: bold;"&gt;&lt;a href="http://www.calameo.com/books/0001792585080595d83de"&gt;Rentrons, P'pa. Tu veux bien ?&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="padding-top: 8px;"&gt;&lt;object classid="clsid:D27CDB6E-AE6D-11cf-96B8-444553540000" height="147" id="calameo-mini-0001792585080595d83de" width="240"&gt;&lt;param name="movie" value="http://v.calameo.com/2.1/cmini.swf?bkcode=0001792585080595d83de&amp;amp;langid=fr&amp;amp;clickTo=embed&amp;amp;clickTarget=_blank&amp;amp;autoFlip=0&amp;amp;showArrows=1&amp;amp;page=1" /&gt;&lt;param name="wmode" value="transparent" /&gt;&lt;param name="allowscriptaccess" value="always" /&gt;&lt;param name="allowfullscreen" value="true" /&gt;&lt;param name="swfversion" value="9.0.45.0" /&gt;&lt;!--[if !IE]&gt;--&gt;&lt;object id="calameo-mini-inner-0001792585080595d83de" type="application/x-shockwave-flash" data="http://v.calameo.com/2.1/cmini.swf?bkcode=0001792585080595d83de&amp;amp;langid=fr&amp;amp;clickTo=embed&amp;amp;clickTarget=_blank&amp;amp;autoFlip=0&amp;amp;showArrows=1&amp;amp;page=1" width="240" height="147"&gt;&lt;!--&lt;![endif]--&gt;&lt;param name="quality" value="high" /&gt;&lt;param name="wmode" value="transparent" /&gt;&lt;param name="swfversion" value="9.0.45.0" /&gt;&lt;param name="allowscriptaccess" value="always" /&gt;&lt;param name="allowfullscreen" value="true" /&gt;&lt;script type="text/javascript" src="http://s1.calameoassets.com/calameo-v4/widgets/loader/cloader.js"&gt;&lt;/script&gt;&lt;!--[if !IE]&gt;--&gt;&lt;/object&gt;&lt;!--&lt;![endif]--&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-size: 11px;"&gt;&lt;a href="http://www.calameo.com/upload/"&gt;Publiez sur Calaméo&lt;/a&gt; ou &lt;a href="http://www.calameo.com/browse/"&gt;explorez&lt;/a&gt; la bibliothèque.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-3264070522584284281?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='related' href='http://d-fiction.fr/2011/05/rentrons-p’pa-tu-veux-bien/' title='Rentrons, P&apos;pa. Tu veux bien ?'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/3264070522584284281'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/3264070522584284281'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2011/07/rentrons-ppa-tu-veux-bien_21.html' title='Rentrons, P&apos;pa. Tu veux bien ?'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-9tV9t2ke7GI/TgXkz02NG6I/AAAAAAAAA40/yg4k5xkI6W4/s72-c/tumblr_ljtjnfG1Gm1qbeqtno1_500.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-7853207303975105137</id><published>2011-07-07T22:33:00.001+02:00</published><updated>2011-07-07T22:34:50.080+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Jean-Bernard'/><title type='text'>S’abriter sous une feuille !</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-I8bQ1bOScZ0/ThYYF8-HG7I/AAAAAAAAA5M/bb1qQuiNoAk/s1600/1sabriterssfeuille.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="266" src="http://1.bp.blogspot.com/-I8bQ1bOScZ0/ThYYF8-HG7I/AAAAAAAAA5M/bb1qQuiNoAk/s400/1sabriterssfeuille.jpg" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;A la petite équipe d’ambulanciers qui, déjà, ne l’écoutaient plus, Jean-Bernard Marigot racontait encore que, parfois, le ciel de Roissy flamboyait de bleu et qu’il suffisait de se pencher &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;un peu&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;, sur la gauche, pour presque apercevoir les tours de Clergy. Et que l’on devinait à peine la ligne grise, sinueuse de l’autoroute, &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;effectivement&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt; à moitié dissimulée, sans doute déjà dans l’ombre des collines qu’enjambaient les zébrures électriques de la Centrale. Et aussi, voyez-vous, qu’une multitude d’oiseaux nichait dans le parc, un peu plus bas. Et qu’ils venaient se satisfaire des quelques miettes que l’on abandonnait, plus ou moins à leur intention, sur le balcon, picoraient gentiment de concert, se posaient de temps en temps, y compris sur le rebord de la fenêtre. Et que l'on pouvait, alors, s'amuser de leur vivacité, observer tout à loisir leurs becs insatiables… A condition, toutefois, de ne pas bouger d'un cil&amp;nbsp;! De garder parfaitement immobile le bol de café que l'on tenait à la main, sans même respirer tandis que l'aube gagnait l'horizon et que, d’un peu partout, montaient mille rumeurs de levers maussades, de disputes qui n'avaient plus cours, d’enfants pleurnichards que l’on tirait du lit en rouspétant, de pyjamas fatigués que l’on glissait au dernier moment dans le tambour de la machine à laver, de téléviseurs aux couleurs saturées que l'on n’écoutait plus, d'informations météorologiques ou musicales qui n’intéressaient personne, de cartables bien trop lourds que l’on soupesait en geignant, de clés que l'on avait égaré, oubliées dans les poches du pantalon, glissées ici ou là, Dieu sait pourquoi, et que l'on cherchait en maugréant l’œil immanquablement rivé sur l'horloge. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;Oh, bon sang, que tout cela passait vite…&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt; Car c'était tellement drôle, croyez moi, de pouvoir espionner ce manège. La femelle, presque apprivoisée, se régalait de la moindre aumône… Et quant au mâle, chamailleur au possible, c’était immanquablement au milieu du festin qu’il surgissait&amp;nbsp;! S'invitait au premier rang à grand renfort de piaillements pour disparaître brusquement dans l'envolée d'une bourrasque de vent ou le claquement d'un volet… Et Jean-Bernard Marigot, dans la tourmente et les aléas de l’escalier, les obstacles et les jurons, plaidant encore sa cause depuis son brancard, ajoutait à ses juges, d’un air entendu, qu’il connaissait absolument par cœur les ressorts secrets de toute cette pitoyable mascarade de plumes et de becs depuis qu’autrefois, savez-vous, sur le chemin de l’école, il épiait les solitaires égarés, histoire de jouer les chasseurs de rapaces, les redresseurs de torts, les coupeurs de têtes, les explorateurs de forêts impénétrables, armé d’un lance-pierre dérisoire, d'une brindille en guise d’arbalète, d'un soliloque pour effrayer les plus faibles. Et Jean-Bernard Marigot s’emportait. Rectifiait. Reprenait. S’essoufflait. Pestait. S’accrochait maladroitement à la rambarde. Ou à la branche. S’allongeait. S’épuisait. Puis se redressait. S’abritait sous une feuille. S’agitait comme un malheureux sur sa couche. Postillonnait. S’imaginait. S’envolait. Oui… S’envolait enfin rejoindre les autres...&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: Georgia;"&gt;&amp;nbsp;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-7853207303975105137?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/7853207303975105137'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/7853207303975105137'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2011/07/sabriter-sous-une-feuille.html' title='S’abriter sous une feuille !'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-I8bQ1bOScZ0/ThYYF8-HG7I/AAAAAAAAA5M/bb1qQuiNoAk/s72-c/1sabriterssfeuille.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-4212599191619654789</id><published>2011-07-03T18:03:00.000+02:00</published><updated>2011-07-03T18:03:27.495+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Gérard'/><title type='text'>La mécanique des hommes</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-fLsLqzHI8sc/ThCSwVqwfLI/AAAAAAAAA5E/kh42utJuPf8/s1600/mecaniquehommes.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="250" src="http://2.bp.blogspot.com/-fLsLqzHI8sc/ThCSwVqwfLI/AAAAAAAAA5E/kh42utJuPf8/s400/mecaniquehommes.jpg" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;!--StartFragment--&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: Georgia; font-size: 12.0pt; mso-ansi-language: FR; mso-bidi-font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; mso-fareast-font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; mso-fareast-language: FR;"&gt;A l’heure de Greenwich, il ne devait pas être beaucoup plus de 7 h 37 du matin quand une silhouette gesticulante, et hallucinée, s’était résolument engagée sur la passerelle de service, lourdement taguée et qui, fort opportunément du point de vue de la signalétique, culminait à un peu plus de cinq mètres, juste au-dessus des voies. Et c’est la raison pour laquelle la rame 7837 du RER B, censée, ce jour-là, desservir le nord de la région parisienne, s’était, en moins de dix sept secondes, preuve à l’appui, complètement et définitivement immobilisée, non, d’ailleurs, sans déchainements de cris, et hurlements appropriés, et freinage quasi désespéré, et bousculades, et chutes assez sévères dans le couloir des toilettes, et ecchymoses carabinées, et valises en pleine figure, et vacarme épouvantable, et florilège de jurons, et prières expéditives adressées à qui de droit, Mahomet ou Jésus, Vishnou ou le saint Esprit, et, au total, pour solde de tout compte, atterrissage forcé, brusquement, pour les quelques centaines d’heureux élus, jusque là profondément assoupis dans les banquettes, il faut bien le dire, atterrissage forcé, donc, dans un univers presque irréel de betteraves et de choux, d’ornières boueuses et de chemins à peine tracés qu’il serait vain de vouloir décrire. &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Eh béééee…&lt;/i&gt; Le dispositif sophistiqué d’arrêt d’urgence avait parfaitement fonctionné&amp;nbsp;! Certes, il s’en était fallu de &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;très peu&lt;/i&gt; mais, enfin, au moins, cette fois, la catastrophe avait été évitée… La suite allait néanmoins relever, manifestement, de difficultés techniques un peu plus imprévisibles que celles qui règlent la mécanique humaine car, une bonne demi heure plus tard, rien n’était encore &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;solutionné&lt;/i&gt;, si vous voyez ce que je veux dire, et tout cela alors que, pourtant, depuis longtemps, &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;l’incident de voyageur &lt;/i&gt;n’en était plus un, même si les deux ou trois contrôleurs habilement réquisitionnés par le chef de train, entouraient toujours de leurs propos stupidement réconfortants l’ancien commercial de &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Vanité(s)&lt;/i&gt;, reconverti, depuis son licenciement, en ivrogne invétéré, spécialiste hors pair, des mélanges médicamenteux les plus saugrenus. Très loin de se douter qu’il s’apprêtait à croiser son destin, Gérard Tancarville – appelons-le ainsi - , à 8h 12 et des poussières, avait, quant à lui, vaguement suivi le mouvement quand, en dépit de toutes les consignes de sécurité égrenées dans un grésillement assez agaçant toutes les cinq minutes ou à peu près, ils avaient, tous, peu ou prou, fini par rejoindre à pied, quoiqu’en rouspétant comme des malades, les avants postes de la station que l'on apercevait à quelques centaines de mètres, à peine, du convoi. Oui, toute une armada, tirée à quatre épingles, d'employés, de secrétaires, d’informaticiens, d’apprentis pâtissiers, d'ouvriers du bâtiment, de cadres administratifs et d’agents de maîtrise de toutes sortes s'étaient repliés en désordre, par petits groupes silencieux, frileux, grognant des insanités, accusant un peu trop vite, sans doute, les politiciens du conseil général, régional ou départemental, les ministres et leurs conjoints, les conseillers les plus divers, toute la clique lourdement corrompue et pourrie jusqu’à la moelle, ce qui n’interdisait nullement, rassurez-vous, de garder un œil grand ouvert, et attentif, sur &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;là&lt;/i&gt; où l’on mettait les pattes, et de s’efforcer d’enjamber avec élégance, et ricanements, et pitreries, les flaques et les ornières du chemin. Et c’était donc tout à fait par hasard, croyez-moi, juste parce qu’il se trouvait &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;là&lt;/i&gt;, précisément, à ses côtés, que Gérard – appelons le ainsi - avait effectivement aidé la jeune femme à grimper sur un monticule, histoire d’éviter de trébucher, puis de glisser pour de bon, la tête la première, toute une opération qui lui avait tout de même valu de tenir la main de celle qu’il avait quasi sauvée de la noyade, à peine quelques secondes bien sûr, et sans une once d’extravagance… Juste avant de lui savoir gré, infiniment, de ce bref sourire qui avait inondé son visage en guise de remerciement... Ce n’était pas si souvent, après tout, qu'une jeune personne totalement inconnue du bataillon se hasardait à lui sourire &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;si franchement&lt;/i&gt;, et même à lui sourire &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;tout court&lt;/i&gt;,&amp;nbsp;et cette subite révélation que ce sourire lui avait été réellement adressé, &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;à lui&lt;/i&gt;, aurait sans doute, presque, suffi à son bonheur. D’autant que la jeune fille en question s'était révélée &lt;i&gt;tout à fait&lt;/i&gt; à son goût. Voilà ce qui l’avait littéralement comblé, au-delà de tout. Car il s'était toujours demandé, sans jamais pouvoir trancher, s'il préférait les filles aux cheveux bruns, amplement bouclés, ou bien celles d'inspiration plus nordique, aux cheveux courts, blonds et sucrés. Même avec Marco ou Sébastien, appelons-les ainsi, Gérard s'était régulièrement montré du genre plutôt très évasif sur la question, trouvant même des charmes à d'autres combinaisons, certes un peu plus inhabituelles. Car il lui fallait bien admettre que certaines brunes très affriolantes – et il y en avait - portaient des cheveux incroyablement courts et qu’il lui était également arrivé, &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;a contrario&lt;/i&gt;, de croiser des blondes particulièrement appétissantes qui avaient pourtant opté pour des arrangements capillaires discutables. Or, toutes ces hésitations avaient été balayées d'un trait. Instantanément, croyez-le ou non, Gérard avait été comme pénétré de cette conviction définitivement inébranlable que venait, miraculeusement, de s'incarner sous ses yeux, très précisément le genre de femme qu'il cherchait depuis des lustres sans être jamais parvenu à se la représenter mentalement ! Avant même d'atteindre le quai, cent cinquante mètres plus loin et douze minutes plus tard, il était parvenu à savoir qu'elle s'appelait quelque chose comme &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Stéphanie&lt;/i&gt;, qu’elle bossait genre &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;comme une malade&lt;/i&gt; depuis six mois dans un salon de coiffure du onzième, et qu'elle était partie de chez elle, ce matin-là, sans même avoir eu le temps d'avaler le moindre truc un peu consistant - ce qui lui arrivait souvent – et aussi que la tête lui tournait déjà - ce qui lui arrivait plus souvent encore -, et enfin qu'elle regrettait&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt; tellement &lt;/i&gt;de ne pas avoir opté, en partant, pour ces mocassins en daim, autrement confortables que ces bottines à la noix qui vous exposaient à chaque pas aux pires catastrophes dès lors qu’il s’agissait de devoir progresser dans les graviers au même rythme que le reste du troupeau. Et lui&amp;nbsp;? Qu’est-ce qu’il faisait dans la vie, dites-moi&amp;nbsp;? C’est un secret&amp;nbsp;? Comment passait-il ses week-ends&amp;nbsp;? Avait-il ce qu’il est convenu d’appeler un &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;hobby&amp;nbsp;&lt;/i&gt;? C’est ainsi qu’il faut dire, n’est-ce pas&amp;nbsp;? Au fait, comment s’appelait-il, déjà… Prenait-il toujours le RER à la même heure, le matin, pour se rendre à son travail&amp;nbsp;? Et que pensait-il, très sincèrement, des mérites réciproques de la Juventus&amp;nbsp;et du Milan AC ? Fréquentait-il les boites, le samedi soir&amp;nbsp;? Ah oui, et lesquelles précisément… &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Précisément&amp;nbsp;&lt;/i&gt;? Sauf que non, justement, elle n’avait rien, mais alors &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;rien&lt;/i&gt;, demandé de tout cela, et Gérard Tancarville, appelons-le ainsi, s’était hélas borné à préparer en silence des réponses qui s’étaient, il faut bien l’avouer, avérées être parfaitement inutiles et sans doute franchement inadaptées à la situation. Car il n’avait pas eu la moindre occasion de placer le couplet qu’il servait régulièrement aux mecs qui l’abordaient, le soir, en traversant la cité, sur les ficelles &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;à se tordre de rire&lt;/i&gt; permettant d’obtenir sans se forcer le CAP de pâtissier. Tout juste, avait-il pu brièvement, très brièvement, évoquer le fait qu’il venait de participer à un super tournoi de badminton, à Bobigny, ou du moins quelque part dans le quatre-vingt treize. &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Ouahh…&lt;/i&gt; avait-elle fait sans parvenir à masquer le fait qu’elle s’en moquait éperdument. D’autant qu’ils arrivaient alors, précisément, à hauteur du type aux propos incohérents, et à dire vrai proprement haineux, qui venait tout juste, et non sans mal, d’accepter de descendre la toute dernière marche de cette putain de passerelle pour se retrouver à hauteur du quai et par suite à quelques mètres seulement d’une bonne quinzaine de policiers et que le spectacle bavard qu’offrait alors cette mascarade était, sans doute, plus intéressant, plus lourdement chargé de sens, pour une jeune femme en hypoglycémie sévère, oh, oui, un spectacle oh combien plus &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;excitant&lt;/i&gt; que ne l’était celui de la bouche libidineuse du casse-pieds intégral dont vous aviez essayé de ne surtout, &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;surtout&lt;/i&gt;, jamais croiser le regard, vu qu’il puait la sueur, le tabac froid, ou je ne sais quoi d’autre, et qu’il vous saoulait littéralement de questions avec autant d’enthousiasme que s’il cherchait à vous enrôler pour la guerre de Corée&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;. Ouahh…&lt;/i&gt; Notons, à ce stade du récit, que les performances intellectuelles et émotives de l’espèce humaine laissent parfois, et même souvent, salement à désirer. La preuve en est que, curieusement, en effet, même si le casse-pieds en question estimait, effectivement, avoir été mis en présence d’une jeune fille qui, physiquement au moins, lui correspondait &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;parfaitement&lt;/i&gt;, malgré cela, il aurait un mal de chien, le soir même, à apporter à Marco et à Sébastien, sans parler de la bonne demi douzaine d’individus vertigineux qui s’étaient immédiatement agglutinés, les précisions qu’ils étaient tous, légitimement, en droit d’attendre... Tout juste avait-il pu leur glisser que la fille avait les cheveux &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;vachement châtains&lt;/i&gt;, avant d’ajouter qu’ils étaient presque blonds, et que ses yeux étaient très clairs, et qu’elle avait un super putain de sourire, des lèvres &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;poulpeuses&lt;/i&gt; à souhait, une poitrine à tomber, bon…. Vous voulez &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;vraiment&lt;/i&gt; des détails&amp;nbsp;? Car Gérard, appelons-le ainsi, s’était alors cru autorisé à apporter, sur l’anatomie de &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;la fille, &lt;/i&gt;des précisions nettement moins innocentes que les précédentes. Et plus approximatives encore, d’ailleurs. Le fait est qu’il ne se souvenait qu'à moitié de tout ça. C'était un peu comme s’il avait été brusquement confronté à une apparition, l'incarnation fugitive d’un fantasme dont la mémoire garde la trace, certes, mais sans qu'il soit possible à celui qui en est la cible, de décrire précisément qu’elles en étaient les caractéristiques exactes. Il ne fallait pas que les autres lui en veuillent&amp;nbsp;! Bon sang… Toute cette histoire, d’ailleurs, n'avait pas duré bien longtemps… Ce qui était rigoureusement vrai&amp;nbsp;! Vu que la fille, aux lèvres sucrées, avait habilement profité, à peine quelques minutes plus tard, de l'arrivée opportune d'un RER, censé rallier directement la gare du Nord, pour lui fausser discrètement compagnie sans hélas exprimer, il faut bien le reconnaitre, le moindre regret d'avoir à le quitter aussi rapidement. Si bien qu’ils avaient juste échangé ce qui s'apparentait à un petit geste d’adieu, avec la main, et le dénommé Gérard était donc resté interdit sur le quai à attendre stupidement que &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;quelque chose&lt;/i&gt; lui traverse l’esprit. Or, voilà… Ce qui lui avait traversé l’esprit, au moment même où la jeune femme s’était précipitée pour disparaître plus vite encore que nécessaire, dans la bousculade et le chahut du wagon, c’est qu’il n'avait sans doute à peu près aucune chance de ne jamais la retrouver. Aucune chance d’espérer l’écouter, une nouvelle fois, se raconter &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;un peu&lt;/i&gt;. Oui, c’est exactement ce qu’il s’était dit. Avec raison. Car, sincèrement, comment aurait-il pu imaginer, à cet instant précis, le choc &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;phénoménal &lt;/i&gt;qu'il aurait, six mois plus tard, en feuilletant l’espèce de torchon journalistique qui traînait sur le comptoir, dans une débauche de verres sales et dégoulinants de bière, et où s’affichait, quelque part en pages intérieures, la photo de &lt;i&gt;mademoiselle Stéphanie Parmentier, de Roissy,&lt;/i&gt; laquelle semblait avoir empoché un chèque d'une valeur approximative de deux cent euros au cours d’une cérémonie dont la convivialité semblait avoir été un peu forcée mais à laquelle elle avait tout de même participé et ce en compagnie du gérant, hilare et, légèrement obèse, d’un supermarché quelconque. &lt;i&gt;Mademoiselle Stéphanie Parmentier de Roissy… &lt;/i&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-style: italic;"&gt;Ca ne vous suffit pas&amp;nbsp;? Vous ne voudriez pas son adresse exacte, non plus, par hasard&amp;nbsp;? Son numéro de téléphone. L’étage. Le bâtiment... Vous voilà soudain gourmands, messieurs. Il me semble néanmoins, si vous y tenez, que vous pourriez &lt;i&gt;tout à fait&lt;/i&gt; tenter votre chance en sonnant &lt;i&gt;là-bas&lt;/i&gt;, à droite, au fond du couloir. Non, attendez, je me trompe, essayez plutôt sur votre gauche&amp;nbsp;! Oui, une petite brune un peu boulotte, c’est ça&amp;nbsp;? &lt;i&gt;Hummm. &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;Le fait est que la petite brune un peu boulotte avait tout de suite ouvert la porte, ultra facilement, je vous assure, sans toutefois comprendre rien à l’espèce de charabia immonde qu’il lui avait servi en prétextant avoir &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;quelque chose d’important&lt;/i&gt; à lui apprendre... Pour le dire autrement, elle l’avait accueilli avec surprise, un peu froidement et un peu décontenancée. Il tombait très mal, voilà la vérité, car elle se préparait, précisément, à sortir pour dîner et n'avait guère de temps lui consacrer. Et pas une seule seconde à perdre, bon sang. D’autant qu'elle ne se souvenait pas du tout, mais alors &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;pas-du-tout,&lt;/i&gt; de cette incroyable promesse à laquelle, maintenant, il faisait subitement allusion. Et n'était pas vraiment d’humeur, voyez-vous, à supporter de tels compliments sur sa toilette, venant d’un parfait inconnu surgi brusquement du néant et de l’obscurité qui régnait dans l’ascenseur. Non ce n'était pas le moment, pas vraiment le moment, bon sang de bonsoir&amp;nbsp;! Car, précisément, question toilettes et fanfreluches, le constat était absolument terrible. Elle n'avait ri-gou-reu-se-ment rien à se mettre, voilà quelle était la vérité du moment, rien-du-tout, enfin, du moins, rien qui soit, ce soir-là, suffisamment sexy (mais pas trop), rien qui soit, ce soir-là, suffisamment transparent (mais pas trop), rien qui soit... Non, &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;s’il-vous-plait-m’sieur-écoutez-moi&lt;/i&gt;, ce n'était pas le moment - &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;vous entendez&amp;nbsp;?&lt;/i&gt; - de l’assommer de discours. Sauf que, dans son dos, quasiment à portée de main, le téléphone commençait à hululer de manière assez persuasive et que, sans réfléchir plus que ça, et laissant la porte largement ouverte, elle s’était immédiatement précipitée sur le combiné, le cœur s’emballant à deux cent cinquante tours par minute, au moins, devinant, avant même de l’entendre, le souffle sensuel et la respiration régulière de celui que nous appellerons Jacques. Et sans parler du timbre assez particulier, presque nasillard, de sa voix, ou encore la manière subtile qu’il avait, douce, tendre, de lui dire son désir… Oui, tout à fait soulagée, à dire vrai. Quoique, dans le même temps, assez inquiète car précisément la voix nasillarde avait rapidement fait état de ce qui s’apparentait à une &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;difficulté&lt;/i&gt; de dernière minute, un empêchement, un truc, un bazar un peu compliqué à expliquer, une réunion qui risquait de durer... Bon, il fallait qu'elle comprenne. Elle serait toujours son &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;canari&lt;/i&gt; et, son &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;colibri&lt;/i&gt;, et sa gazelle effarouchée, et son oiseau de Paradis. Il aimait la pointe de ses seins, le vertige de son sexe, l’odeur de ses cheveux. Elle entendait, &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;n'est-ce pas&lt;/i&gt;. Il lui disait son envie brutale d'être précisément là, à cet instant même, oui, auprès d'elle. Il disait… Elle avait fini par raccrocher, par reposer le combiné, par abandonner, par jeter l’éponge quand l’autre, au loin, avait, sans doute, cru devoir conclure son discours par un vague message en forme de promesse, ou d’espoir, ou de plus tard, et de &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;j’te’ rappelle dès qu’je peux&lt;/i&gt;. Oui, c’est ça… Car la main sur le cœur s’était perdue dans les sables avant d’être ponctuée d’un silence définitif. Et c’est alors, mais pas avant, que la gazelle un peu boulotte avait soudain réalisé, sans émotion particulière, d’ailleurs, que l’espèce de brute épaisse qui, jusque là, semblait tranquillement patienter devant la porte en avait, ni une ni deux, opportunément profité pour s'introduire dans l’entrée. Et qu’il lui souriait exagérément et d'un air terriblement &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;niais&lt;/i&gt;. Pire que ça, hélas, un seul coup d’œil suffisait, je vous assure, pour affirmer que ce type était, de la tête aux pieds, complètement siphonné. Givré. Cinglé. Totalement nazebrook. Dégoulinant de stupidité. Habillé d'un parka comme on n’en voyait plus ou même, sans doute, comme on n’en avait jamais vu, et d'un pantalon de velours qu'il lui donnait l'air de tout juste rentrer, en version optimiste, d’une course en montagne ou, en version pessimiste, d’une battue de trois jours en vue de chasser le sanglier. &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;N’restez pas là, comme ça, les bras ballants…&amp;nbsp;&lt;/i&gt;avait-elle dit un peu vivement. &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Pourriez fermer l’porte, non&amp;nbsp;?&lt;/i&gt; Bien sûr… Bien sûr qu'il pouvait. Bien sûr qu’il fallait fermer cette maudite porte... Bien sûr qu'il s'était approché. Bien sûr qu'il avait donné son nom. &amp;nbsp;&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Gérard Tancarville.&lt;/i&gt;&amp;nbsp;Bien sûr qu'il s'était débarrassé du super-parka que sa mère lui avait refilé et s'était avancé dans le salon et s'était assis sur le divan et avait accepté un coca. Bien sûr qu'il avait sagement écouté, sans une seule fois le prendre pour lui, celle que nous appellerons Stéphanie déverser à plein régime ces saloperies de reproches sur les mecs et leur égoïsme. Bien sûr qu’il comprenait qu'elle soit d'une humeur de dogue, au point qu’il ne voulait pas la déranger plus longtemps, il reviendrait plus tard, était déjà prêt à se lever, à partir, des fois c’est comme ça. Et il hochait alors la tête ostensiblement. Et enchainait, croyez-moi, aussi vite qu’il le pouvait, hochements de tête précisément, et murmures affirmatifs, regards fuyants dans la foulée, haussements de sourcils, zygomatiques légèrement crispés et service ininterrompu de bouillie de chat inaudible (par chance) en guise d’argumentation. Et d’approbation. Oh, &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;p’tain les mecs&lt;/i&gt;, où était-il donc aller se fourrer&amp;nbsp;? Car il ne savait plus trop ce qu’elle voulait, la donzelle, vu qu’elle marchait de long en large, que c’en était épuisant, et presque effrayant puisqu’elle posait parfois sur lui un regard étrange, un œil sur le téléphone. Oui, véridique, il avait même réellement fini par avoir les boules, presque peur tout simplement, car elle avait une façon de rire, puissante, sauvage, qui semblait inquiétante. Il y avait un truc, c’était sûr. On ne pouvait pas croire qu’une fille normalement constituée puisse se mettre à rire, ainsi, devant vous, pour un oui ou pour un non. Et c’est là, juste après un éclat de rire plus puissant et plus grinçant que les autres, que tout s’était, vraiment, affreusement compliqué. Car la jeune femme avait brusquement disparu de la circulation, claquant ostensiblement une porte derrière elle, puis une autre, puis… à tel point que Gérard – appelons-le ainsi - en était resté légèrement désemparé. Il avait même fini par allumer la télé vu qu’il aurait été délicat de rester assis sur un canapé sans rien faire&amp;nbsp;d’autre que d’attendre &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;comme un con&lt;/i&gt; la saint glin-glin ! Mais voilà, aussi fou que cela puisse paraître,&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt; - vous ne me croirez jamais les mecs&lt;/i&gt;, - cette fille, qu’il ne connaissait pas, rappelons-nous, ou si peu, s’était, ni plus ni moins, désormais réfugiée dans la salle de bains et avait, semble-t-il, entrepris de se glisser benoitement sous la douche sans plus vraiment se soucier de sa pomme. &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Nooonnn&amp;nbsp;!&lt;/i&gt; Sauf que le téléphone, une nouvelle fois, avait soudain sonné dernière lui. Et que l’univers mental de Gérard Tancarville, appelons-le ainsi, avait été brusquement précipité dans une autre dimension. Sans doute faut-il préciser, ici, que si le Gérard Tancarville en question avait bien, à son actif, quelques flirts à rendre jaloux les potes qu’il entrainait régulièrement dans ses virées, jamais, toutefois, ces aventures d’un soir, ou deux, à peine plus, n’avaient été suffisamment sérieuses pour l’obliger à réviser vite fait les cours d’éducation sexuelle auxquels, au collège, il avait été, pourtant, l’un des plus assidus. C’est dire qu’en matière d’anatomie féminine ses connaissances étaient assez limitées. Les seules images auxquelles il pouvait se référer, étaient celles qu’il extrayait des revues que Marco achetait, parfois, avant de lui refiler, une fois épuisée, toute leur charge proprement fantasmatique. C’est dire que pour Gérard Tancarville, appelons le ainsi, l’univers s’était brusquement déformé, replié sur lui même avant de se déployer en une infinité de dimensions, lézardé dans tous les sens, pixélisé à outrance, décomposé à la vitesse de la lumière, renvoyé aux sources du bing bang, tête en bas et sans dessus dessous, oui, réellement désintégré quand &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Stéphanie Parmentier, de Roissy&lt;/i&gt;, toujours elle, s’était littéralement précipitée sur le téléphone, surgissant brusquement de la salle de bains sans prendre le temps, semble-t-il, de se couvrir suffisamment la poitrine, et le reste, de l’espèce de serviette éponge proprement ridicule pour l’occasion et qu’elle gardait inutilement dans la main. D’autant que, pour ne rien arranger, l’&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;insupportable gazelle&lt;/i&gt; n'avait perçu, au bout du fil, qu'un biiip extrêmement prolongé et particulièrement exaspérant. Nul doute que l'autre, quelque part, en compagnie de sa légitime, - elle en mettait sa main au feu - venait naturellement de raccrocher sans avoir pu lui parler... C’est alors qu’elle avait reposé le combiné, fermé les yeux en cherchant à se calmer, ou à se réconforter, puis avait secoué la tête de droite à gauche, longuement, comme pour chasser de son esprit l’envie de meurtre, oui, rien que ça, l’envie de meurtre, bordel, avant de s’inquiéter, soudain, de la présence de l’espèce de cinglé, là, à deux pas, devant son nez. &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Oh, j’y pense, seriez pas l’type que j’ai croisé l’autre jour dans le RER, par hasard&amp;nbsp;? Les betteraves et les choux. Ca vous dit rien&amp;nbsp;! Bon sang, voilà, j’vous r’situe… &lt;/i&gt;fit-elle brusquement. Ah, oui&amp;nbsp;? C’est cela… Elle le re-situait... Vraiment&amp;nbsp;? Mon Dieu… Savait-elle, au juste, ce qu’elle venait, sans le vouloir, bien sûr, de déclencher à l’instant même&amp;nbsp;? Il est heureusement proprement impossible qu’elle ait pu soupçonner les dégâts biochimiques, pour la plupart irrécupérables, causés par ces propos dans l’intimité protoplasmique des cellules cérébrales de celui que nous appelons depuis quelques pages Gérard Tancarville… Oui, il est impossible, au fond, qu’elle ait pu vraiment imaginer ce qui, pourtant, ne manquerait pas d’arriver. Il est impossible, je vous assure, qu’elle ait réellement pu anticiper les questions qu’il chercherait bientôt à lui poser. Et les réponses qu’il se proposerait de lui apporter. Car, véridique, il s’était soudain redressé avant de s’extraire du canapé. Un mètre quatre vingt quatorze entièrement déplié sous votre nez. Quatre vingt dix huit kilos et des poussières sur la bascule. Un peu moins de mille deux cent centimètres cubes de substance grise et de substance blanche à l’abri de la boite crânienne. Entre sept et huit litres de sang, ou à peu près, entièrement saturés d’oxygène. Un paquet de synapses. Et des cellules de tous calibres brûlant leur carburant à fond la caisse. Le cycle de Krebs à plein régime dans tous les coins. Oui, toute cette masse, assez impressionnante, au fond, répondant au nom de Gérard Tancarville, s’était lentement mise en mouvement. Tout en fixant Stéphanie Parmentier dans les yeux. Mais en restant incapable, pour autant, de contenir une certaine fébrilité. Gérard Tancarville ne savait plus quoi penser. Voilà la vérité. &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Je suis vierge&lt;/i&gt; finit-il par avouer mais sans qu’aucun mot ne sorte de sa bouche. On ne rigole plus, je vous assure…&lt;/span&gt;&lt;!--EndFragment--&gt;    &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-4212599191619654789?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/4212599191619654789'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/4212599191619654789'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2011/07/la-mecanique-des-hommes.html' title='La mécanique des hommes'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-fLsLqzHI8sc/ThCSwVqwfLI/AAAAAAAAA5E/kh42utJuPf8/s72-c/mecaniquehommes.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-7065426172842908507</id><published>2011-06-18T13:11:00.001+02:00</published><updated>2011-06-18T13:13:02.475+02:00</updated><title type='text'>Toucher au but ?</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-LZevAtNkS4U/TfyHzmhG1sI/AAAAAAAAA4g/DqoJ15HWmcw/s1600/img031.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="313" src="http://1.bp.blogspot.com/-LZevAtNkS4U/TfyHzmhG1sI/AAAAAAAAA4g/DqoJ15HWmcw/s400/img031.jpg" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: Georgia;"&gt;Car, au temps des erreurs monumentales, quand il serait, plus ou moins, question de vendre la ferme et même, pour faire bonne mesure, les deux ou trois bâtiments attenants, plus ou moins question de négocier sévère, ou plutôt, d’ailleurs, de brader à tout va, plus ou moins question de dilapider l’ensemble du domaine, un peu avant que les notaires ne s’en mêlent, et que des liasses de documents administratifs ne finissent par emplir de larmes les yeux éplorés, quand il s’agirait, brusquement, de brûler les étapes et de bousculer les habitudes, et qu’avec Maud plusieurs voyages express, là bas, se révèleraient nécessaires (lumières éblouies sur l’autoroute, où personne aux péages ne rend la monnaie), quand il s’agirait, en compagnie du métreur et de son assistante au regard perdu, d’arpenter les trois hectares quatre vingt du terrain et de pousser, silencieux, jusqu’à l’ancien potager d’où l’on aperçoit la dernière ligne de collines en bordure d’océan, et jusqu’aux arbres paresseux qui prospèrent gentiment sur la berge marécageuse de la Sienne, en contrebas, et donc quand il serait simplement question de tout bazarder, tout, Charles-Antoine Parmentier, proprement épuisé à force d’insomnies, Charles-Antoine Parmentier commencerait à comprendre, soudain, qu’il ne pourrait &amp;nbsp;jamais plus se défaire tout à fait du sentiment d’avoir d’abord été, jusqu’alors, le jouet d’une immense, et terrible, imposture. Car les funestes transactions auxquelles presque tous les cousins, les oncles et les tantes, finiraient &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;peu ou prou&lt;/i&gt; par être mêlées, supposeraient, implicitement, que la grange et l’atelier du grand père, le verger assiégé par les ronces, colonisé d’orties et que les mêmes avaient, autrefois, considéré, si n’est comme &lt;i&gt;le &lt;/i&gt;monde, au moins comme l’un de ses territoires des plus singuliers, pourraient, en réalité, n’avoir toujours été &lt;i&gt;rien d’autre&lt;/i&gt; qu’un agencement, très ordinaire au fond, de terres maraichères ou agricoles, par parenthèse uniquement accessibles par un chemin communal, et dont la valeur marchande était susceptible de fondre comme neige au soleil pour peu que le cadastre les localisent en lisière de la zone inondable ou bien, a contrario, tout autant, susceptible d’atteindre des sommets extravagants, deux jours plus tard, comme par hasard, pour peu qu’un promoteur quelconque argue dans son argumentaire de la proximité relative des plages et du tracé opportunément sinueux à hauteur de l’ancienne écurie, de ce sentier littéral dont diverses associations à vocation soi-disant écologique entendent bien préserver la subtile harmonie. Or, précisément, cet absurde sentiment d’imposture que les autres cousins, les oncles et les tantes, infiniment plus matérialistes que lui sans doute, et plus à l’écoute d’une certaine réalité, au fond, n’avaient, probablement, jamais vraiment partagé,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;ce sentiment, donc, ne serait naturellement que l’envers,&amp;nbsp; - Charles-Antoine s’en rendrait compte hélas beaucoup trop tard - de l’immense déception qu’il éprouverait alors en réalisant qu’il n’avait, peut-être, et même sûrement, jamais rien compris à rien, ou du moins jamais vraiment rien voulu apprendre de sérieux, restant éternellement à la périphérie des apparences, acceptant juste de paraphraser, et combien maladroitement, l’élégance des hirondelles, la plainte esseulée des arbres en bordure de la départementale. Et ce serait, sans nul doute, l’obscur remord de n’avoir, en définitive, été, vraiment, pas à la hauteur de grand chose qui le conduirait soudainement, un soir de novembre plus mélancolique encore que les autres, à racheter &lt;i&gt;le tout&lt;/i&gt; à prix d’or, acceptant volontiers, pour parvenir à ses fins, de céder, en contrepartie, la presque totalité de sa part d’héritage et de ses droits passés, présents ou à venir, -&lt;i&gt; je m’en moque éperdument, vous pensez&lt;/i&gt; - sur la Clinique des Quatre Fours, le moulin, l’appartement de la rue des Fossés, et Dieu sait quoi encore... Car, durant tout l’hiver, cette année-là, Charles-Antoine Parmentier, retrouvant peu à peu ses esprits, le goût d’entreprendre n’importe quoi, le plaisir des petits matins dans la somnolence brumeuse de l’appartement de l’avenue Daumesnil, Charles-Antoine Parmentier finirait par penser qu’il n’était, désormais, plus très loin de &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;toucher au but&lt;/i&gt;, sans d’ailleurs vraiment savoir en quoi tout cela, croyez-moi, pouvait bien consister…&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: Georgia;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-7065426172842908507?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/7065426172842908507'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/7065426172842908507'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2011/06/toucher-au-but.html' title='Toucher au but ?'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-LZevAtNkS4U/TfyHzmhG1sI/AAAAAAAAA4g/DqoJ15HWmcw/s72-c/img031.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-295979761419551699</id><published>2010-09-05T15:29:00.017+02:00</published><updated>2010-12-19T10:38:23.965+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Julien'/><title type='text'>Tu veux qu’j’t’aide ?</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TIObh4R4ZTI/AAAAAAAAAq0/ZqRzT-sdW-A/s1600/tumblr_l4b2giporR1qzm4kwo1_500.gif" onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}"&gt; &lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: x-large;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: 21px;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: x-large;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: x-large;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: x-large;"&gt;&lt;div style="font: 21.0px Georgia; margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TLGAcwr3sVI/AAAAAAAAAxU/5SwrNc3wLwU/s1600/tumblr_l88fmfz81f1qalo8mo1_500.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="400" src="http://2.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TLGAcwr3sVI/AAAAAAAAAxU/5SwrNc3wLwU/s400/tumblr_l88fmfz81f1qalo8mo1_500.jpg" width="338" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;Oh, mon Dieu… Qui fallait-il remercier en cet instant précis, je vous le demande ? Car, en vérité, du haut de ses dix-sept ans, jamais, au grand &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;jamais, &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;Julien Parmentier n’avait rien vu d’aussi… surprenant. Jamais non plus, - il faut être juste -, il n’avait rêvé d’une telle perfection. Et, longtemps, le souvenir, irrémédiablement ténu, mille fois hélas, de ce paysage infiniment paisible symboliserait pour lui l’image inaltérable de la beauté. Oui, c’était exactement cela, l’image de la &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;beauté&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;. Pour ne pas dire du bonheur... Une espèce de sérénité immuable que, toute sa vie durant, sans doute, il chercherait en vain à retrouver ! A quelques dizaines de mètres en contrebas, le chemin de terre bifurquait brusquement vers la gauche pour se perdre gentiment dans l’ombre de la forêt, contournant, comme pour éviter d’en souiller la virginale splendeur, la tâche presque éblouissante d’une prairie, onctueuse comme du coton et parsemée d’une nuée de fleurs multicolores. Plus loin encore, ce même sentier, à peine visible depuis le promontoire improvisé où le jeune homme se tenait, s’enfonçait plus profond vers l’horizon et la brume légère de l’été. Sur l’autre versant, dispersés dans la mosaïque des pâturages, les bâtiments d’une ferme semblaient avoir été abandonnés depuis la nuit des temps. Pourtant, à bien inspecter chaque indice, Julien, qui respirait maintenant de plus en plus vite et avec de plus en plus de difficulté, crut soudain pouvoir distinguer l’hésitation d’une silhouette qui se détachait, fugitivement, de la crête. Et l’aboiement, déchirant, d’un chien lui parvint alors en écho. Quelqu’un vivait ici dans cette solitude grandiose accessible, uniquement, par la courbe fantaisiste de la départementale en surplomb du vallon. Sauf que quelque part dans les sous bois, - à droite ? à gauche ? mais où ? - sous les pas d’un esprit malicieux, il lui semblait que des branches avaient craqué. Il se retourna d’un seul mouvement, légèrement inquiet, brusquement, à l’idée que l’un de ceux qui l’avaient ignoblement importuné, la veille, puisse l’avoir suivi jusque là et se permette de l’observer tranquillement sans rien révéler de son projet. Mais il n’en était rien, heureusement ! Il devait pouvoir se rassurer, maintenant… Plus haut, rassemblés autour du bivouac, en un cercle compact, postillonneur et volontiers malodorant, les autres l’avaient, sans doute, déjà oublié. Et depuis longtemps, croyez moi… Voilà qui était aussi bien, n’est-ce pas ? Des éclats de voix, vaguement querelleurs, entrecoupés de ricanements proprement stupides, signaient à coup sûr leur présence. Il se laissa glisser contre la barrière, puis entreprit d’inspirer doucement, le plus calmement du monde, avant de chasser l’air de ses poumons aussi lentement que possible, en s’efforçant de suivre à la lettre les conseils que lui avaient, si souvent, prodigués l’infirmière du lycée ; l’autre prescription, nullement contradictoire d’ailleurs mais émanant cette fois du docteur Barnabet, consistant à fixer son attention avec intensité sur un truc quelconque. N’importe quel objet pouvait faire l’affaire, y compris la première créature venue ! Y compris une libellule ? Y compris un brin d’herbe ? Y compris un moucheron ? Y compris ce vilain caillou qu’il venait, Dieu sait pourquoi, d’attraper et de serrer si fort dans sa main qu’il ne put se retenir de crier. Il était même à deux doigts, réellement, à ce moment précis, d’éclater en sanglots ou bien, ce qui revenait au même, à deux doigts, oui, de rire franchement de toutes ces sottises. Il fallait pourtant se rendre à l’évidence, une fois de plus… Les sottises en question pouvaient être drôles, mais elles n’étaient pas franchement sans efficacité. Peu à peu, Julien Parmentier se sentait renaître et n’eût bientôt plus, par conséquent, la moindre velléité de chercher à se moquer des deux seules personnes au monde, ou presque, qui acceptaient régulièrement de l’écouter. Réalisant soudain qu’il avait toujours le vilain caillou au creux de sa paume, il se redressa d’un bond et décida de s’en faire un projectile. De toutes ses forces, il parvint à expédier la catapulte improvisée en direction d’un bosquet presque en contrebas. La pierre rebondit plusieurs fois. Roula sur l’herbe et disparut derrière un buisson. Un jour ou l’autre, il faudrait bien se résoudre à rentrer… A contrecœur, mais il n’y avait pas d’autre choix, non ? Il hésita un peu avant de traverser à nouveau le torrent, resta une demie seconde en équilibre au dessus des tourbillons, manquant de justesse de s’affaler de tout son long, puis sauta à pieds joints sur l’autre rive. Il entreprit alors de couper au plus court, en longeant les sapins. Il ne pensait plus à rien. Et se sentait remonter à la surface à toute allure. Accéléra le pas encore un peu plus. Le pire était passé, n’est ce pas ? En moins de deux, il serait à nouveau là haut… Capable de sourire. De faire comme si. De tout garder pour lui, vous n’imaginez pas. Sauf qu’à force de danser d’un pied sur l’autre, puis de zizaguer, insouciant, dans la prairie vertigineuse, puis d’hésiter un peu, tout de même, sur la direction à prendre, puis de naviguer au plus près des fougères, à force, il avait dû finir par se perdre. Car, sauf à croire qu’il devenait complètement cinglé, c’était, soudain, comme si le monde avait basculé la tête la première et que les entrailles de la terre s’apprêtaient plus ou moins à l’engloutir tout entier. Le genre de truc qui vous donne la chair de poule sans que vous sachiez tout à fait pourquoi, vous voyez… C’était juste là, au détour du chemin, qu’il avait aperçu la fille. De toute évidence, il s’agissait de la petite brune qui aidait à la cuisine, une pouffiasse terriblement insipide, affreusement vulgaire, proprement incapable d’articuler trois mots de suite un peu sensés. Avec de grosses lèvres vraiment dégoutantes qui n’arrangeaient rien. Et des cheveux poisseux au possible qui lui tombaient méchamment sur les épaules pour aller s’évanouir à hauteur des omoplates. Et des lunettes rondes, d’un genre affligeant, pour compléter le tableau. Sauf qu’à cet instant précis, Julien se moquait comme d’une guigne de ce visage ingrat, incapable qu’il était de détacher son regard de la partie de loin la plus charnue de l’anatomie de la fille. Un postérieur du tonnerre de Dieu ! Deux masses de chair rose, incroyablement rebondies. Sans parler de l’ombre secrète qui les départageait et d’où jaillissait maintenant comme une source puissante qui semblait intarissable. Claire Salomon qui avait surpris, derrière elle, ce qui s’apparentait à un vague bruissement de fougères se redressa d’un bond, oui, en moins de deux, aussi rapidement qu’il est permis de relever son pantalon en retrouvant, face à l’adversaire, un semblant de dignité. « Tu veux qu’j’t’aide ? » fit-elle alors, après s’être retournée, à l’adresse de Julien qu’elle découvrait, interloqué, et qui la fixait de ses yeux globuleux, désespérément stupides… Comme le seraient, d’ailleurs, définitivement, hélas, mille fois hélas, les yeux de tous les garçons qu’elle croiseraient dorénavant en des circonstances à peu près similaires, vous pouvez me croire. « Tu veux qu’j’t’aide ? C’est ça ? » Oui, c’était exactement ça, avait pensé Julien Parmentier. Le fait est qu’il voulait bien qu’on l’aide ! Il ne voulait même que cela, au fond... Un coup de pouce. Un encouragement. Il s’approcha de la fille en s’efforçant de lui sourire. Et de lui parler doucement pour ne pas l’effrayer. Il fallait lui dire quelque chose, n’est ce pas ? N’importe quoi, bon sang, mais des mots ! Des mots… Dans son délire, la petite brune dût faire mine de se débattre et de vouloir s’enfuir. Cherchant vaguement à le repousser. Espérant, sans doute, s’extraire de son regard hypnotique. Elle se mit même à chialer, bordel. Des sanglots à moitié débiles, entrecoupés de rires, soit dit en passant, tandis que Julien se décidait enfin à l’attraper. Des sanglots, donc, des rires, donc, des chatouillis et des murmures, on connaît ça. Pour Julien, c’était un peu comme s’il était quelqu’un d’autre, non ? Quelle histoire… Il commençait même à comprendre que son sexe était presque douloureux. Et qu’il lui faudrait s’aventurer davantage qu’il ne l’avait fait jusqu’à présent. Retrouver la saveur des origines. Il plaqua vaguement sa bouche contre les lèvres vulgaires de la fille. Et entreprit de mêler sa langue à la sienne. Qui était-il &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;vraiment&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt; pour en arriver là ? Plus haut, sur le plateau, les autres se rapprochaient du feu. Et chantaient à tue tête. Il fallait voir comme ils étaient heureux.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-295979761419551699?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/295979761419551699'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/295979761419551699'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2010/09/tu-veux-qujtaide-cest-ca.html' title='Tu veux qu’j’t’aide ?'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TLGAcwr3sVI/AAAAAAAAAxU/5SwrNc3wLwU/s72-c/tumblr_l88fmfz81f1qalo8mo1_500.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-4843769832998388321</id><published>2010-08-18T08:44:00.004+02:00</published><updated>2010-10-09T18:55:29.141+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Claire'/><title type='text'>On applaudit bien fort !</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TGuBt8G9dRI/AAAAAAAAAqQ/7zPrEBtv4dE/s1600/tumblr_l4l8tyZnlr1qzx73ro1_400.jpg" onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5506637595619980562" src="http://2.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TGuBt8G9dRI/AAAAAAAAAqQ/7zPrEBtv4dE/s400/tumblr_l4l8tyZnlr1qzx73ro1_400.jpg" style="height: 300px; width: 400px;" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;meta content="" name="Titre"&gt;&lt;/meta&gt; &lt;meta content="" name="Mots clés"&gt;&lt;/meta&gt; &lt;meta content="text/html; charset=utf-8" equiv="Content-Type"&gt;&lt;/meta&gt; &lt;meta content="Word.Document" name="ProgId"&gt;&lt;/meta&gt; &lt;meta content="Microsoft Word 2008" name="Generator"&gt;&lt;/meta&gt; &lt;meta content="Microsoft Word 2008" name="Originator"&gt;&lt;/meta&gt; &lt;link href="file://localhost/Users/ricordeau/Library/Caches/TemporaryItems/msoclip/0clip_filelist.xml" rel="File-List"&gt;&lt;/link&gt;  &lt;style&gt; &lt;!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:Cambria; 	panose-1:2 4 5 3 5 4 6 3 2 4; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} @font-face 	{font-family:Georgia; 	panose-1:2 4 5 2 5 4 5 2 3 3; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 	margin:0cm; 	margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:12.0pt; 	font-family:"Times New Roman"; 	mso-ascii-font-family:Cambria; 	mso-fareast-font-family:"Times New Roman"; 	mso-hansi-font-family:Cambria; 	mso-bidi-font-family:"Times New Roman"; 	mso-fareast-language:EN-US;} @page Section1 	{size:595.0pt 842.0pt; 	margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; 	mso-header-margin:35.4pt; 	mso-footer-margin:35.4pt; 	mso-paper-source:0;} div.Section1 	{page:Section1;} --&gt; &lt;/style&gt;     &lt;br /&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Georgia;"&gt;A mesure qu’approchait la date du tournage, il devenait évident que Claire serait, définitivement, de plus en plus nerveuse. Il était même réellement difficile d’anticiper la manière dont elle se comporterait &lt;i&gt;vraiment&lt;/i&gt; à l’instant fatidique. Mon Dieu… Pourtant, franchement, il n’y avait guère de quoi, n’est-ce pas ? A en croire le script, d’ailleurs assez indigent, il faut bien le dire, que l’assistant de Charles Verdier avait, tout de même, consenti à lui fourrer dans les pattes, dès sa sortie de l’audition, le rôle qu’elle était censée jouer, s’était, en fait, révélé complètement adapté à son tempérament. Et à ses qualités. Et à son talent. J’en passe. Car d’aucuns auraient pu ajouter que ce rôle était &lt;i&gt;surtout&lt;/i&gt; un rôle taillé sur mesure pour une fille comme elle. A la plastique assez avantageuse, si vous voyez ce que je veux dire ! « &lt;i&gt;Ouahhh… Merveilleux… Purée… Sais-tu que je t’en sens par-fai-te-ment capable, ma biche, &lt;/i&gt;» avait solennellement déclaré Jean-René après avoir brièvement parcouru (très &lt;i&gt;très &lt;/i&gt;brièvement, en vérité) les deux pages manuscrites, affreusement raturées, qu’elle finissait par ne presque plus quitter des yeux, même quand elle s’immergeait, les yeux révulsés, dans les cinquante et quelques centimètres d’eau désespérément tiédasse de la baignoire. &lt;i&gt;Parfaitement capable&lt;/i&gt;, vraiment ? Combien de fois, déjà, légèrement crispée, brusquement plantée, là, devant la glace du corridor qui menait à leur chambre, en un étrange face à face avec son destin (plus tard, elle saurait que c’était &lt;i&gt;là&lt;/i&gt; que &lt;i&gt;tout &lt;/i&gt;avait commencé), combien de fois, oui combien de fois, déjà, avait-elle répété les trois phrases de rien du tout dont, en réalité, il était bien difficile de penser qu’elles pouvaient rivaliser d’intelligence, de profondeur et de poésie avec l’une quelconque des répliques que chaque élève, au conservatoire, s’imagine pouvoir, un jour, déclamer dans la cour d’honneur du Palais des Papes, au moins. Quelques mots, donc, à peine plus, mais en présence de tout le gratin, figurez-vous. S’adressant à Pédro – l’horrible Pédro dont, en vérité, depuis un &lt;i&gt;certain &lt;/i&gt;soir de 2002, elle aurait, de beaucoup, préféré oublier l’existence – s’adressant à Pédro, donc, supposé, dans ce scénario de merde, l’inviter à dîner &lt;i&gt;quelque part&lt;/i&gt;, précisément le soir même, elle devait immédiatement rétorquer sans se démonter le moins du monde, et suffisamment fort pour que la moitié, au moins, du salon de coiffure sorte brusquement de sa léthargie et, comme un seul homme, se tourne alors benoitement vers elle, tout en tendant ostensiblement l’oreille de peur, sans doute, de perdre une seule petite misérable miette d’une conversation qu’il serait amusant, oui, &lt;i&gt;amusant&lt;/i&gt;, de rapporter à Victor, ou bien à Michel, ou à Roger, allez savoir, le soir venu, un verre de Ricard à la main, ou bien le dimanche midi, à belle maman, vous voyez le genre : « &lt;i&gt;T’as pas compris, mec, cette fois-ci c’est ter-mi-né… &lt;/i&gt;» Terminé, donc. Mais en séparant bien les syllabes, &lt;i&gt;ma cocotte&lt;/i&gt;, ter-mi-né. Puis, durant quelques secondes d’éternité, délicieuses au possible, la lourde caméra de Charles Verdier s’attarderait sur son regard impassible, puis sur ses lèvres judicieusement muettes, tandis que, dans le même temps, la trop fameuse déclaration, tonitruante et syncopée, pourrait gentiment se frayer un chemin jusqu’aux circonvolutions les plus archaïques du cortex reptilien de Pédro… Et c’est à ce moment-là, précisément, que la silhouette, proprement magnifique, d’un Gérard Depardieu visiblement en pleine crise existentielle, et à deux doigts de &lt;i&gt;péter un câble&lt;/i&gt;, pour reprendre à la lettre la rédaction de Charles Verdier, à ce moment là, donc, que la silhouette de Gérard Depardieu à deux doigts de se précipiter sur la première victime venue, se profilerait à l’horizon. Avant d’envahir l’écran dans les grandes largeurs. Et de bousculer, sans autre forme de procès, les quelques clientes, tout à fait ravies de leur brushing, ouahhh, et qui auraient, Dieu sait pourquoi, la très mauvaise idée de se trouver, comme par hasard, sur son passage. Voilà qui légitimait, on s’en doute, la deuxième phrase du répertoire de Claire qui, s’adressant à cet avorton de Pédro, soufflerait à mi voix : « &lt;i&gt;C’est le début des emmerdes, à ce que je vois…&lt;/i&gt; » Le début ? On peut le dire comme ça. Car l’apprentie coiffeuse que Claire avait, finalement, acceptée d’incarner, à la demande express, il faut bien le dire, de celle qu’elle considérait encore comme sa meilleure amie, Violaine, &lt;i&gt;- Je ne veux rien entendre, ma chérie… C’est ta chance et il faut la saisir. Point à la ligne –&lt;/i&gt; l’apprentie coiffeuse, donc, à ce moment-là, n’en avait plus pour très longtemps. Une dernière scène et tout serait définitivement plié. Quelques mètres de pellicule. Un simulacre de viol. Simulacre ? Mouais… Terriblement explicite en réalité. Sa poitrine en gros plan, bordel, avec, en toile de fond, l’ombre de son menton, le tout soigneusement immortalisé par Charles Verdier, lui-même, en personne, s’il vous plait. &lt;i&gt;Ouah, cocotte. Magnifique… &lt;/i&gt;Et Claire pourrait alors se rhabiller. Signer tous les formulaires possibles et imaginables. En plusieurs exemplaires, naturellement, et en contrepartie d’un chèque assez modeste, en vérité… Et même plus que modeste, croyez moi, en comparaison du paquet de pognon qu’ils allaient tous empocher une fois projeté en technicolor et en trois dimensions, au moins, l’ombre du menton, et le reste, ça va de soi. &lt;i&gt;Tu n’es tout de même pas en train de te dégonfler, j’espère&lt;/i&gt;, lui avait brusquement reproché Violaine, la veille du jour J, &lt;i&gt;On croise les doigts et on ne pense plus à rien, ouahhh….&lt;/i&gt; – après l’avoir surprise, tout à fait par hasard, en larmes et curieusement silencieuse, effondrée de tout son long dans le canapé du salon pendant que Jean-René, tout juste rentré du bureau et déjà affairé à mort dans la cuisine, était, quant à lui, censé leur préparer à tous les trois, un apéro du tonnerre de Dieu avec petits fours maison, Champagne à tous les étages, cotillons et flonflons, à tout le moins. &lt;i&gt;Se dégonfler ?&lt;/i&gt; Non ce n’était vraiment pas le genre de Claire, au fond. Pas le genre du tout. Même si c’était précisément à ce moment-là, oui, ni avant ni après, qu’elle avait &lt;i&gt;effectivement&lt;/i&gt; bien failli craquer. Submergée soudain par toute une mixture d’émotions assez contradictoires. Et répugnantes au possible. Et désolantes. Et proprement désespérantes pour le genre humain, je vous le dis. Mais cet accès de faiblesse n’avait pas duré plus de deux ou trois minutes, sans mentir. Et c’était d’avoir triomphé d’elle-même qui était le plus important, non ? C’était aussi d’avoir goûté le fruit de la tentation, - &lt;i&gt;oh, quelle ivresse, mes amis&lt;/i&gt; – et d’en avoir violemment recraché la chair, en jubilant… Elle avait bu ce soir-là, oui beaucoup bu, célébrant sans pourtant pouvoir l’avouer à quiconque, ce qu’elle ne manquerait pas d’appeler, plus tard, &lt;i&gt;sa renaissance&lt;/i&gt;. Elle avait même fini par en rire, vraiment. Puis par se glisser dans les bras attentionnés et impatients de Jean-René, et ce sans une seule seconde quitter des yeux Violaine qui semblait bien avoir entrepris de réécrire, par le menu, toute l’Histoire de ces dernières années, en commençant par le principal, à savoir ce qui s’était &lt;i&gt;réellement&lt;/i&gt; passé sur les bancs de la fac de droit de Nanterre entre 1998 et 2002. &lt;i&gt;Humm…. Tu délires, Violaine, tu délires…&lt;/i&gt; déclarait solennellement Jean-René, parfois, un brin amusé, il est vrai, et tout en ponctuant son jugement fatigué de caresses nonchalantes, et de glissements approximatifs des doigts dans l’interstice du chemisier, et de chatouillements divers, et de gloussements à peine audibles. C’était si bon. Car elle se sentait devenir adulte à une vitesse vertigineuse. Voilà bien ce qui était en train d’arriver. C’était d’ailleurs exactement ce qu’elle avait pensé en s’endormant, presque au milieu de la nuit, éreintée. A presque trente cinq ans, elle s’apprêtait, enfin, à se débarrasser, une bonne fois pour toutes, de toutes ces illusions stupides qui l’avaient accompagnée durant son adolescence. &lt;i&gt;Se dégonfler&lt;/i&gt;… Il n’y avait plus aucun risque, désormais, vous pouvez en être sûrs. La preuve en était que, le lendemain, elle s’était pointée au studio d’enregistrement, pile poil à l’heure, et même un peu avant, mais sans plus éprouver la moindre trace d’inquiétude. La moindre hésitation. Tout à fait intrépide. Et pleine d’assurance. Et de certitude. &lt;i&gt;Oh, bon sang, oui, ce jour serait bien le meilleur, oui, le meilleur, et de loin, de toute sa carrière…&lt;/i&gt; Comment en douter. Juste dans l’entrée elle avait avisé Gérard Depardieu, assis dans un coin mais surtout Charles Verdier, impérial, comme à son habitude et qui venait d’attraper par l’épaule un type assez insignifiant - elle en était quasiment sûre - avec deux ou trois bagues à chaque doigt, un cigare ahurissant au coin des lèvres et des cheveux décolorés qui lui tombaient sur les épaules. En toile de fond, trois filles aux cuisses de mannequin et à peine vêtues de froufrous quasi transparents, semblaient s’être brusquement matérialisées, trente secondes auparavant, pas plus, en provenance directe d’un univers parallèle où tout allait de soi et où le concept de bonheur n’était rien d’autre qu’une marque déposée par Coca Cola. &lt;i&gt;Se dégonfler, c’est ça ?&lt;/i&gt; Sans vraiment réfléchir, désormais, Claire s’était, à cet instant-là, discrètement approchée de l’immense réalisateur qui paraissait en grande conversation mais dont, même en tendant l’oreille, elle ne pouvait comprendre le sens des propos. &lt;i&gt;Hummm. Excusez moi de vous interrompre, jeunes gens,&lt;/i&gt; avait-elle annoncé d’une voix forte, et qui se voulait conviviale, chaleureuse et détendue, presque complice au point qu’ils s’étaient tous deux, Charles Verdier et le type insignifiant, immédiatement tournés vers elle en un bel élan. &lt;i&gt;Oui, excusez moi de vous interrompre, mais j’ai bien réfléchi, voyez-vous. Ce scénario ne tient pas ; c’est du bidon, et même une merde absolue, si vous voulez mon avis, et quant au rôle que vous me proposez, vraiment, ce n’est pas pour moi… Com-pris ?&lt;/i&gt; A la virgule près, je vous assure, ce qu’elle avait scrupuleusement répété, une bonne cinquantaine de fois, au moins, devant la glace du corridor, avant d’insister, encore, dans la théâtralité en restant parfaitement immobile quelques secondes interminables à moins de cinquante centimètres du visage de Charles Verdier. Puis de tourner ostensiblement les talons. Ostensiblement et lentement. Tranquillement. Avec infiniment de liberté dans le rythme qu’elle allait, alors, imprimer à son corps. Avant de descendre quatre à quatre l’escalier. Puis de débouler sur le trottoir de l’avenue Montaigne. Cligner des yeux face au soleil. Et pleurer de joie. Voilà comment débuterait ce qui serait, n’en doutons pas, le plus beau jour de sa carrière !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-4843769832998388321?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/4843769832998388321'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/4843769832998388321'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2010/08/on-applaudit-bient-fort.html' title='On applaudit bien fort !'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TGuBt8G9dRI/AAAAAAAAAqQ/7zPrEBtv4dE/s72-c/tumblr_l4l8tyZnlr1qzx73ro1_400.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-2751070854516483989</id><published>2009-11-07T14:55:00.006+01:00</published><updated>2010-10-09T18:56:44.235+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Charles'/><title type='text'>Nous serons toujours déçus, n’est ce pas, c’est ça ?</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SvV8xQs6slI/AAAAAAAAAb4/OMpQf3amwU4/s1600-h/Aubade005.jpg" onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}"&gt;&lt;img alt="" border="0" height="400" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5401360513839575634" src="http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SvV8xQs6slI/AAAAAAAAAb4/OMpQf3amwU4/s400/Aubade005.jpg" style="height: 400px; width: 371px;" width="371" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;Il fallait y voir un signe du destin, ou bien la marque d’une &lt;a href="http://communcaprice.blogspot.com/2009/10/la-nostalgie-du-possible.html"&gt;intelligence supérieure&lt;/a&gt;, ce qui revenait au même, en deux mots l’imprévisible projet d’une divinité insoupçonnée, perpétuellement occupée, on ne sait où, dans les profondeurs du cosmos, peut-être, à veiller pourtant, nuit et jour, sur l’équilibre fragile, et aléatoire, du monde. &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2009/11/restons-modeste-pour-une-fois.html"&gt;Charles&lt;/a&gt; en était &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;tout à fait &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;persuadé. Car la probabilité pour que nos existences se perpétuent, avec plus ou moins de bonheur, certes, mais tout de même, était incroyablement faible… Même l’apparition de la vie sur terre relevait du miracle absolu… Et certains astrophysiciens en arrivaient à penser que la structure intime de la matière ne pouvait être &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;complètement&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt; l’œuvre du hasard. Quand vous n’avez, littéralement, qu’une seule et misérable chance de remporter un prix quelconque sur des milliards et des milliards de milliards d’autres imbéciles comme vous, et qu’en dépit de cela vous empochez le gros lot, nécessairement vous vous posez des questions, non ? C’était fou… Proprement fou. De quoi vous donner la chair de poule. Sauf qu’en l’occurrence, avec tout ça, il s’était bel et bien perdu dans la forêt. C’était trop bête, bon sang de bonsoir. Lui seul s’était cru suffisamment malin, sur le perron du manoir, pour dédaigner la boussole qui lui avait été réservée. Et afficher un sourire serein, magnifique, quand, tous, l’avaient gentiment taquiné après qu’il leur eut annoncé, non sans grandiloquence, qu’il préférait, quant à lui, se fier à son &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;instinct.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt; « Ce que, pré-ci-sé-ment, mes amis, je vous engage à faire, par-fois… » avait-il ajouté, lentement, en balançant la tête de droite à gauche, et en les fixant du regard, les uns après les autres, avec une insistance un peu excessive, tout de même. Et les rires, peu à peu, avaient cessé. Restait le froid, presque sibérien, qui commençait à pas mal décourager les plus volontaires d’entre eux, lesquels, engoncés dans leurs anoraks, ou leurs manteaux, entortillés dans leurs écharpes de laine, dansaient d’un pied sur l’autre, recroquevillés sur eux mêmes, pestant en silence contre les rigueurs du temps, ou contre leur imprévoyance du moment, se réchauffant d’un bref ricanement, se frottant les mains l’une dans l’autre, claquant des dents à tout va, tremblant à la cantonade, grognant de plus belle, se jetant avec une avidité suspecte sur la moindre &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/10/en-griller-une-vite-fait-bien-fait.html"&gt;cigarette&lt;/a&gt; que l’un de leurs compagnons d’infortune, bon prince, s’apprêtait à dégoupiller, piaffant eux aussi de s’élancer sur les chemins, histoire d’en finir au plus vite, d’accord… D’accord ! Ils avaient tout compris. Il n’était pas nécessaire d’insister davantage. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;&lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2009/11/restons-modeste-pour-une-fois.html"&gt;Sac-de-Nœuds&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;, avait été, mine de rien, le premier à en tirer toutes les conséquences puisqu’il s’était brusquement éloigné, sans un mot, mais non sans avoir adressé un drôle de salut étrangement désinvolte au reste de la troupe avant de disparaître, vite fait, derrière la haie et de filer directement vers la forêt. Voilà qui était sans doute un peu trop audacieux, non ? &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;&lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2009/11/restons-modeste-pour-une-fois.html"&gt;Langue-de-Vipère&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt; avait, alors, un peu tergiversé, cherchant à obtenir de Charles qu’il confirme, encore une fois, son souhait de les voir tous, oui tous, participer à ce qui n’était sans doute pas autre chose qu’une mascarade, au mieux un &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/08/rien-quun-jeu.html"&gt;jeu&lt;/a&gt;, mais proprement stupide, au fond. Tous, même ceux qui, comme lui, avaient un peu mal au genou ? Ou qui, suivez mon regard, comme &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;&lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2009/11/restons-modeste-pour-une-fois.html"&gt;Lampe-en-Carton&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt; se plaignaient d’avoir passé une nuit pour le moins épouvantable… Ou qui… Ce n’était pas la peine d’insister, s’il vous plait. Car, non, ce jeu n’était pas stupide. Et d’ailleurs ce n’était pas vraiment un jeu. Dans l’univers des amérindiens, savoir s’orienter au milieu du désert, ne jamais perdre son sang froid et retrouver la bonne direction, quoiqu’il arrive, n’avait rien, &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;mais rien&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;, d’une aimable partie de plaisir. Un tel exercice, franchement, permettait &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;réellement &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;de comprendre à quel point le monde qui nous entoure est &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;également&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt; celui qui nous charpente. « Nous sommes les brindilles que nous foulons à nos pieds, mes amis ! » avait-il ajouté sans être vraiment persuadé, tout de même, qu’il parviendrait aussi vite à les convaincre. Des brindilles, un souffle de vent, l’envol d’un étourneau, le chant d’une tourterelle… Faire corps avec tout ce micmac, bon Dieu… Parvenir à ça, au moins une fois, avant de tirer sa révérence ! Car, à tout bien réfléchir, le moindre frémissement de la &lt;a href="http://communcaprice.blogspot.com/2009/03/et-si-nous-avions-tout-compris-lenvers.html"&gt;nature&lt;/a&gt; aurait du, tous, les transporter d’enthousiasme, non ? Sauf que, deux heures plus tard, après avoir traversé plusieurs fois cette putain de clairière – il était absolument sûr et certain d’être &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;déjà&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt; passé par là – l’enthousiasme en question s’était &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;légèrement&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt; émoussé. Bon, en un sens, il n’y avait strictement aucune raison de s’alarmer ! Certes, à en croire ce qu’on vous racontait vaguement dans les locaux de l’office du tourisme, du moins si vous aviez la chance d’y trouver âme qui vive en la personne d’une jeune femme au visage ingrat et à la démarche épouvantablement nonchalante, certes, donc, &lt;a href="http://communcaprice.blogspot.com/2009/08/le-saxophone-de-coltrane-pour.html"&gt;la forêt de Grandosc&lt;/a&gt; semblait s’étendre assez loin, et même &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;très loin&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt; en vérité, sur un territoire tout à fait considérable… Certes ! Mais, à force d’arpenter les sous-bois, de revenir sans arrêt sur ses pas, d’explorer d’autres pistes, il était inévitable qu’il finisse par tomber sur un chemin de traverse, une indication un peu précise, une route goudronnée, une maison forestière… N’importe quel repère ferait l’affaire, au fond, et Charles avait encore, à vue de nez, de longues, &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;de très très longues heures&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt; devant lui, quatre ou cinq, au moins, avant que la nuit ne tombe, et que thermomètre ne descende encore d’un cran, et frise le ridicule en s’enfonçant à une vitesse vertigineuse comme s’il cherchait, brusquement, à s’approcher du zéro absolu… Rester fidèle à lui-même, c’était la leçon qu’il devait impérativement tirer de la situation. Rien ne pourrait l’atteindre pour peu qu’il se cramponne comme un malade à &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;l’image&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt; qu’il s’était toujours faite, au fond, de celui qu’il avait rêvé d’être, à ce moment-là. Savoir &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;devenir immortel&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;, ni plus ni moins, c’est le chemin à prendre, avait-il expliqué au groupe, la veille au soir tandis qu’ils étaient tous agglutinés autour de la cheminée, à commenter, sans fin, ce que &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;Lampe-en-Carton&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt; leur avait déblatéré, les petites mesquineries de son patron, les humiliations quotidiennes, la manière qu’on avait de lui montrer qu’elle ne valait pas tripette, et puis les interminables disputes avec &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;son mec&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;, les leçons de morale de sa sœur, j’en passe… Parvenu en contrebas d’un talus couvert de mousses et de champignons, juste après avoir frôlé la catastrophe (il avait affreusement glissé sur des feuilles au risque de se déboiter définitivement la cheville) il éprouva, tout de même, un bref sentiment de découragement. Quelque part, très loin, dans une salle de classe du onzième &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;arrondissement de Paris, Hélène devait être à cent lieues de penser qu’il était à deux doigts, à ce moment-là, de verser une larme, et même un peu plus, à la seule évocation de son nom. Ce qui était le cas. Oui, à deux doigts… A deux doigts de craquer, tout simplement. Ayant avisé un tronc d’arbre qui semblait à même de pouvoir lui offrir un peu de repos, il opta, sans réfléchir plus que ça, pour une séance improvisée de méditation qui lui permettrait, accessoirement, de souffler un peu, et de reprendre des forces, et de retrouver un peu de tonus, de quoi tenir, bordel. Car il fallait absolument dénicher une solution quelconque et, comme de juste, la solution en question était, sans doute, lâchement embusquée au plus profond de lui-même. Ce qui impliquait de communier vraiment avec la nature. De comprendre le sens de tout ça. De sentir. De laisser, sagement, s’écouler le temps sans jamais craindre ce que nous réserve demain. D’écouter. Surtout cela, peut-être, d’ailleurs, écouter… Charles avait maintenant fermé les yeux. Et commençait à ressentir un léger bien être. Le sentiment que son corps pourrait bien, un jour, se mettre &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;réellement&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt; à flotter. Ou même à naviguer, au gré du vent, entre deux eaux. C’était si bon. Et puis ce fut comme la révélation d’une présence. Charles eût soudain la certitude qu’il y avait bien &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;quelqu’un&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt; tout près de lui, avant même de commencer à l’entendre s’approcher, à pas feutrés, sur le tapis de feuilles qui montait jusqu’à lui. Il s’efforça de tenir bon, et de garder obstinément les yeux fermés. De prolonger l’attente le plus longtemps possible. C’était &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;Lampe-en-Carton&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt; qui marchait ainsi, avec une telle élégance, Charles en était &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;à peu près&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt; sûr. Il savait que c’était &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;elle&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;, sans pouvoir néanmoins en expliquer la raison. La veille au soir, quand le feu avait décliné, et qu’ils avaient commencé, les uns et les autres, à se retirer dans leurs dortoirs respectifs, il avait longuement parlé avec la jeune femme. C’est alors qu’il avait compris, en l’écoutant, à quel point elle avait été réellement blessée par &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;la vie. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;D’ailleurs, elle semblait éprouver un tel désarroi que Charles en avait été profondément troublé. Oui. Ils avaient fini par rester sans rien se dire, assis l’un à coté de l’autre, tandis que les braises, les unes après les autres, elles, finissaient par s’éteindre. Juste avant de déclarer, soudain, qu’elle était affreusement fatiguée, et qu’il fallait absolument qu’elle dorme, au moins une nuit sur deux, ou une nuit sur trois, ce serait déjà ça, lentement, elle s’était penchée vers lui, et avait posé sa tête contre son épaule. Et Charles, à ce moment-là, avait retenu sa respiration, et s’était efforcé de ne penser à rien d’autre qu’à l’intensité de ce qu’il aurait pu éprouver, si le monde était autrement, et d’abord lui-même, cela va sans dire. Il lui avait caressé les cheveux, et un peu les seins, mais pas plus, et sans même se retourner, l’avait laisser s’éloigner, et refermer doucement la porte derrière elle, jusqu’à ce que la nuit finisse par les emporter, comme elle nous emporte tous, régulièrement, sans que l’on n’y puisse rien, jamais. Et là, voilà qu’en plein jour, &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;Lampe-en-Carton&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;, allait à nouveau se matérialiser, à quelques mètres seulement de lui et qu’ils allaient pouvoir reprendre, ensemble, la conversation de la veille, et prolonger cette rencontre qui n’avait pas encore eu lieu mais à laquelle ils aspiraient tous les deux, voilà ce dont il était sûr, sûr et certain, même. Du moins avant d’ouvrir les yeux. Car, en lieu et place de la jeune femme, c’était, hélas, la silhouette, un peu moins aimable, il faut bien le dire, d’un type de son âge, équipé de pied en cape d’une panoplie de chasseur, et que Charles avait découvert après qu’un bref aboiement, localisé à quelques mètres seulement de lui, plutôt à gauche, eût subitement introduit un &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;léger &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;doute dans son esprit. Oui, c’était bien l’image d’un paysan au visage bourru qui s’était inscrite sur sa rétine, et non celle de &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;Lampe-en-Carton&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;, à peine protégée d’une nuisette, silhouette qu’il avait tout de même pu apercevoir, juste avant le petit déjeuner, et quelques secondes, pas plus, quand elle s’était faufilée, vite fait, dans la salle de bains, au milieu des vapeurs tropicales, j’en rêve. Oui, rien moins qu’un chasseur, la carabine en bandoulière. Le regard un peu mauvais, en réalité, et la gitane maïs de travers, la totale. Vous allez rire mais, à ce moment-là, Charles eût, réellement, un mal de chien à admettre immédiatement que ses sens puissent l’avoir trahi à ce point. Chaque jour est une leçon qui nous rapproche du néant. Voilà ce qu’il dirait, plus tard, à ses petits enfants. Pour peu, tout de même, que la divinité qui veillait sur lui accepte de lui en fournir, un jour, l’occasion. Et rien n’était moins sûr, croyez moi ! &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-2751070854516483989?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/2751070854516483989'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/2751070854516483989'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2009/11/nous-serons-toujours-decus-nest-ce-pas.html' title='Nous serons toujours déçus, n’est ce pas, c’est ça ?'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SvV8xQs6slI/AAAAAAAAAb4/OMpQf3amwU4/s72-c/Aubade005.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-6287246623817057813</id><published>2009-11-01T17:43:00.008+01:00</published><updated>2010-10-03T11:14:27.018+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Charles'/><title type='text'>Restons modeste, pour une fois...</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/Su27iswkPXI/AAAAAAAAAbo/PbOu_MW-Gd8/s1600-h/PhotoBlogA0003.jpg"&gt;&lt;img style="cursor: pointer; width: 400px; height: 315px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/Su27iswkPXI/AAAAAAAAAbo/PbOu_MW-Gd8/s400/PhotoBlogA0003.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5399177733091900786" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span  lang="FR" style="color:black;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;Vous aurez beau faire, je vous assure, vous ne pourrez jamais tout à fait vous prémunir de vous même ! On ne rigole pas… Car, en vérité, vous aurez beau connaître absolument par cœur le baratin que vous êtes censés leur servir, avoir longuement ruminé tous les arguments que vous vous apprêtez à leur balancer dans les gencives, vous être, dans les moindres détails, minutieusement préparés à toutes les objections possibles et imaginables, avoir envisagé, en petit comité, les pires cataclysmes auxquels vous pourriez être confrontés… Il n’empêche, il restera toujours une part d’impondérable ! Charles Mauduit, bordel, en aurait chialé. Vu qu’il lui en coûtait - c’est peu de le dire - de devoir s’éloigner de plus de vingt centimètres, à peine, de la cuvette des WC. Or c’était sans doute, pour lui, le moment le plus délicat de toute la semaine. Il suffisait d’un rien pour que ce qu’il avait patiemment construit les jours précédents, bascule, soudain, dans le sordide le plus effrayant et se détricote à toute vitesse. Car, à de notables exceptions près, tout de même, d’ailleurs hautement suspectes de dérangement psychologique, si vous voyez ce que je veux dire, généralement aucun des stagiaires assis par terre, en cercle, sur le tapis passablement défraichi de la grande salle, n’acceptait vraiment de gaieté de cœur ce que Charles Mauduit, d’ordinaire, envisageait, alors, très sérieusement de leur proposer à ce moment-là, à savoir le mercredi matin sur le coup de dix heures et des poussières. En deux mots, chacun d’entre eux, sans avoir pu auparavant s’y préparer, devait ni plus ni moins, se débarrasser totalement de son identité pour revêtir brutalement celle que les autres, après un trop bref conciliabule de rien du tout, avaient approximativement choisi pour lui. Ou pour elle… Oui, pour lui, ou &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;pour elle&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt; car, mine de rien, les femmes étaient, désormais, de plus en plus nombreuses à se retrouver là, à quelques mètres d’une cheminée imposante (quatre ou cinq mètres d’envergure, au moins) et d’un feu qui crépitait joyeusement, quelques mois après que leur entreprise, bonne fille, ait versé pour elles, sur le compte en banque de CommUnLundi, sans trop rechigner à la dépense, une somme passablement rondelette, tout cela pour qu’elles puissent, elles aussi, après d’autres, &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;a href="http://communcaprice.blogspot.com/2009/11/voir-le-monde-autrement.html"&gt;voir le monde autrement&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;, pour reprendre la jolie formule qui barrait en première page la plaquette assez sobrement illustrée de divers croquis pour le moins ésotériques dont il eut été malvenu, vis à vis son rédacteur, d’en contester l’intérêt. On y vantait les mérites d’une semaine, &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;riche d’émotions,&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt; dans le Loiret, en immersion totale dans &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;l’univers symbolique des peuples améridiens&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;. Rien que ça… Enfin, il ne fallait pas exagérer, non plus ! C’était une façon de parler car il n’était nullement question, tout de même, comme le précisait Charles Mauduit d’entrée de jeu, dès le lundi matin, autour d’un café, et tandis qu’ils arrivaient tous, en ordre dispersé, avec leurs valises et leurs sacs, nullement question, donc, de s’approprier &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;l’ensemble &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;de la tradition des indiens d’Amérique mais plutôt de comprendre &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;en quoi&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt; leur manière d’appréhender le monde qui nous entoure - &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;et qui leur est si particulière, vous verrez&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt; - pouvait prétendre à renouveler de fond en comble les techniques modernes du management des entreprises. Il s’agissait donc, pour la petite dizaine d’élus, triés sur le volet par leurs hiérarchies respectives, d’apprendre &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;à sauter le pas&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;, ce qui impliquait de se débarrasser, vite fait, &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;du fardeau des conventions&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;, puis de se libérer, aussi sec, de &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;notre moi le plus profond,&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt; lequel, comme chacun le sait, nous pousse à être épouvantablement égocentriques, oui, tout cela histoire, ni plus ni moins, de &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;renaître au monde&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;, puis de &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;vivre différemment&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;, ce qui supposait, à un moment ou à un autre, symboliquement, &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;d’accueillir dans la joie&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt; le nouveau nom sous lequel l’ensemble du groupe entendait désormais vous désigner. On en était là. Précisément là… Et Charles Mauduit qui, depuis sept heures du matin, montre en main, se payait un dérangement intestinal du tonnerre de Dieu, commençait à penser que cette épreuve terriblement difficile à surmonter, lui permettrait, plus tard, de se souvenir que personne, même lui, n’était vraiment à l’abri d’une faiblesse. Il fallait y voir une chance, au fond, un clin d’œil du destin, n’est-ce pas ? Il entreprit de respirer le plus calmement possible, à trois ou quatre reprises, au moins, oui lentement, &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;très lentement&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;, en prenant soin d’écouter le moindre battement de son cœur, et en cherchant, dans le même temps, à relâcher au maximum cette saloperie de tension qu’il devinait encore à moitié coincée entre les omoplates. Peu à peu, il se sentit redevenir lui-même, retrouvant la force intérieure qui le caractérisait, prompt, déjà, à se moquer de la crise qui avait bien failli le terrasser. Il n’était plus très loin désormais de sourire, se redressa tranquillement, jeta en coin un regard à son visage trop pâle, dans la glace au dessus du lavabo, puis il sut qu’il avait, une nouvelle fois, triomphé de lui même. Dans la pièce du fond, ils étaient tous à l’attendre, échangeant entre eux des propos assez insignifiants sans doute, qu’il n’entendait pas ni commenter ni même relever. Seule, Violaine, la grande brune assez sexy qu’il avait immédiatement repérée quand elle s’était présentée à lui le premier jour, seule Violaine, donc, s’était éloignée du cercle et restait, les yeux dans le vague à scruter les crépitements des braises qui s’en donnaient à cœur joie. C’était elle qui, la veille, dans l’après midi, après un colin-maillard proprement interminable dans les allées du manoir, avait du s’exécuter et leur raconter à tous le plus précisément possible ce qu’elle ressentait réellement quand il s’agissait, pour elle, de défendre devant ses collaborateurs la stratégie commerciale de Moulinex qu’elle jugeait, par ailleurs, complètement stupide, pour ne pas dire plus. Sa longue confession, autour d’un chocolat chaud que Charles leur avait préparé tandis qu’ils se réchauffaient tous au coin du feu, avait été, au fond, assez difficile à supporter et, quand elle avait eu fini de leur expliquer, ce qu’elle estimait nécessaire de leur dire, tous, chacun leur tour, avaient entrepris de lui chanter une berceuse de leur enfance. C’était tout à fait spontané et assez beau, vraiment. Charles Mauduit, quant à lui, s’était approché d’elle, et lui avait murmuré, à l’oreille, la prière que se répétaient les vieux indiens d’Amérique quand ils craignaient que le soleil se débine pour de bon et disparaisse pour toujours de l’autre côté du monde. Violaine, alors, s’était brusquement effondrée sur elle même, violemment secouée de soubresauts, et de pleurs, et de larmes, qui pouvaient faire croire que son corps tout entier était directement branché sur une prise électrique qui lui administrait à intervalles réguliers, toute une série de décharges particulièrement douloureuses. Il ne fallait évidemment pas chercher plus loin, l’origine du nom que le groupe lui avait choisi quand son tour était venu. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;Sanglots-Electriques&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;, ça lui allait plutôt bien, c’est ce qu’ils avaient tous pensé, plus ou moins, en riant, à ce moment-là. Charles Mauduit s’éclaircit la voix, se passa la main dans les cheveux, réclama le silence d’un mouvement des lèvres, à peine esquissé, puis entreprit de leur annoncer que le grand jour était arrivé. « A partir de maintenant, mes amis » dit-il, « …c’est fini : il n’y avait plus ici, ni de Violaine, ni de Paul, ni de Charles, ni de Muriel, ni d’aucun de ces noms qui appartiennent à notre ancienne peau. Je veux juste que nous nous appelions, entre nous, de la manière dont nous avons choisi de nous appeler... » Puis Charles Mauduit avait délibérément fermé les yeux. Il ne voulait surtout pas &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;voir &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;leur réaction. Juste entendre le murmure qui allait, nécessairement, accompagner cette prescription. Et le silence se mit à durer beaucoup plus longtemps que ce n’était le cas habituellement. Jusqu’à ce que la voix de &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;Sac-de-Nœuds&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;, un type assez coincé, chargé de clientèle au Crédit Agricole, avait-il expliqué l’avant-veille, les ramène tous à la réalité. « C’est un peu n’importe quoi, &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;Œil-de-Taureau&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;, quand même, ce truc, non ? ». Sauf qu’à ce moment-là, à ce moment précis, &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;Œil-de-Taureau&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;, alias Charles Mauduit, avait compris qu’il n’était plus du tout en mesure de répondre à la moindre objection. Pire, ses intestins, en une soudaine cabriole, semblaient même avoir entrepris de répondre à sa place. Ce n’était pas juste. Voilà ce qu’il avait envie de dire, du fond du cœur, tandis que &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;Sanglots-Electriques&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt; se portait immédiatement à son secours, et le rattrapait in extremis, et l’aidait à s’asseoir, et lui caressait le visage qu’il avait en sueurs, et le consolait comme elle pouvait. Pas juste, murmurait-il en sanglotant comme un enfant tandis qu’un terrible gargouillis, surgi des profondeurs de ses entrailles, venait de lui ôter, définitivement, tout espoir de sauver la face.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=";font-size:10pt;color:black;"  lang="FR" &gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;!--StartFragment--&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-6287246623817057813?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/6287246623817057813'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/6287246623817057813'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2009/11/restons-modeste-pour-une-fois.html' title='Restons modeste, pour une fois...'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/Su27iswkPXI/AAAAAAAAAbo/PbOu_MW-Gd8/s72-c/PhotoBlogA0003.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-678374975574399276</id><published>2009-09-02T00:43:00.008+02:00</published><updated>2010-10-10T11:18:36.957+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Jade'/><title type='text'>Mordre la poussière...</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/Sp2mBL27xjI/AAAAAAAAAW4/y0BMb-W5GS4/s1600/PhB000047.JPG" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img alt="" border="0" height="266" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5376636069443520050" src="http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/Sp2mBL27xjI/AAAAAAAAAW4/y0BMb-W5GS4/s400/PhB000047.JPG" style="height: 266px; width: 400px;" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;L’imperceptible caresse du vent sur mes paupières closes (croyez le ou non) suffisait, presque toujours, pour que les pirogues se glissent à nouveau, sans bruit, dans les mangroves infestées de moustiques que dérangeait, à peine, un tourbillon d’ombre et de plumes imaginaires. Parfois, l’écho qui m’emportait, aux heures les plus chaudes de la journée, me ramenait deux ou trois saisons en arrière, quelque part au pied des falaises de Bandiagara, avec Jade qui riait d’un bonheur inégalé et répétait, comme une litanie, ce que les villageois, assemblés autour d’elle, venaient de lui murmurer. Parfois encore, assoupi dans la pénombre, épuisé, anéanti d’une vaine solitude, le regard expatrié dans un autre univers que le mien, montaient sur l’horizon, sans même y avoir consenti, les ciels du Ténéré (et je voudrais pouvoir peindre toutes les nuances de pourpre et d’ocre qu’ils m’évoquaient) et puis ceux de Bamako, à moins que ce ne soit l’aube, dans les forêts de Casamance, qui s’extasiait, alors, de mille clameurs animales. J’ai bien failli ne plus jamais partir, sans doute. Qui peut dire, vraiment, pourquoi j’en suis revenu ? Car, en vérité, la fenêtre de ma chambre donnait directement sur le rivage, juste au-dessus de la plage, là où les tourbillons et les courants, en un vaste manège, se mêlent aux vagues et aux tumultes océaniques. Une fois de plus, je me retrouvais à la lisière de l’Afrique, ou, plus exactement, à l’extrême embouchure du fleuve Sénégal. Sauf que Jade en était déjà à sa &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/08/surtout-ne-pas-penser.html"&gt;deuxième chimio&lt;/a&gt; et que je ne voulais plus en entendre parler. Et que, désormais, je ne répondais plus à personne. Et que je n’espérais plus rien, si ce n’est, mes amis, de brûler sans fin du même feu qui m’avait déjà consumé. Dix jours durant, je suis resté lové dans ce drôle de fauteuil à bascule dont, dès la première heure sous son toit, ma logeuse, avec infiniment de conviction, m’avait vanté le confort. Suarez n’en revenait pas. Il passait matin et soir pour me saluer, restait un peu dans les parages à bavarder, sans jamais parvenir à me sortir de mon mutisme puis prenait congé en gardant longtemps la main posée sur mon épaule. Il a dû finir tout de même (je ne sais plus comment) par me persuader de m’extraire de tout cela ce qui supposait, d’abord, pour lui, c’est à dire pour nous, de venir, au moins une fois, dîner chez Frémont, un soir, comme autrefois. J’ai brièvement opiné du bonnet. Suffisamment pour lui laisser savourer sa victoire. Sur la terrasse dévastée par le sable, exaspérée d’insectes, nous nous sommes, ce soir-là, Frémont, Suarez et moi, longuement racontés ce que chacun espérait vaguement apprendre sur lui même, à savoir sur les autres. Naturellement, pour Jade (ils étaient tous deux pendus à mes lèvres), je n’ai rien dit d’autre que ce qu’ils savaient déjà. Et puis je suis rentré dans la nuit étoilée, titubant à l’idée que le monde pouvait se perpétuer sans que nous y soyons associés. C’est le lendemain, brusquement, que je me suis décidé à partir. Depuis longtemps, le téléphone, dans un autre espace-temps, ne répondait plus que des sanglots que je pensais avoir déjà entendu. J’ai donc voulu remonter vers le nord, un peu plus loin que nous l’avions fait, avec Jade, lors d’un précédent voyage quand Suarez nous avait suggéré de franchir la frontière mauritanienne pour traiter directement avec les types du Front Polisario. Nous pensions sincèrement, alors, que Suarez était, tout simplement, devenu fou et même Frémont ne croyait pas un seul instant à son scénario. Cette fois, naturellement, je me moquais bien des consignes que &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2009/05/des-otages-liberer.html"&gt;le cabinet du ministre&lt;/a&gt; n’avait pas manqué de me balancer. J’espérais juste retrouver le chemin, me jouer, une nouvelle fois, des paresses du fleuve, me languir de ses rives, me méfier de ses ensablements nauséeux. Sait-on ce que coûtent, d’innocence et de rationalité, trois jours et trois nuits de taxi brousse, trois jours et trois nuits de poussière, de durites rafistolées, de passages à gué, de bières de contrebande vaguement entreposées dans des frigos depuis longtemps inutiles ? Trois jours et trois nuits de haltes boueuses, de sueur, de silence douloureux dans les soubresauts de la piste, pour échouer, une nuit de trop, sans doute, quelque part, dans un hôtel sans nom, dans une ville sans nom, au bord du fleuve asséché... Il fallait cela, sans doute, pour me réveiller d’un cauchemar comme celui qui m’avait emporté, quand Jade m’avait téléphoné, à Dakar, trois mois plus tôt, peut-être moins, ou bien davantage, qui sait. Oui, il fallait cela, au fond… Car, délivré pour un temps de la moiteur malodorante de mon corps, goûtant l’extase d’un filet d’eau moribond (insipide murmure, expirant d’une douche désaccordée), appréciant comme jamais le nescafé agglutiné dans le fond d’une boite en fer blanc,  m’est venue l’idée, soudain, que je &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/08/nexagrons-rien.html"&gt;n’écrirais&lt;/a&gt; sans doute jamais plus rien si je n’écrivais pas &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;d’abord&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; la tristesse de ces dernières années, les obsessions de &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/07/tectonique-de-lme-et-des-choses-de.html"&gt;Paul&lt;/a&gt;, la légèreté définitive de Jade, le rire de &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/07/le-charivari-douloureux-de-lexistence.html"&gt;Maud&lt;/a&gt;, les exigences que nous avions eues, les incertitudes qui nous avaient accompagné devant l’horizon inaccompli, les futilités fantasques de V. et ce qui nous serait, maintenant, interdit de rêver. Dehors, sous la tonnelle, Nadia, la jeune fille de l’hôtel aux seins de bohême, Nadia s’était mise à danser. Au bord du fleuve asséché (je me souviens de la balustrade rouillée qui s’avançait loin au-dessus d’un océan de poussière que peuplaient, ça et là, des trémolos d’herbes sèches et migraineuses), les yeux perdus dans l’horizon fatigué d’immensité que rien n’arrêtait hors l’interminable tremblement d’un long cortège de dromadaires, là bas, je me suis figuré que le corps d’une danseuse pouvait communier davantage qu’on le croit avec les âmes en détresse et qu’il y a, dans l’ondulation soyeuse du désir, bien plus qu’une soif de plaisir, l’illusion d’une morale. Et puis j’ai pensé que les yeux de Nadia abritaient, dans leur transparence, ce qu’il m’était proprement impossible de transcrire. J’en suis là.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-678374975574399276?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/678374975574399276'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/678374975574399276'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2009/09/mordre-la-poussiere.html' title='Mordre la poussière...'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/Sp2mBL27xjI/AAAAAAAAAW4/y0BMb-W5GS4/s72-c/PhB000047.JPG' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-2542300007660469650</id><published>2009-08-30T17:49:00.004+02:00</published><updated>2010-10-09T22:27:24.787+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Stéphanie'/><title type='text'>Ce qui nous attend...</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SpqgDvVvs_I/AAAAAAAAAWw/AmrVqmW0Oik/s1600/PhotoBlog000221.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img alt="" border="0" height="317" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5375785091327833074" src="http://2.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SpqgDvVvs_I/AAAAAAAAAWw/AmrVqmW0Oik/s400/PhotoBlog000221.jpg" width="400" /&gt;&amp;nbsp;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="MsoBodyText" style="line-height: normal; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;On était tous assez nerveux, ce soir-là. Paul, peut-être, plus encore que les autres. Eu égard, sans doute, à ce qu’il avait appris quelques heures plus tôt et qu’il avait bien du mal à digérer, il faut bien le dire, ce qui se comprend, notez bien, vu qu’avec Stéphanie, jusqu’à présent tout allait pour le mieux, pas d’embrouilles, rien du tout, juste quelques faux pas, des propos que certains auraient sûrement jugé un peu excessifs de sa part, certes, des gestes légèrement déplacés, oui, des anicroches, on peut le dire, mais sans plus. En fait, je ne sais plus vraiment, aujourd’hui, combien de temps nous avions déjà tourné et viré, pour à nouveau tourner dans cette banlieue désolante au possible où toutes les rues, je ne mens pas, semblaient se ressembler à la virgule près, s’enrouler continuellement les unes à la suite des autres, en des cercles concentriques proprement effrayants, s’engendrer elles-mêmes à mesure que nous les parcourions jusqu’à se multiplier à l’infini, comme pour mieux égarer les rares véhicules qui s’y étaient aventurés. A chaque carrefour, aussi imprévisible que le précédent, Victor s’emportait un peu plus. Il commençait par se décourager un max en se lamentant d’être tombé sur la bande de branquignols que nous formions, puis gueulait soudain comme un malade, et cette fois à l’intention express de Charles qui n’en menait pas large, je vous assure. Une fois, c’était à gauche qu’il fallait filer au plus vite puisqu’à droite, on avait déjà donné, on connaissait par cœur, putain, c’était couru d’avance, rien à tirer de cette impasse de merde… Une autre fois, au contraire, la bonne direction, de toute évidence, était de son côté, sur la droite, oui, là, où l’on descendait direct vers la ville, ce qui permettrait de gagner ultra-rapidos les boulevards extérieurs, et donc de contourner vite fait l’hôpital et la zone commerciale attenante, ce qui laissait entrevoir, hé hé, la possibilité de s’extraire de ce bourbier en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, dix minutes chrono à tout casser. Bon… Admettons… Car, il est vrai que, plus loin, c’était la côte, la liberté, les grandes plages de sable blanc, les villas dans les pins, le rêve. « &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Mais bordel,&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; » braillait-il, « &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;tu entends ce que je dis, ou non ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; » En fait, je crois bien que ni Charles ni personne dans la bagnole n’entendait quoique ce soit à ce moment là. Vu qu’on n’en était, au moins, au vingtième tour de manège. Et que l’on avait exploré à peu près toutes les sorties d’autoroutes qu’il était humainement possible d’explorer. Même sans voir son visage dans l’obscurité, immanquablement impassible comme à son ordinaire, je devinais que Charles, cette fois, commençait à en avoir sérieusement marre et plus que marre de tout ça. Si bien, que je n’ai pas été vraiment surpris quand j’ai soudain réalisé qu’il abandonnait la partie, profitant d’un léger flottement dans les instructions que Victor lui assénait régulièrement dans les oreilles pour garer la BM dans un renfoncement de la route et laisser les clefs sur le tableau de bord, tout simplement, sans dire un seul mot, juste avant de s’extraire de la carlingue en rotant, tout de même, la moitié de la bière qu’il avait ingurgité depuis l’aube. Je l’ai suivi aussi sec car je ne voulais pas qu’il puisse croire que nous étions, brusquement, tous plus ou moins ligués contre lui. Ce qui, d’ailleurs, n’était pas spécialement vrai (quoique…). Si bien que nous avons fait, tous les deux, quelques pas dans la nuit, exaspérés sans le dire par la présence silencieuse de la ville, derrière nous, dont les nébuleuses lointaines, plus ou moins clignotantes, semblaient nous narguer à force de nous rappeler que nous en étions réduits, désormais, à implorer le Bon Dieu et tous ses saints dans l’espoir d’échapper à ce guêpier avant le lever du soleil. Au bout des quelques pas, à peine plus, nous nous sommes retrouvés, mine de rien, à renifler la haie d’un pavillon dont nous avions vaguement deviné la silhouette prétentieuse depuis la voiture, le genre bradé à trois sous, avec piscine et clôture électrique en option (que personne n’est en mesure de se payer, naturellement). Bref, juste devant nos yeux, il y avait maintenant l’ombre interminable d’un bosquet d’arbres semi décoratifs qui avaient peut-être une certaine allure en plein jour, pour peu que l’on ait en tête la description élogieuse du catalogue Décor&amp;amp;Jardin mais qui, à trois heures du mat, décoiffés par le vent qui charriait ses tombereaux de fumées arrachées aux raffineries voisines, évoquaient, irrésistiblement, le spectre d’un monde mi végétal, mi mécanique, qui finirait par tous nous emporter un jour ou l’autre. Sauf que je me dois de dire qu’ils me rappelaient surtout les espèces de saloperies vaguement feuillues que mes vieux avaient planté, autrefois, dans la propriété familiale, à Montluçon, quand j’étais gamin ; saloperies dont nous avions fini par avoir la peau, Paul et moi, à force de leur balancer dans les pattes, soir et matin, toutes les fioles possibles et imaginables de désherbants que nous avions réquisitionnées pour l’occasion. Parvenus à cinquante centimètres des saloperies en question, avec Charles, nous avons pissé de concert, davantage, d’ailleurs, parce qu’il fallait bien faire quelque chose une fois arrivés là et que nous n’avions pas encore échangé un seul mot, que par réelle envie de soulager un brin notre vessie. « &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Cette fois c’est mort&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;… » a-t-il fini par lâcher, lui aussi tout à fait défaitiste. Car, à cet instant-là, je pensais qu’il avait raison sur toute la ligne et qu’on n’arriverait jamais à temps, vu que ça devait bien faire trois plombes, au moins, que Stéphanie avait appelé à l’aide depuis son portable, et qu’on n’était évidemment pas censés mettre si longtemps pour trouver le chemin jusqu’à ce baraquement pourri, à deux pas du port, où elle s’était réfugiée. A tous les coups la marchandise nous échapperait, et on serait, comme des cons, à regretter amèrement d’avoir trainé à ce point - de manière déraisonnable - dans ce bar improbable aux allures de naufrage où la blonde faussement affriolante qui m’avait harponnée dès que nous nous étions accoudés au comptoir, s’était brusquement dérobée au moment précis où j’avais fini par accepté ses conditions. Cela, c’était la version optimiste… Il y avait, également, une version un peu moins souriante. Celle où le double jeu de Stéphanie pouvait avoir été complètement démasqué. Vu que les Ukrainiens n’étaient pas du genre à rigoler. Et ni Charles ni moi n’avions vraiment envie d’évoquer, même de manière allusive, le spectacle en technicolor que ces types pourraient avoir décidé de nous offrir en pénétrant dans le hangar. Quelque part dans le lotissement, un chien s’est mis à aboyer furieusement. Puis un autre, un peu plus loin, lui a répondu dans la même veine. Une fenêtre s’est ouverte, puis, brusquement, a claqué dans la nuit. On a senti, avec Charles, qu’il y avait maintenant de la lumière dans le pavillon de merde et j’ai cru entendre mon paternel qui poussait sa gueulante en demandant à son clébard de lui raconter ce qui se passait. C’était presque comme une rumeur. Le sentiment que nous tournions toujours en rond. Et que je n’avais plus le choix, désormais. Car le monde était celui-là. Sans échappatoire. Des coups en douce, à la pelle, et des trafics à la con. Derrière nous, Paul avait fini par sortir lui aussi. Je l’ai entendu gerber plusieurs fois. Sûr qu’il pensait à Stéphanie. A ses seins d’adolescente qui tutoyaient constamment le désir, à la courbure de ses lèvres qui riaient en silence, à l’ivresse des profondeurs qu’engendrait l’envie d’en finir, une fois caressée l’ombre de ses reins. J’en aurais chialé, voilà la vérité.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-2542300007660469650?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/2542300007660469650'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/2542300007660469650'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2009/08/ce-qui-nous-attend.html' title='Ce qui nous attend...'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SpqgDvVvs_I/AAAAAAAAAWw/AmrVqmW0Oik/s72-c/PhotoBlog000221.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-5493671187380306287</id><published>2009-08-23T12:05:00.003+02:00</published><updated>2010-10-09T22:37:21.436+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Juliette'/><title type='text'>Tout n'est pas perdu pour tout le monde !</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SpEU98f2ZjI/AAAAAAAAAWA/3iFM-dpKxuo/s1600/img023.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img alt="" border="0" height="400" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5373098884874004018" src="http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SpEU98f2ZjI/AAAAAAAAAWA/3iFM-dpKxuo/s400/img023.jpg" style="margin-top: 0pt;" width="326" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;«&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Vois-tu, Juliette… Il n’y a pas trente six façons d’aborder le monde. Il n’y en a guère que deux, pas une de plus&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;… » lui dit-il, sans que le regard de la fille, un seul instant, ne se détourne du sien. « &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Ou bien, comme tant d’autres contemplatifs, tu restes avachie sur le rivage en attendant, benoîtement, que la vague te submerge, ou, dans une autre version, te précipite avec une force du tonnerre de dieu sur des rochers dont personne ne pouvait soupçonner l’existence, l’instant d’avant, et alors, pauvre de toi, te voilà brusquement fracassée, pulvérisée, anéantie, dispersée aux quatre coins de l’univers ou dans les ténèbres des profondeurs, qui sait ? Ou bien, tu considères la formidable puissance de l’océan comme &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;une chance &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;! Et, alors, à toi l’adrénaline, Juliette ! A toi l’envers du décor ! A toi, l’ivresse des bourrasques, l’envie d’en finir avec les bavardages des fâcheux, le sifflement du vent dans tes oreilles comme une symphonie ! A toi, le délicieux bonheur de goûter l’éternité de l’instant ! Le terrible désir de caresser les étoiles, de filer la toile des apparences, de rire de tout, juste pour le plaisir de déjouer les complots qui se trament dans ton dos… Hé, hé, hé… Oui, Juliette, aujourd’hui, tu ignores jusqu’à la chaleur du soleil, crois-moi. Tu ne connais rien aux couleurs de l’arc en ciel, c’est moi qui te le dis… En revanche, la vérité, la voici… La vérité c’est qu’il te suffira d’attraper une planche de surf et de courir avec, sur la plage, pour considérer le monde &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;un peu&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; différemment &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;» fit-il en l’observant du coin de l’œil tandis qu’elle s’extirpait péniblement de son pull, et qu’elle cherchait, laborieusement, à s’extraire d’un soutien gorge, ciselé de dentelle, et dont elle parvenait enfin à se débarrasser, libérant, alors, une poitrine terriblement séduisante, en vérité, car de forme étrangement conique, dont il n’avait fait qu’entrevoir la silhouette, la veille au soir, près des sanitaires, quand il s’était retrouvé à deux pas du secteur des filles et juste en enfilade de la sortie de douches. « &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;D’autant qu’avec tous ces dérèglements climatiques, Juliette, El Nino et compagnie, crois moi, on va maintenant se ré-ga-ler ! Sais-tu que les courants du Pacifique se déchaînent chaque année davantage ? Avec des tourbillons ascensionnels qui percutent en pleine poire les masses nuageuses qui s’aventurent au dessus du golfe du bengale. Hé, hé&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;… » fit-il encore tandis que les seins étrangement coniques de Juliette s’approchaient de lui à la vitesse de l’éclair. Il ne croyait pas si bien dire !&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-5493671187380306287?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/5493671187380306287'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/5493671187380306287'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2009/08/tout-nest-pas-perdu-pour-tout-le-monde.html' title='Tout n&apos;est pas perdu pour tout le monde !'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SpEU98f2ZjI/AAAAAAAAAWA/3iFM-dpKxuo/s72-c/img023.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-6461536809304883025</id><published>2009-08-23T11:55:00.005+02:00</published><updated>2010-10-10T10:28:50.975+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Journal'/><title type='text'>En route vers soi-même...</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SpETkIjmDKI/AAAAAAAAAV4/gXLKmeV4nEU/s1600/PhB000358.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img alt="" border="0" height="400" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5373097341922708642" src="http://2.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SpETkIjmDKI/AAAAAAAAAV4/gXLKmeV4nEU/s400/PhB000358.jpg" style="margin-top: 0pt;" width="276" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Q&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;uelques semaines, à peine, de moustiques terriblement exaspérants pour le commun des mortels, oui, quelques semaines, à peine, de sueur malodorante au possible et de poussière désespérante à force de se fourrer un peu partout et, d’abord, dans le moindre repli de la peau, Vingt dieux, oui, quelques semaines de Flags presque tièdes sitôt décapsulées mais que l’on s’enfile, pourtant, du matin au soir pour éviter d’avoir à parler sérieusement d’autre chose, quelques semaines, à peine, donc, avaient suffi pour me convaincre que je n’étais, sans doute, pas vraiment fait pour l’humanitaire ! « &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Ni même d’ailleurs pour quoique ce soit d’autre s’avérant, à l’expérience, un peu compliqué… Et, surtout, un peu généreux…&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; » aurait, inévitablement, ajouté Stéphanie si l’occasion s’en était présentée. Mais voilà bien ce que je me targuais d’avoir pu éviter. Certes, je n’avais guère hésité quand il s’était agi de répondre à l’appel, légèrement pathétique sur les bords, qu’avait lancé le jeune type de Médecins du Monde, en septembre de cette année-là, dans l’amphi passablement clairsemé de l’hôpital Cochin. Certes… Mais je me dois d’ajouter que c’était &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;d’abord et avant tout&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; en espérant secrètement ne plus jamais entendre parler de celle qui s’était ostensiblement entichée d’un Jean-François Lemercier de plus en plus conquérant et avait, depuis, entrepris de me pourrir l’existence à force de me menacer, chaque jour ou presque, d’un procès en bonne et due forme si je n’acceptais pas les conditions qu’elle me posait. Sauf que l’état nutritionnel des enfants de Bamako laissait à désirer. Sauf que le monde – &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Oui, Madame, le monde !&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; - était soudain venu me rappeler sa présence. Sauf que, désormais, je ne pouvais plus éviter d’entendre la rumeur qui, déjà, me portait. Sauf que ces gamins des rues semblaient rivaliser de saleté au risque de se payer les pires infections, le ventre à l’air et les yeux dans un état pas piqué des hannetons. « &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Vous p’vez compter sur moi&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;… » avais-je annoncé, un rien volontaire et grandiloquent, à l’illuminé de service qui, pendant que je daignais m’intéresser à lui quelques secondes, répondait, mollement, aux questions que lui posait la blonde aux seins presque inexistants que j’avais croisé, cinq ou six fois au moins, ces derniers temps, au rez-de-chaussée du pavillon Boucicaut, je crois. La fille qui devait s’appeler quelque chose comme Francine et dont le visage me rappelait vaguement celui d’une certaine Marion (le souvenir que j’en gardais était celui d’une vraie garce, il faut bien le dire) me jetait tout un tas de regards en coin dont j’imaginais qu’ils signifiaient bien plus que cette quête soudaine d’absolu et de transcendance, légitimement générée par les photos d’une léproserie figurant sur la luxueuse documentation qu’elle tenait à la main. « &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Ces gosses… » &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;ai-je dis en désignant du menton un tout jeune garçon, au visage abandonné à lui-même et dont le portrait, déchirant de réalité, occupait une pleine page de papier glacé. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;« Y’a pas, faut les aider&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; ! » ai-je cru malin d’ajouter, histoire d’engager un début de conversation. J’avais l’impression d’ouvrir une porte dont j’ignorais jusqu’à l’existence, l’instant d’avant. Quinze jours plus tard, j’étais à Dakar dans le bureau passablement défraichi d’un vague secrétaire d’Etat, chargé, pour le compte de l’Union Africaine, nous avait-on sommairement expliqué, d’organiser l’aide internationale dans l’est du pays en facilitant les échanges avec le Mali voisin. Depuis la fenêtre entrouverte, avec la nuit qui venait, ses tourbillons de clameurs interminables venues d’on ne sait où, nous apercevions, illuminée de pâles réverbères, l’extrémité de la place de l’Indépendance. Juste à côté de moi, - je pouvais à chaque instant sentir l’étoffe de sa chemise qui frissonnait au moindre souffle de vent -, celle qui s’appelait Francine, ou quelque chose comme ça, s’impatientait de plus en plus tandis que le secrétaire d’état, un jeune type assez déplaisant dans sa manière de nous recevoir et qui nous avait été présenté, à Paris, comme l’étoile montante de l’Alliance patriotique sénégalaise, tandis que le jeune type, donc, derrière la table bancale qui faisait à peine office de bureau, s’éternisait dans une conversation téléphonique dont nous ne comprenions pas les enjeux mais qu’il ponctuait de grands éclats de rires, interminables mascarades qui semblaient surtout destinées à nous exclure sans même avoir à nous le signifier. C’est alors que celle qui se prénommait Francine s’est brusquement penchée vers moi, approchant son visage très près du mien, pour me répéter, dans un murmure, ce qu’elle m’avait avouée, la veille au soir, juste avant qu’elle ne s’endorme laissant un large sourire triompher de son visage comme Marion savait si bien le faire, autrefois. D’abord, je ne lui ai rien répondu. A cet instant-là, précisément, j’en avais, déjà, suffisamment soupé et je commençais juste à me dire qu’il fallait, surtout, que je trouve un moyen de rentrer dare-dare à Paris, histoire de retrouver Stéphanie, ses embrouilles et ses humeurs, ses excès d’indifférence et sa manière de revisiter sans cesse notre histoire, et puis, accessoirement, peut-être, les soirées que nous passions, l’été, à deux pas du jardin du Luxembourg sur la terrasse de l’appartement qu’elle partageait avec sa sœur. La nostalgie d’un futur qui ne serait pas le mien, voilà, très exactement, les démons qu’il me faudrait affronter, désormais, sans aucun espoir d’y échapper. Finalement, j’ai pris Francine par l’épaule, si doucement si tendrement qu’elle en a semblé surprise, alors que, brusquement, le secrétaire d’Etat me fixait dans les yeux, comme si sa conversation lointaine prenait une tournure un peu plus sérieuse, puis j’ai bafouillé quelque chose qui devait signifier que j’étais d’accord avec elle. Deux ou trois mots à peine audibles, en fait. Juste pour moi. Histoire de me donner du courage. Vous ne pouvez pas comprendre…  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;   &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-6461536809304883025?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/6461536809304883025'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/6461536809304883025'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2009/08/en-route-vers-soi-meme.html' title='En route vers soi-même...'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SpETkIjmDKI/AAAAAAAAAV4/gXLKmeV4nEU/s72-c/PhB000358.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-9206965524138750546</id><published>2009-08-09T18:39:00.009+02:00</published><updated>2010-10-09T19:16:01.943+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Bistouri'/><title type='text'>Un bien mauvais procès !</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/Sn79Ppr4KpI/AAAAAAAAAVA/iH7YxyqSkuU/s1600/PhB000350.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img alt="" border="0" height="640" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5368006251201964690" src="http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/Sn79Ppr4KpI/AAAAAAAAAVA/iH7YxyqSkuU/s640/PhB000350.jpg" style="margin-top: 0pt;" width="480" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&amp;nbsp;E&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;n vérité, Georges Parmentier ne savait plus très bien comment, dans cette situation, il était censé se comporter… Ni non plus pourquoi. Ou, plutôt, d’ailleurs, mieux vaudrait écrire qu’il ne le savait &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;que trop&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; ! Car cela faisait belle lurette qu’il se moquait à peu près éperdument de toutes les sottises invraisemblables que sa &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;petite voix&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; lui soufflait à l’oreille avec insistance. Cette fois, naturellement - et c’était couru d’avance… -, la petite voix lui recommandait &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;impérativement&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; de garder son sang-froid… Sauf que le type à moustaches, avec son blouson de pédé et son œil torve, avait décidément un drôle de genre. Et, surtout, de drôles de manières, croyez-moi ! Une fois franchie la porte de l’atelier, et tout en claironnant à tout va qu’il disposait de &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;toutes &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;les autorisations nécessaires, le loustic s’était, en effet, immédiatement dirigé vers notre ami ! Bon… Voilà le décor planté, n’est-ce pas ? On comprend aussitôt, dans ces conditions que, soudain, tout soit devenu &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;légèrement&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; plus compliqué à gérer… Vu que Georges Parmentier n’avait pas franchement pour habitude de se laisser marcher sur les pattes, fut-ce par un inspecteur de police descendu de Paris à peine quelques semaines en amont. Or, il faut bien le dire, Julien Tricard avait beau se targuer d’être sorti troisième de l’école des cadres, dix mois plus tôt, avec les félicitations du jury, oui madame, il avait, indubitablement, commis une grossière erreur psychologique – sans doute la toute première de sa carrière - en collant, autoritairement, sa carte professionnelle à moins de vingt centimètres des yeux de Gorges Parmentier. C’était, au fond, une manière de suggérer que son interlocuteur était, soudain, devenu myope en plus d’être, de toute évidence, complètement illettré. Ce qui constituait, accessoirement, la deuxième bourde de la matinée car, il faut être juste, même en l’absence d’Elodie Michon, Georges Parmentier se débrouillait &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;très bien&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; tout seul dès lors qu’il s’agissait d’établir des factures et d’encaisser les chèques qu’il soutirait à ses clients. Julien Tricard, lui-même, avait pu d’ailleurs en faire l’expérience, dix jours plus tôt, en récupérant l’Audi familiale après une bonne demi-journée d’escarmouches techniques dans les méandres des cylindres puis de contrôles divers ayant permis de conclure, non sans quelque désappointement, que décidément on n’avait rien trouvé de sérieux dans la mécanique et que le cliquetis en question n’avait sans doute pas d’autre origine que celle de la lime à ongles de madame qu’ils avaient finalement repêchée quelque part tout au fond de la boite à gants. Ce dont Julien Tricard, curieusement, avait paru se satisfaire. Si bien que sa visite matinale au Garage de l’Europe n’avait pas vraiment pour objet, cette fois, de s’acquitter de son dû en négociant, le cas échéant, une ristourne supplémentaire sur le montant net à payer, déduction faite, déjà, de pas mal d’abattements dont la liste, croyez le ou non, eût été &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;assez longue&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; à établir. Non, cette fois, figurez-vous, il était question de &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;toute autre chose&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;… Et Julien Tricard pouvait bien élever le niveau sonore de la conversation en forçant sur les graves, puis sur les aigus, le tout sans trop regarder à la dépense, Georges Parmentier n’était pas vraiment disposé à lui permettre d’exposer tranquillement son baratin. Car Georges Parmentier commençait à très bien comprendre le manège. Et n’avait donc, désormais, plus guère envie de discuter calmement. Car on pouvait dire &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;à peu près &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;n’importe quoi sur n’importe qui en sa présence, et Dieu sait que personne ne s’en privait, il était absolument impossible, en revanche, de lui faire entendre raison dès lors que le nom de François Mignon venait malencontreusement, au décours d’une phrase, à fleurir sur les lèvres de son interlocuteur. Oui, il suffisait d’évoquer, devant Georges Parmentier, &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;l’espèce de triple salaud et d’enfoiré des particules&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; (pour rester à peu près poli) qui, bizarrement, était parvenu rassembler suffisamment de bulletins pour se faire élire, les doigts dans le nez, président de la société de chasse, deux ans auparavant, non content sans doute de rappeler à tout bout de champ son statut de conseiller général, pour engendrer immédiatement sur le visage du garagiste d’Autrun sur Aubrac une réaction vasomotrice assez impressionnante qui précédait de peu le déclenchement brutal d’une diatribe particulièrement violente, assez décousue d’ailleurs, mais surtout très difficile à endiguer ne laissant, alors, que peu de chance à quiconque de pouvoir en placer une… &lt;a href="http://communcaprice.blogspot.com/2009/08/pourquoi-parler.html"&gt;Vous voulez tout savoir ?&lt;/a&gt; Le fait est que ce François Mignon n’était pas un voisin comme les autres (200 mètres à peine séparaient la grange de sa ferme, de la terrasse en béton dont Georges Parmentier était plutôt fier depuis que des anglais en goguette s’étaient arrêtés exprès dans le carrefour pour la photographier). Non, pas vraiment un voisin comme les autres, donc. A dire vrai, ce type était bien la pire calamité qui pouvait s’abattre sur vous, dans l’hypothèse où vous veniez d’acquérir, pour trois sous, un bâtiment à retaper, quelque part dans un coin perdu d’une province sans histoire. Car on vous apprenait un jour, par huissier interposé, ma chère, que vos arbres, comme par hasard, empiétaient sur le terrain du connard de première qui ne vous disait jamais bonjour sur son tracteur. Puis quelques semaines plus tard, toujours par la même voie, on vous faisait savoir que votre fosse septique empoisonnait gravement les canalisations du hameau. Ou bien, au choix, que vous étiez pénalement responsable, pour d’obscures raisons difficiles à comprendre, de la mystérieuse maladie qui avait décimé plus de la moitié des troupeaux de brebis des environs. Puis… Puis un jour vous en aviez assez ! Vraiment assez… Si bien que vous n’étiez même plus étonné de rien, venant d’un type qui semblait consacrer les trois quarts de son énergie à chercher de nouveaux moyens de vous nuire jusqu’à pouvoir vous éreinter, définitivement. Vraiment, on comprend sans peine qu’il était devenu, au fil du temps, à peu près impossible de parler calmement de François Mignon à Georges Parmentier. Si bien que Jean-Francois Tricard avait eu beau se défendre, argumenter, tenter de raisonner son monde, assurer que ce François Mignon n’était vraiment &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;pour rien&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; dans sa visite matinale, Humm, n’est-ce pas, Georges Parmentier, tout simplement, n’y croyait pas. Il ne fallait pas charrier, bordel ! Ce n’était tout de même pas &lt;a href="http://communcaprice.blogspot.com/2009/07/le-hasard-est-vraiment-effrayant-au.html"&gt;l’effet du hasard &lt;/a&gt;qu’il soit, comme ça, un beau matin, ni plus ni moins accusé de viol, à quarante-cinq ans passés, dont plus de trente les mains dans le cambouis, du matin jusqu’au soir, sans jamais beaucoup s’arrêter, ni le midi, ni le week-end, sauf durant la saison, quand ils se retrouvaient, avec des potes, le dimanche, à arpenter la campagne, &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/11/bredouilles.html"&gt;un fusil sous le bras&lt;/a&gt;, espérant un vol de perdrix, le cri d’un faisan, la course effrénée d’un lièvre démasqué à la lisière du maïs. Non, mais, franchement, suivez mon regard, la ficelle était trop grosse… Sûr, qu’il ne fallait pas trop insister et lui chercher des poux dans la tonsure, avait-il fini par brailler avant d’annoncer au jeune type – vingt-cinq ballets à tout casser, tu parles – qu’il n’en avait (excusez l’expression) « vraiment rien à foutre de ces conneries ». Voilà qui avait le mérite d’être clair, non ? Georges Parmentier avait déjà donné. Déjà donné ? Un euphémisme… Trois ans plus tôt, après l’accident, quand il s’était retrouvé les quatre fers en l’air, à l’hôpital, avec plusieurs côtes cassées et la jambe droite en piteux état, &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;on &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;lui avait déjà, figurez-vous, fourré les flics dans les pattes. &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;On…&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; Savez vous, par exemple, que François Mignon, largement introduit dans le beau monde, était notoirement de mèche avec toute la clique : huissiers de justice, policiers et autres salopards en embuscade bien décidés, d’ordinaire, à vous empoisonner la vie jusqu’au trognon ? Alors… Alors… Hélas ! Car ce qui n’avait rien arrangé c’est que Florence ne s’en était pas vraiment sortie, vu qu’elle avait calanchée dans l’ambulance avant même d’avoir pu entrevoir ne serait-ce que le hall des urgences de l’hosto… Prétexte qu’ils avaient saisi, naturellement, à la gendarmerie, pour évoquer, mi figue mi raisin, une alcoolémie &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;légèrement&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; supérieure à celle qu’ils attendaient. Putain… Voilà bien pourquoi Georges Parmentier avait été à deux doigts de craquer, cet été-là, oui, tout prêt de cracher le morceau en balançant aux flics les petites manies du conseiller général, et de son épouse par la même occasion. Sauf qu’au dernier moment, il s’était souvenu qu’il avait à faire à légèrement plus fort que lui par parenthèse et qu’il fallait donc mieux ne pas trop envenimer la situation, sauf à risquer d’être obligé de mettre la clé sous la porte, rien que ça. Alors Georges Parmentier avait ravalé sa salive, courbé l’échine comme un chien et tenu bon, oui, sacrément bon, vous pouvez me croire. Il le fallait, n’est-ce pas ? Pour lui, et pour le petit &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;surtout&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;. C’est que ses potes, tous, lui avaient dit. Ses potes, mais aussi ses oncles, ses tantes, cousins et cousines, à l’unisson, et même le chirurgien qui l’avait opéré plusieurs fois, un type bien, vraiment bien, dont on pouvait dire qu’il l’avait soutenu &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;du début jusqu’à la fin&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;, à savoir depuis les sirènes hurlantes de l’ambulance qui avait foncé à tombeau ouvert sur la départementale jusqu’à celles, toutes aussi hurlantes, croyez-moi, du fourgon de police qui l’avait conduit au tribunal. &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2009/05/les-premiers-sourires-sont-pour-soi.html"&gt;Vous avez un garçon, monsieur Parmentier, c’est ça ?&lt;/a&gt; Un garçon, oui… On ne pouvait pas prétendre le contraire ! Même si à douze ans, Paul-Henri était &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;presque&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; aussi tendre qu’une fille, avait les yeux de sa mère, et des cheveux, corbeau, qui lui tombaient sur les épaules. Un fiston, oui, qui finirait par devenir &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;quelqu’un&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;, et réussirait dans la vie, je vous assure, infiniment mieux que lui, Georges Parmentier, voilà ce qui n’était guère contestable. Précisément, c’était la &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;fameuse&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; petite voix qui lui avait raconté tout cela, même si, à dire vrai, elle ne lui avait guère donné de précision quant à la manière dont cette prédiction parviendrait, un jour, à se réaliser. Il fallait juste faire confiance, n’est ce pas… Car Paul-Henri passait son temps à rêvasser, à se triturer les méninges avec n’importe quoi que c’en était exaspérant, parfois, au point d’avoir envie de lui voler dans les plumes, et de remettre les pendules à l’heure, bordel, ce gamin est une plaie ! Sauf que question plaies, l’accident l’avait pas mal amoché, justement, et que, cloué dans son lit, Paul-Henri avait longtemps gémi comme un malade, que c’en était plutôt pénible, jusqu’au jour où &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;quelque chose&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; lui avait permis de retrouver un semblant de sourire. Quelque chose ? Allez savoir… Une illumination, le chant d’un pinson dans un arbre voisin, le souffle du vent, peut-être, un éclair d’orage, ou presque rien, qui sait… Quelque chose ! Le fait est que le gamin avait sans doute identifié &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;une force &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;en lui et que cette force (mystérieuse, au fond) lui avait permis de grimper &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;illico&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; dans un fauteuil d’handicapé. Le reste ne serait plus que détails et frou-frou, en comparaison ! Sauf pour son père, bien sûr, qui allait devoir se farcir tout ça longtemps, &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;très très&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; longtemps, du matin au soir, vacances et week-end compris, comme un éternel reproche qu’il se ferait à lui même, de l’avoir attrapé par le bras, le soir de l’accident, en lui racontant je ne sais plus quelle sornette, Paul-Henri, s’il te plait, viens par là, parvenant à le convaincre in-extremis, de grimper sur la banquette arrière de la Peugeot, tout cela au moment précis où Florence lui braillait dans les oreilles comme elle le faisait chaque fois qu’il osait lui reprocher ses absences, ses escapades dont il ne voulait rien savoir même s’il avait depuis longtemps deviné avec qui cette traînée passait ses journées. Ah oui ? Vraiment ! Continuez, car tout cela m’intéresse au plus haut point avait enfin répondu Julien Tricard qui cherchait, visiblement, à reprendre la main et attendait le moment opportun pour aborder les questions qu’il faudrait bien lui poser. Car ce qu’avait raconté Pauline Mignon au commissaire n’était pas vraiment joli, joli, non. Certes, à dix-huit ans, on est toujours un peu tenté d’en rajouter mais rien, non plus, n’était tout à fait exclu car ce type me paraît, effectivement, complètement à la masse, se disait Julien Tricard qui commençait à salement regretter de s’être fait refiler l’affaire et entendait d’ici les ricanements de ses collègues, au commissariat, les moqueries, les pitreries des uns et des autres. A la masse, j’vous dis. Il raconte n’im-por-te-quoi… Bordel, quelle vie !&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-9206965524138750546?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/9206965524138750546'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/9206965524138750546'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2009/08/un-bien-mauvais-proces.html' title='Un bien mauvais procès !'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/Sn79Ppr4KpI/AAAAAAAAAVA/iH7YxyqSkuU/s72-c/PhB000350.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-1469228609430473997</id><published>2009-05-17T22:52:00.011+02:00</published><updated>2010-10-09T22:38:34.425+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Maud'/><title type='text'>Des otages à libérer ?</title><content type='html'>&lt;span style="font-size: 10pt;"&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/ShB7zcQcxxI/AAAAAAAAAQ4/myfHPq-_GOA/s1600/img009.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img alt="" border="0" height="400" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5336901682122770194" src="http://4.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/ShB7zcQcxxI/AAAAAAAAAQ4/myfHPq-_GOA/s400/img009.jpg" style="margin-top: 0pt;" width="351" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Pour autant que je me souvienne, &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/09/lt-soixante-seize.html"&gt;le kenyan&lt;/a&gt;, ce soir-là, s’était, comme par hasard, contenté d’opiner brièvement du bonnet quand je m’étais permis de suggérer qu’il lui faudrait, tout de même, nécessairement se joindre à nous… Sauf qu’il s’était bien gardé, naturellement, de prendre ouvertement parti dans la querelle qui m’opposait à Mauduit. Avachi en travers de son hamac, et tripotant le cigare cubain que je venais de lui glisser dans les pattes et dont il reniflait paresseusement les extrémités, il nous écoutait d’une oreille qui, je crois, se voulait ostensiblement distraite alors que je me démenais comme un beau diable en tâchant de convaincre l'autre cinglé qu’il était, diplomatiquement, complètement irresponsable de les laisser plus longtemps là-bas. «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Trop dangereux&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;…&amp;nbsp;» répondait-il invariablement sans, toutefois, savoir rien répéter d’autre que ce constat lamentable. Tout juste s’il interrompait, parfois, sa rumination muette, pour avaler, non sans l’avoir longuement gardé en bouche, une bonne rasade de whisky, dès qu’il tournait son visage vers le mien, me fixant alors intensivement du regard comme si je venais, la veille, de débarquer d’une autre planète. Ce n’était, d’ailleurs, pas tout à fait faux. J’avais atterri à &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2009/03/lenvers-du-decor.html"&gt;Mogadiscio&lt;/a&gt;, moins d’une semaine plus tôt, avec la mission un peu spéciale d’activer sans délai notre réseau de correspondants et, surtout, d’obtenir, des autorités militaires, l’assurance que le contingent français lancerait sans trop tarder une expédition dans la jungle en bonne et due forme en vue de récupérer les trois humanitaires qui s’étaient aventurés &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;un peu plus que de raison&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; sur le territoire de la guérilla. Ma situation était, évidemment, pour le moins délicate puisque je ne pouvais guère, officiellement, me prévaloir auprès de Mauduit des instructions qui m’avait été pourtant données et qui me venaient, directement, de l’entourage du ministre. Pour tous les types que je rencontrais, la plupart alcoolisés à mort, je n’étais rien d’autre d’un obscur fonctionnaire du Quai d’Orsay censé rédiger &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2009/04/un-ange-passe.html"&gt;un rapport de plus&lt;/a&gt; sur la situation sanitaire dans l’est du Rwanda. J’ai failli tourner chèvre ce soir-là, vu qu’il faisait une chaleur de dingue dans ce baraquement crasseux qui jouxtait le camp d’entraînement. La clim avait beau tourner à plein régime en nous assommant de décibels d’enfer derrière la cloison, elle ne faisait que s’épuiser à rafraîchir d’un demi degré, à peine plus, l’épouvantable fournaise. Je suais à grosses gouttes et Mauduit devait sentir qu’il allait finir par avoir ma peau. «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Alors j’irai seul…&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;» ai-je dis, soudain, d’un ton calme, posé, et qui se voulait sans réplique. Puis j’ai commencé à me diriger tranquillement vers la porte en espérant qu’ils comprendraient, enfin, que je n’avais nullement l’intention de reculer. Mais ils n’ont pas bougé. Ni Mauduit ni le kenyan n’ont semblé attacher la moindre importance à ma sortie. Seule Margot s’est levée quand je me suis tourné vers elle, histoire de m’assurer qu’elle était disposée à me suivre. Je l’ai attrapée par le bras et me suis drôlement retenu pour ne pas la taquiner, comme je ne cessais de le faire depuis trois jours, quand elle est passée devant moi avec une infinie nonchalance et en forçant son sourire nettement plus qu’il n’était nécessaire. Dès que nous avons été dehors, j’ai vu qu’une bonne vingtaine de singes criaient à qui mieux mieux, à quelques de mètres de la terrasse, sans doute importunés dans leur sommeil par une petite troupe de collégiens qui avaient pris d’assaut l’esplanade où divers véhicules semblaient avoir été oubliés depuis des lustres, pour y improviser un terrain de foot passablement poussiéreux. J’ai alors pensé, je ne sais pourquoi, &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/09/lquilibre-de-lunivers.html"&gt;à Aymeric et à Benjamin &lt;/a&gt;qui s’imaginaient toujours l’Afrique comme une étendue désertique de sable, et de roches, ou à peu près, et parvenaient difficilement à croire aux récits que je leur faisais de collines boisées et de forêts hantées par des esprits facétieux dont j’aimais à raconter l’histoire fabuleuse quand je rentrais à la maison. Où étaient-ils, tous les deux, à ce moment précis&amp;nbsp;? Étaient-ils déjà rentrés de l’école, réfugiés dans leur chambre du premier étage à Montmorency, tandis qu’Elodie leur préparait à dîner et qu’ils sautaient sur leur lit en gigotant comme des malades&amp;nbsp;? Et &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2009/04/un-ange-passe.html"&gt;Hélène&lt;/a&gt;, bon sang, où était-elle&amp;nbsp;? Perdue dans les embouteillages, comme presque chaque soir, quelque part sur le périph entre la porte d’Ivry et celle de la Chapelle&amp;nbsp;? A s’infuser une compilation de rythmes zen, vaguement relaxants, vaguement stratosphériques&amp;nbsp;? Oui, bordel, que fabriquait-elle &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;exactement&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;, à ce moment précis&amp;nbsp;? A quoi pensait-elle au moment où je me penchais vers Margot dans l’idée de m’enivrer de son parfum, de l’odeur aigre et nouvelle de sa peau, de ses rires étouffés dont elle n’avait cessé de me gratifier depuis qu’elle s’était présentée à moi derrière le portillon de sécurité de l’aéroport. «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Monsieur Parmentier… C’est l’ambassade qui m’envoie. Je suis chargée d’organiser votre séjour&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;.&amp;nbsp;» Ben voyons... Naturellement, je n’en croyais pas un mot. J’avais compris. Tout compris. Mais sans avoir vraiment, ce jour-là, envie de discuter. Elle m’a conduit à l’Intercontinental où nous avons dîné et pas mal bu, et pas mal raconté de sottises. Puis, brusquement, je lui ai dis que j'avais sommeil. Ce qui n'était qu'à moitié vrai. Car je suis resté longtemps à la fenêtre de ma chambre. Longtemps j’ai observé le ciel, chargé de nuit, alourdi de rumeurs incertaines comme si l’obscurité, après avoir étendu son emprise jusque bien au delà de l’horizon, s’était chargée de mille et unes aspérités qui se bousculaient, se juxtaposaient, se perpétuaient puis se défilaient à mesure que je tachais d’en identifier la provenance. C’était, d’abord, l’odeur d’un feu dont la proximité me surprenait et qu’accompagnaient des éclats de voix dont je croyais reconnaître les accents (le jeune garçon qui m’avait porté mes valises&amp;nbsp;?). Puis c’était le tintamarre d’un âne qui semblait surgir de nulle part, plus loin que je ne l’imaginais. Plus tard encore le jappement des chiens qui bientôt s’en donneraient à cœur joie, déchirait la rumeur paisible du ciel étoilé. J’ai pensé, alors, à ce qu’Hélène m’avait confié, juste avant mon départ, et à tout ce que ces confidences allaient impliquer d’inévitable déchirement mais, peut-être, aussi de renouveau et d’espoir. «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;J’ai toujours pensé, en fait, que nous finirions un jour ou l’autre, par nous &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/12/je-ny-crois-pas.html"&gt;séparer&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;…&amp;nbsp;» avais-je dis tandis que le taxi s’impatientait dans l’impasse. Nous nous étions, tous deux, efforcés de retenir des larmes qui, sans doute, n’auraient eu à peu près aucun sens, au fond. Sauf celui de nous apitoyer sur nous-même, ai-je songé dans le pick-up que Mauduit avait fini par accepter de mettre à ma disposition, trois jours plus tard. Margot venait de poser la main sur mon genou et le kenyan trafiquait comme un fou son portable qui grésillait à tire-larigot. La piste était terriblement défoncée et je me suis dis que nous étions partis pour trois jours de voyage. Au moins.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-1469228609430473997?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/1469228609430473997'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/1469228609430473997'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2009/05/des-otages-liberer.html' title='Des otages à libérer ?'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/ShB7zcQcxxI/AAAAAAAAAQ4/myfHPq-_GOA/s72-c/img009.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-7419474647518003033</id><published>2009-05-07T11:07:00.006+02:00</published><updated>2010-10-09T22:01:25.779+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Frédéric'/><title type='text'>John Keats en route pour Bagdad !</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SgKn9yLD5nI/AAAAAAAAAQk/IJrMqZWyh8c/s1600/PhB000219.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img alt="" border="0" height="400" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5333009588642113138" src="http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SgKn9yLD5nI/AAAAAAAAAQk/IJrMqZWyh8c/s400/PhB000219.jpg" style="margin-top: 0pt;" width="300" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Qui faut-il croire, au juste&amp;nbsp;? L’inénarrable Frédéric Flament, le cigare au bec et l’œil torve, toujours prompt à se présenter sous un jour flatteur quitte à prendre, sans guère paraître avoir jamais beaucoup d’état d’âme, quelques libertés avec la réalité... Ou bien, faussement angélique et pleine de suffisance, Stéphanie Labouré qui, non sans avoir durant, tout de même, quelques années, partagé la vie du romancier, dorénavant n’a pas son pareil - on le sait - pour le descendre en flèche à la moindre occasion, l’envoyer au tapis en moins de temps qu’il ne faut pour le dire et lui briser les reins dans le but, ouvertement revendiqué, de rectifier pour de bon l’image publique qu’il se donne&amp;nbsp;? Qui faut-il croire… Il nous appartient, encore une fois, sur cette question, de revenir quelques années en arrière. Oui, revenir à l’heure où le monde, terriblement incertain, des réseaux informatiques n’en était encore qu’à ses balbutiements tandis que la seconde guerre du Golfe, fomentée en sous main par des idéologues à la mèche plutôt courte, n’était, alors, rien d’autre qu’une plaisante hypothèse même si, aux yeux de ces allumés du pentagone, c’était, de loin, la plus sérieuse de toutes celles qu’ils passaient nerveusement en revue, tous les matins, en présence du président et de ses conseillers les plus proches. Bref… Chacun se souvient sûrement que, durant les interminables semaines ayant précédé l’inéluctable affrontement des forces du Mal et des forces du Bien, une poignée d’individus farouchement pacifistes, et chevelus en diable, avait, un temps, semblé croire qu’ils pourraient rien moins qu’inverser le cours de l’Histoire. On peut les comprendre… Ils étaient, en effet, miraculeusement parvenus à organiser à travers l’Europe un convoi assez impressionnant d’une petite dizaine d’autocars transportant des illuminés de leur acabit se déclarant, tous, en un bel élan d’enthousiasme, plus que jamais volontaires pour jouer les boucliers humains dans la capitale irakienne convaincus qu’ils allaient, ainsi, rien que par la force de leur volonté, contenir éternellement le déluge de feu que projetait de déverser sur la population de Bagdad tout le gratin du Pentagone. On sait ce qu’il en est advenu. Néanmoins, Frédéric Flament en esprit visionnaire et ostensiblement généreux, n’a cessé d’affirmer, depuis, s’être immédiatement proposé pour se joindre à la troupe déchaînée des «&amp;nbsp;Stolen Child&amp;nbsp;», ainsi qu’ils aimaient à s’appeler entre eux, se référant par là, vaguement, à l’héritage du poète John Keats qu’aucun d’entre eux, rassurons-nous, n’avait jamais vraiment lu. Impeccablement repeints en blanc intégral dans un CAT du nord de la France, les autobus flambants neufs de ces enfants perdus, restés quelques jours à Paris le temps de réunir la somme nécessaire à leur entreprise, avaient, d’abord, rallié Auschwitz, rien que ça, histoire de forcer le trait du symbole historique en multipliant les interviews dans les hebdomadaires et les quotidiens acquis à leur cause, avant de mettre le cap sur Istanbul trois jours plus tard, dernière étape un peu signifiante pour ces militants autoproclamés d’une démocratie laïque et universelle qui avaient profité des rives du Bosphore, tout de même, pour se ravitailler en fruits frais, légumes et diverses nourritures d’inspiration orientale avant de s’élancer, un jeudi matin plutôt frisquet de ce mois de février mémorable, à travers les plaines d’Anatolie pour franchir dans la foulée les sommets enneigés du Kurdistan avant de chauffer la mécanique pour descendre, à toutes berzingue, la vallée de l’Euphrate. Tout un plan de vol soigneusement étudié. Et réellement exaltant avait songé Frédéric Flament qui s’imaginait sans doute, déjà, posant fièrement le nez au vent et le carnet à la main, quasiment sous les bombes, immortalisé par la grâce d’un photographe opportunément présent au moment où le ciel s’assombrirait d’une armada rugissante et terrifiante aux couleurs de l’oncle Sam. Oui, beaucoup d’exaltation, et d’enthousiasme, &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;beaucoup,&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; avait-il écrit dans son journal. Sauf que diverses tracasseries administratives de dernière minute, mais pas piquées des hannetons, avaient, selon lui, eu rapidement raison de tout cela, ce qui ne lui interdirait pas, tout de même, d’écrire, plus tard, ce texte maladroit qui serait, pourtant, le succès de librairie que l’on sait en relatant, de manière à peine romancée, l’extraordinaire aventure des boucliers humains&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Moi, Tony, qui ne craint plus désormais de voir le ciel s’effondrer&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;». Moi, Tony… Peut-être&amp;nbsp;? «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Je me suis glissé dans l’identité de Tony, faute d’avoir pu, moi-même, affronter la sauvagerie des bombardiers alliés…&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;» dira-t-il, candide, à plusieurs reprises, sur toutes les chaînes de télévision du monde libre. Et c’est précisément cette parole posée, et virile, que Stéphanie Labouré avait immédiatement contesté déclenchant, dans la foulée, un début de polémique particulièrement quand le prix Fernand Savouré eût été attribué à ce texte hybride qualifié par son éditeur, non sans malice, de «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;reportage imaginaire&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;». Car celle qui, à cette époque-là, vivait encore avec lui, avait toujours affirmé que Frédéric Flament n’avait &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;jamais, mais alors jamais, &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;eu la moindre intention de prendre un risque quelconque à s’embarquer réellement dans un des autocars de l’association. Selon les déclarations qu’elle avait faites dès que des rumeurs eurent commencé circulé dans le milieu littéraire concernant l’existence de ce texte, selon les déclarations qu’elle avait faites, donc, le romancier s’était simplement contenté d’aborder Tony Nice dans un cocktail assez mondain réunissant dans le septième arrondissement, la veille de leur départ, tous ces volontaires qui venaient par l’entremise discrète du quai d’Orsay de recevoir leur visa pour l’Irak. Stéphanie Labouré avait affirmé que Frédéric Flament avait ouvertement proposé un arrangement à l’amiable au le jeune médecin australien, l’un travaillant un texte relatant «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;l’extraordinaire aventure&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;» que l’autre aurait vécue, et tous deux se partageant, ultérieurement, les substantiels revenus de l’entreprise. Rien, d’ailleurs, que de très banal dans cette triste répartition des tâches, avait-elle coutume d’ajouter. Sauf que ni l’un ni l’autre ne pouvait prévoir, à ce moment-là que Tony Nice finirait son existence, quelques semaines plus tard, dans les décombres ravagées d’un immeuble d’une ville, pourtant de faible importance stratégique, à deux cent kilomètres au nord de Bagdad. Ni que sa mort allait donner une formidable publicité au roman et constituerait, au fond, une très bonne affaire pour Frédéric Flament et son éditeur, lequel avait précieusement conservé le vague contrat sur lequel «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;ce très cher Tony&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;» avait apposé sa signature, sur le coup de vingt trois heures et des poussières, et après avoir un peu abusé de champagne, et de diverses boissons alcoolisées qu’il avait eu quelque mal à identifier. Qui faut-il croire, donc&amp;nbsp;? Frédéric Flament ou Stéphanie Labouré qui, dans le même temps et pour diverses raisons plus ou moins futiles, engageait, une procédure de divorce en bonne et due forme. Je serais tenté, pour ma part, de proposer une &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;troisième &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;piste. Une alternative que j’estime tout à fait crédible à ces deux versions. Il se trouve en effet que, dans le cadre de mes activités professionnelles sur lesquelles, par parenthèse, je ne souhaite pas vraiment m’étendre, je me suis longuement entretenu, entre juin et septembre 2005, avec un certain P.M., à l’origine, en vérité, de cette lamentable et sinistre aventure des boucliers humains. Et c’est en l’écoutant raconté sa propre vision de la réalité – nous dînions dans une crêperie près de Saint-Germain - que j’ai commencé à comprendre que Frédéric Flament avait, peut-être, &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;réellement&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; eu l’intention de se joindre aux enfants perdus. Mais pas pour les motivations que l’on croit&amp;nbsp;! Voilà qui était légèrement embarrassant, au fond. Certes, Frédéric Flament, avait pas mal trinqué dans cette salle en sous-sol, mise à disposition de l’association par la mairie de Paris. Oui, &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;pas mal&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; trinqué. Et &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;pas mal&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; dit de bêtises. Et &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;pas mal&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; raconté d’histoires. Mais pas à Tony Nice, en réalité. Les yeux auxquels il s’était adressé, ce soir-là, étaient ceux d’une jeune journaliste canadienne à qui, peu après sa disparition en avril 2007, il dédicacerait le livre d’entretiens qu’il avait eu avec elle, au bord du Saint-Laurent. «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;A la mémoire d’E.M à qui je dois beaucoup…&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;». Et cela, Stéphanie Labouré ne pouvait l’ignorer&amp;nbsp;!&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-7419474647518003033?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/7419474647518003033'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/7419474647518003033'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2009/05/john-keats-en-route-pour-bagdad.html' title='John Keats en route pour Bagdad !'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SgKn9yLD5nI/AAAAAAAAAQk/IJrMqZWyh8c/s72-c/PhB000219.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-3205442390399657041</id><published>2009-05-04T11:44:00.010+02:00</published><updated>2010-10-10T18:03:12.668+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Enfance'/><title type='text'>Les premiers sourires sont pour soi !</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TLHjh0KpRYI/AAAAAAAAAxw/rZnf4fDLHNs/s1600/PhPere2.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TLHjh0KpRYI/AAAAAAAAAxw/rZnf4fDLHNs/s320/PhPere2.jpg" width="317" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Il lui arrivait, parfois, d’espérer un autre destin que celui qui leur était réservé. Les chemins incertains qui s’enfonçaient dans la forêt pouvaient, alors, lui sembler autrement prometteurs que ceux qui revenaient, en traversant la campagne endimanchée, vers le village le plus proche. Mais le vertige ne durait pas. C’était, à chaque fois, comme s’il avait dû en passer par ces brèves illuminations pour mieux se ressaisir et appréhender le monde qui lui était donné. &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/11/bredouilles.html"&gt;Bistouri&lt;/a&gt; ne croyait guère aux forces de l’esprit et n’aimait pas vraiment paraître y attacher la moindre importance. Il s’éloigna de quelques pas et serra Paul-Henri contre lui. Son fils lui était étranger – étranger à sa chair – comme l’étaient Rose, M. et quelques autres qu’il avait croisées sans jamais vouloir s’attarder à leur arracher un aveu. Pourtant, quelque chose de lui brillait dans ces yeux qui s’écarquillaient de ne rien voir. Quelque chose de lui éclairait ce visage en devenir, ces lèvres qui, plus tard, finiraient par dire ce qu’il ne parviendrait jamais à accepter d’entendre. C’était drôle cette manie qu’il avait de toujours refuser l’évidence. Car Paul-Henri semblait si doux, si réservé, si obstinément tourné vers lui même, qu’il y avait sans doute un secret, non&amp;nbsp;? Plus tard, bien des années plus tard, Bistouri chercherait à savoir si, dans les romans de Paul-Henri, un peu de ce secret pourrait avoir été révélé… Mais ce serait en vain, toujours en vain. Même devenu silencieux, réduit à tendre la main pour parler, à bredouiller d’incompréhensibles chagrins pour tenter d’expliquer, Bistouri n’en saurait pas plus que ce jour-là… Rose s’esclaffait, l’exhortait à la prudence. «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;S’il te plait, Julien, pas comme ça&amp;nbsp;! Le pauvre ne s’en remettra pas. S’il te plait, non, ne le lâ-che pas…. Sur-tout pas&amp;nbsp;! S’il te plait, at-ten-tion…&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;» Oui, attention&amp;nbsp;! Car Paul-Henri effectivement s’en remettrait difficilement. Paul-Henri, &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2009/01/la-beaut-des-nuits-du-monde-nest-ce-pas.html"&gt;si sensible&lt;/a&gt;, au fond… Sensible à la caresse du soleil, au contour de l’ombre qui grignotait la silhouette des arbres, au loin, sensible au vent qui semblait si prompt à soulever la nappe qu’ils avaient étendue dans la clairière puis, une bourrasque plus loin, à se jouer, espiègle, de la jupe et du corsage de Rose qui riait à gorge déployée en s’offusquant un peu, tout de même. Plus tard, toujours plus tard, quand ces rires auraient cessé, Paul-Henri finirait par croire ne les avoir jamais entendus. Ni n’avoir jamais vu Rose se précipiter, et tendre ses bras, et le serrer contre elle, sans jamais pouvoir le rassurer, pourtant. Ni n’avoir jamais senti le souffle de ces baisers qui l’avaient engendré dans l’odeur fugitive d’un printemps qu’il n’avait pas connu. Se souvenant juste qu’il ne s’agissait pas encore de faire le moindre pas, mais tout de même de se tenir droit, en évitant de chanceler, mi bancal, mi sérieux la main droite dans celle de Rose, la main gauche agrippée à celle de Bistouri, clopin-clopant. Se souvenant juste de ça. De ce bonheur étrange qui n’avait pas duré.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-3205442390399657041?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/3205442390399657041'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/3205442390399657041'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2009/05/les-premiers-sourires-sont-pour-soi.html' title='Les premiers sourires sont pour soi !'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TLHjh0KpRYI/AAAAAAAAAxw/rZnf4fDLHNs/s72-c/PhPere2.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-544630013919949608</id><published>2009-04-18T10:15:00.005+02:00</published><updated>2010-10-09T22:39:59.433+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Maud'/><title type='text'>Un ange passe…</title><content type='html'>&lt;span style="font-size: 10pt;"&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SemN1lM_-2I/AAAAAAAAAPg/s_Up-aybhxo/s1600/PhB000132.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img alt="" border="0" height="400" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325943986001541986" src="http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SemN1lM_-2I/AAAAAAAAAPg/s_Up-aybhxo/s400/PhB000132.jpg" style="margin-top: 0pt;" width="226" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;J&lt;span style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;e n’avais pas spécialement cherché à &lt;/span&gt;&lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2009/03/les-premiers-mots-sont-pour-toi.html" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;la revoir&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt; même si, bien sûr, je ne m’interdisais pas d’y songer. Car j’hésitais, parfois, vaguement, entre le désir régulièrement répété d’une fugitive et improbable rencontre et l’espoir franchement revendiqué, quelque part aux tréfonds de ma conscience, de parvenir à oublier définitivement son visage, l’intensité de son regard quand elle s’était, soudain, adressée à moi, et l’imperceptible tremblement de ses lèvres qui s’étaient aventurées à me susurrer ce que je n’imaginais pouvoir entendre, ce jour-là. Je soupçonnais en effet qu’il y aurait toujours entre nous comme une ombre terrifiante dont je n’osais prononcer le nom et que nous serions, par conséquent, éternellement condamnés à ne cesser d’en repousser l’emprise. Je croyais sincèrement qu’il y avait infiniment plus sérieux que ces gémissements qui resteraient à jamais inassouvis et qu’il me serait donc facile de venir à bout de ces enfantillages. Les circonstances en décidèrent autrement, naturellement, comme il est trop fréquemment le cas, hélas, dès lors que l’on s’efforce d’effacer le souvenir, prégnant, d’images qui se sont enracinées dans notre mémoire à la faveur d’une joie soudaine et immense ou d’un grand chagrin qui nous vient à l’annonce d’une terrible catastrophe que rien ne laissait présager. On connaît ça. Il faisait excessivement chaud, cet été là, et comme tant d’autres je profitais de ces deux ou trois semaines studieuses à Paris, - à cette époque-là, je travaillais comme un dingue à préparer le rapport sur la situation sanitaire au Rwanda que les types du Cabinet m’avaient commandé en catastrophe, deux mois peu plus tôt - pour trouver, le soir venu, quelque réconfort éphémère et, surtout, un peu de fraîcheur aux terrasses bondées des cafés où je m’enfilais, sans doute de manière déraisonnable, diverses boissons un peu trop alcoolisées qui me détournaient, un temps, de mes préoccupations du moment. Je n’avais d’autre souci, en vérité, que de terminer mon ouvrage au plus vite, histoire de pouvoir rejoindre &lt;/span&gt;&lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/07/rien-de-pire-que-cela.html" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;Hélène&lt;/a&gt; qui commençait à pas mal s’impatienter dans la villa aux volets fleuris, perdue au bout d’une impasse qui cheminait dans les pins et que nous avions, depuis quelques années déjà, pour tradition de coloniser avec bonheur dès la fin du mois de juin et jusqu’aux premiers jours de septembre. Même les garçons semblaient réclamer ma présence alors qu’ils passaient pourtant le plus clair de leur temps sur la plage à rivaliser d’ingéniosité pour ériger de fragiles constructions de sable censées repousser éternellement les assauts de l’océan. Paris me pesait. Mais aussi la difficulté de parvenir à rédiger un document suffisamment mesuré pour éviter de me faire passer, aux yeux de Saulnier, pour la tête brûlée que je n’étais pas. Sans pour autant masquer la vérité. Un équilibre affreusement compliqué auquel, de toutes mes forces, j’aspirais durant la journée… Mais qui me devenait délicieusement indifférent, dès la nuit tombée, sous le prétexte futile de divers cocktails caraïbes et autres Daiquiris ingurgités sans avoir l’air d’y toucher. J’avais mes habitudes et connaissais par cœur les établissements les plus accueillants, les mains les plus expertes dans l’art de doser le rhum, le citron et divers autres ingrédients moins communs, les oreilles les plus indulgentes, pour ne pas dire les plus indifférentes, propres à recueillir d’innombrables confidences au cours desquelles je me gardais bien de trahir le moindre secret. Il m’arrivait de me faire passer &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2009/03/confidence-pour-confidence.html" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;pour un écrivain&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;. Parfois pour un &lt;/span&gt;&lt;a href="http://communcaprice.blogspot.com/" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;navigateur solitaire&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;. Jamais je ne révélais ma véritable identité. «&amp;nbsp;L’Ange du boulevard&amp;nbsp;», un rade sans prétention dont, pour m’y vautrer parfois deux ou trois heures d’affilée, j’appréciais à leur juste valeur les quelques fauteuils en rotin jetés sur le trottoir, figurait alors, incontestablement, parmi mes stations préférées. Et c’est exactement là, avachi sur l’un de ces fauteuil, juste après avoir réglé l’addition assortie d’un pourboire généreux, et alors que je m’apprêtais à larguer les amarres, que nos regards, une nouvelle fois, se sont croisés. Durant quelques secondes, je ne l’ai pas reconnue. Elle était aux bras d’un jeune type assez vulgaire qui lui caressait la croupe tout en lui parlant. Le genre à s’éclater comme un malade à gérer votre pognon en le dilapidant sans vergogne en moins de temps qu’il ne faut pour le dire et non sans s’en être, tout de même, mis largement plein les poches au passage. Ils venaient juste de s’extraire d’une décapotable ayant fière allure, il faut bien le dire, et dont tous les clients avaient suivi la manœuvre quand son conducteur avait brusquement freiné à mort sur le boulevard avant de lorgner, en notre direction, sur la seule place de parking restée libre, des kilomètres à la ronde. Je crois bien que je n’aurais rien dit du tout, et que je ne me serais pas levé, brusquement, pour aller la saluer, et que je n’aurais pas fait le moindre effort pour lui rafraîchir la mémoire, si je n’avais pas, immédiatement, perçu dans ses yeux cette infinie tristesse que j’avais déjà décelé, quand nous nous étions parlé, &lt;/span&gt;&lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2009/03/les-premiers-mots-sont-pour-toi.html" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;juste après la cérémonie&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;, et qui m’avait laissé entrevoir bien plus que l’espoir d’une fugitive connivence. Une correspondance secrète. La vibration intime de deux êtres qui, sans jamais s’être dit quoique ce soit d’un peu sérieux, savent que l’horizon qu’ils espèrent portent le même nom. Je ne savais pas ce que je faisais. Je n’imaginais pas à quel point longtemps j’allais le regretter.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-544630013919949608?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/544630013919949608'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/544630013919949608'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2009/04/un-ange-passe.html' title='Un ange passe…'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SemN1lM_-2I/AAAAAAAAAPg/s_Up-aybhxo/s72-c/PhB000132.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-974544180060096504</id><published>2009-04-01T08:51:00.005+02:00</published><updated>2010-10-09T22:20:28.368+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Violaine'/><title type='text'>On craque toutes pour Facebook !</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SdMQKlyI6DI/AAAAAAAAAPM/5PojTlkbiXM/s1600/PhB000127.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img alt="" border="0" height="258" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5319613358981834802" src="http://4.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SdMQKlyI6DI/AAAAAAAAAPM/5PojTlkbiXM/s400/PhB000127.jpg" style="margin-top: 0pt;" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText" style="line-height: normal; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText" style="line-height: normal; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt;Depuis qu’elle s’était inscrite sur &lt;a href="http://communcaprice.blogspot.com/2009/03/facebook.html"&gt;Facebook&lt;/a&gt;, non sans une bonne dose de scepticisme quant à l’enthousiasme légèrement excessif qu’affichait maintenant &lt;a href="http://communcaprice.blogspot.com/2009/03/en-septembre-1996-moins-que-je-ne-me.html#links"&gt;Fabienne Maturin&lt;/a&gt; dès lors qu’elles évoquaient entre elles ce &lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;monde virtuel&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt; qui les fascinait mais qu’elles avaient toujours détesté, au fond, il arrivait que Violaine Parmentier se demande, parfois, comment les hommes et les femmes, &lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;avant&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt;, pouvaient bien se débrouiller pour parvenir, pourtant, tant bien que mal, à se rencontrer. C’était une blague, bien sûr. Elle savait &lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;parfaitement &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt;comment ils s’y prenaient, les uns et les autres. Mal, &lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;très mal&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt;, en fait, vous pouvez me croire, disait-elle, sans jamais cesser de penser à sa propre rencontre avec Charles-Antoine, rencontre qu’elle jugeait, avec quelques années de recul, proprement &lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;catastrophique&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt;. Oh, oui, &lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;très très&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt; mal, même, pour peu que l’on accepte &lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;réellement&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt; de voir les choses en face&amp;nbsp;! Certes, avec un peu de chance, vous réussissiez sans trop de peine à croiser au moins une fois dans l’année, quelque part aux alentours de la machine à café, un collègue de bureau dont le physique, à certains détails près, tout de même, et non des moindres en général, correspondait approximativement au type un peu louche qui jouait l’avocat véreux dans la dernière série que vous vous étiez infusée jusque tard dans la nuit, durant tout l’hiver. A moins que le collègue en question ne vous fasse vaguement penser au DJ à moitié cinglé et à la chevelure proprement exubérante que votre meilleure amie vous avait présenté, la veille, comme «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;le type le plus géniallissime que j’ai jamais croisé&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;»… «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Et aussi, de loin sans doute, le meilleur coup de la galaxie…&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;» avait-elle ajouté, dans un sourire énigmatique qui avait eu pour effet de vous anéantir un peu plus pour le reste de la soirée. La suite était plus aléatoire encore. Le collègue de bureau qui vous abordait immanquablement d’un air niais témoignant ainsi de l’intérêt qu’il portait à la tenue particulièrement décolletée que vous aviez adoptée ce jour là, se révélait souvent le plus sinistre imbécile que le monde ait jamais enfanté. Ou bien, dans une autre version, il vous annonçait, la bouche en cœur, quelques jours plus tard, juste avant de se rhabiller en quatrième vitesse tout en déclarant, affolé, qu’il entendait des pas dans le couloir, qu’il avait, prévenait-il, un terrible aveu à vous faire, et qu’il espérait sincèrement que vous étiez tout à fait capable de comprendre, et de l’excuser, vu que le mariage n’était pas une mince affaire, et qu’il n’était pas le premier à s’en rendre compte, et qu’il n’avait pas vraiment su comment vous en parler avant, et que vous étiez la première à être si tendre avec lui, si douce, et que vos yeux étaient semblables aux jours heureux dont il rêvait, encore. Il y avait bien d’autres versions, en vérité toutes plus décourageantes les unes que les autres, il faut bien le dire car elles se terminaient toutes, sauf exceptions, à peu près de la même façon. Vous passiez rapidement sur les cases initiales, discrètement teintées d’un ersatz de bonheur, saupoudrées d’une pincée de curiosité pour celui sur lequel vous aviez fini par jeter votre dévolu, pour vous retrouver, et bien plus vite que vous ne l’aviez imaginé, à &lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;surtout&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt; vous efforcer d’échapper au pire… Là, c’était au choix&amp;nbsp;! Vous pouviez, très facilement, vous prendre en pleine tronche l’une des nombreuses cases estampillées «&amp;nbsp;indifférence&amp;nbsp;»(&lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Vous n’êtes plus rien l’un pour l’autre&amp;nbsp;; restez trois tours sans jouer&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt;) ou bien, sans en avoir en compris les conséquences, trébucher brusquement sur celle où figurait un personnage ivre mort (&lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Vous sombrez peu à peu dans l’alcoolisme&amp;nbsp;; restez cinq tours à l’hôpital&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt;), ou bien encore vous étaler, dans les grandes largeurs sur une case tragiquement soulignée de noir (&lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;La dépression vous guette&amp;nbsp;; avalez trois tubes de Prozac et retournez vingt cases en arrière&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt;), le stade ultime étant naturellement représenté par la silhouette, sans équivoque, d’un juge du tribunal d’instances chargé des affaires familiales (&lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Il ou elle a demandé le divorce et l’a obtenu. Les torts sont partagés. Vous repartez à zéro&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt;). Oh, bien sûr, Violaine Parmentier n’était pas dupe. Elle détestait d’ailleurs, chez elle, cet épouvantable trait de caractère qui consistait systématiquement à tout exagérer et à voir en noir ce qui n’était, au pire, qu’en demi teinte, et prenait même, parfois, une jolie couleur pastel. Mais, tout de même, elle ne pouvait s’empêcher de penser que, dans le monde très imparfait de la fin du vingtième siècle, il avait été extrêmement difficile, pour deux êtres normalement constitués, d’entretenir une relation sentimentale &lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;à peu près &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt;satisfaisante. Or Facebook changeait radicalement la donne&amp;nbsp;! Le hasard était relégué à des temps préhistoriques. Vous n’aviez plus besoin de vous encombrer d’accessoire. Vous pouviez directement aller à l’essentiel. Et vous permettre de choisir, parmi vos nombreux amis, aux profils variés, celui qui correspondait &lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;exactement&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt; à votre attente. La relative intimité de votre écran d’ordinateur autorisait, de plus, absolument toutes les audaces. Violaine n’en revenait pas. C’est la réflexion qu’elle s’était faite, un soir, après avoir déclaré «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Tu me plais&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;» à un certain &lt;a href="http://communcaprice.blogspot.com/"&gt;Julien Savouré&lt;/a&gt; qui l’avait invité, ce jour-là, à rejoindre le cercle de ses nombreux amis bien qu’elle n’ait jamais entendu parler de lui, auparavant. Mais il fallait admettre que son profil était plutôt du genre craquant et que ses yeux étaient vraiment magnifiques. Voilà ce qu’elle s’était dit en éteignant son ordinateur et non sans éprouver un frisson assez inhabituel, mêlé de crainte devant l’inconnu et d’une drôle d’excitation intellectuelle à l’idée qu’elle venait de découvrir un nouveau continent. Et si tout cela était vrai, au fond&amp;nbsp;? Et si toute cette comédie devenait peu à peu la &lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;réalité&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt; du monde&amp;nbsp;? Juste de l’autre côté de la cloison, Charles-Antoine dormait profondément. Elle entendait sa respiration régulière mais ne parvenait pas à imaginer les rêves qui le berçaient.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-974544180060096504?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/974544180060096504'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/974544180060096504'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2009/04/on-craque-toutes-pour-facebook.html' title='On craque toutes pour Facebook !'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SdMQKlyI6DI/AAAAAAAAAPM/5PojTlkbiXM/s72-c/PhB000127.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-8456878616101235864</id><published>2009-03-23T18:29:00.010+01:00</published><updated>2010-10-09T22:40:51.994+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Maud'/><title type='text'>L'envers du décor</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/ScfKKpMox7I/AAAAAAAAANs/Irq43nELBhw/s1600/PhB000310.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img alt="" border="0" height="400" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5316440169340520370" src="http://4.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/ScfKKpMox7I/AAAAAAAAANs/Irq43nELBhw/s400/PhB000310.jpg" style="margin-top: 0pt;" width="324" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Sauf qu’à la réflexion, vous ne pouviez pas vraiment deviner ce qu’il s’apprêtait à vous dire&amp;nbsp;! Ni, non plus, ce qui, pourtant, ne manquerait pas d’arriver, quelques jours plus tard, à peine… Encore moins ce que vous étiez censés lui répondre, à ce moment-là, ou même si vous alliez vouloir tenter de comprendre le sens caché de tout ce méli-mélo… Vous pouviez juste vous souvenir, sans trop d’effort, de son regard étrangement silencieux, de son visage immense et impassible, mais aussi du léger trémolo qu’il avait dans la voix, comme l’aveu imperceptible de questions qu’il n’envisageait même pas de pouvoir vous poser. Il avait votre âge, semble-t-il, et paraissait même un peu plus jeune que vous et se savait effroyablement embarrassé dans une veste grise qu’il ne quitterait jamais, aviez vous pensé, fugitivement. Mais vous pouviez également vous souvenir, tout de même, de son invitation, à peine formulée, à vous asseoir dès à présent sur l’une des deux chaises au confort bancal qu’il vous désignait d’un geste las tandis qu’il prenait place derrière son bureau et s’efforçait, quelques instants, de retrouver son équilibre parmi les formulaires et les notes qui encombraient son champ de vision et dont il peinait, manifestement, à déchiffrer la provenance. Jusqu’à ce qu’il se décide, brusquement à vous annoncer que tout était perdu et qu’on avait, enfin, pu identifier tous les corps, restés malencontreusement prisonniers plusieurs jours durant des décombres encore fumants de l’appareil, et qu’il n’y avait, maintenant, plus aucun doute, j’en suis navré, croyez moi… D’autant que tout cela est assez incompréhensible pour nous, je ne vous le cache pas, avait-il ajouté en acceptant de laisser s’installer sur ses lèvres un bref et discret sourire qui aurait pu, en d’autres circonstances, témoigner d’un réel élan de sympathie. Nous savons juste qu’un missile de fabrication chinoise et de conception assez récente semble-t-il, pourrait, je dis bien pour-rait, avoir été tiré en direction de l’appareil, quasiment au moment du décollage, c’est à dire deux ou trois minutes tout au plus, avant que le pilote n’en perde le contrôle. Ce qui signifie, aussi, que nous ignorons encore, à ce stade de l’enquête, si le missile en question s’est abîmé en mer ou bien s’il a pu causer de sérieux dommages à l’appareil. Bref, nous ne savons pas, précisément, si &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/07/atmosphres.html"&gt;l’accident&lt;/a&gt; en est directement la conséquence auquel cas nous devrions tous parler d’attentat et non, comme nous le faisons jusqu’à présent, d’une malheureuse erreur de pilotage, si vous suivez bien mon raisonnement. Je dois vous dire, également, que nous soupçonnons fortement un banal règlement de compte entre guérillas marxistes, les prochinois cherchant, depuis belle lurette, on le sait, à se débarrasser, une bonne fois pour toutes, de tous ces rebelles à la con, d’autant plus remuants, vous vous en doutez, que le kremlin les finance à tout va, les premiers ayant visiblement damé le pion aux seconds, cette fois-ci… Si bien que je me sens dans l’obligation de vous demander, sous le sceau du secret, si, par hasard, votre petite amie pourrait avoir été mêlée à tout cet imbroglio. Vu qu’au Quai d’Orsay, vous pensez bien, nous allons tout de même devoir vérifier quelques hypothèses, histoire de pouvoir rassurer nos ressortissants à Mogadiscio et surtout vérifier qu’ils ne courent plus, maintenant, le moindre risque. Vous comprenez, je suppose&amp;nbsp;? La vérité, tout de même, c’est que votre amie - comment vous le dire&amp;nbsp;? - semble avoir fréquenté de manière, disons, assez assidue - j’espère ne pas vous froisser… - l’un des agents du Mossad les plus en vue sur le continent africain, lequel agent s’est bizarrement volatilisé, juste le lendemain de la catastrophe. Et puis je voulais aussi vous prévenir que nous venons juste de repérer, la semaine dernière des mouvements de fonds, assez conséquents je dois le dire, sur l’un des comptes bancaires de mademoiselle Maud Lemercier. Car vous n’étiez pas sans savoir, sans doute, qu’elle en gérait quelques-uns dont trois, au moins, domiciliés au Lichtenstein et régulièrement alimentés, allez savoir pourquoi, par Furnez Group and C°, une société d’import-export taiwanaise ayant pignon sur rue quoique curieusement basée à Caracas… Nous sommes en train, naturellement, d’en expertiser les avoirs mais je ne voudrais pas vous inquiéter outre mesure avec tout ce tintouin car je pense réellement que vous ne courez aucun danger, tant il est vrai que la présence de votre amie à &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/07/tectonique-de-lme-et-des-choses-de.html"&gt;Mogadiscio&lt;/a&gt;, puis dans l’avion personnel du président, pourrait n’avoir, effectivement, été dictée que par des considérations humanitaires. Nous suivions d’ailleurs depuis quelques années, et avec beaucoup d’admiration pour son courage, croyez moi, les combats qu’elle menait contre l’exploitation sexuelle des enfants dans les pays émergents. Ce qui l’avait conduit, par parenthèse, à prendre certaines libertés avec les lois internationales, sans même parler de certaines habitudes dont les ONG sont, d’ordinaire, assez coutumières, si vous voyez ce que je veux dire&amp;nbsp;? avait-il suggéré en retrouvant, enfin, deux ou trois feuilles de papier terriblement maculées de poussière et plus ou moins agrafées qu’il venait d’extirper d’un dossier dissimulé dans l’invraisemblable fatras de son bureau. Ce à quoi vous aviez immédiatement répondu, ce qui était vrai, que Maud ne vous mettait guère dans la confidence, vu que vous vous étiez, toujours, tout à fait moqué &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/07/le-charivari-douloureux-de-lexistence.html"&gt;des raisons&lt;/a&gt; pour lesquelles elle parcourait le globe à longueur de temps, vu, aussi, que vous n’aviez absolument aucune envie de la suivre, trop absorbé que vous étiez par vos travaux littéraires, trop occupé à ciseler la langue que vous n’osiez profaner, à jouir sans partage des mots dont vous n’aviez de cesse de vous étourdir, au fond. Sans parler du fait, nullement accessoire, que votre relation, autrefois quasiment fusionnelle il est vrai, s’était tout de même singulièrement distendue depuis quelque temps et que s’il vous arrivait encore, effectivement, de passer quelques heures en sa compagnie, lors de l’une de ses escales à Paris, c’était loin d’être toujours le cas, je vous assure. Ce qui n’expliquait guère, entre nous, que votre nom soit si souvent mentionné sur le premier des deux feuillets, rédigé par &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/08/hambourg-toujours.html"&gt;Maud&lt;/a&gt;, à l’évidence, et que le type au regard un peu lourd vous balançait gentiment dans les gencives. Et vous revenait alors, à la mémoire, le souvenir d’une longue et pénible conversation que vous aviez eue, avec elle, quelques mois plus tôt, sitôt rentrés d’une escapade de quelques jours à Venise, en compagnie de Jade, et de Paul, et de Claire qui avait rejoint, au dernier moment. Vous étiez restés, ce soir-là, à dormir dans l’appartement de Montmorency et Maud, en vous servant d’un deuxième, ou un troisième verre de whisky, allez savoir, vous avait entraîné sur son terrain de prédilection. Sans doute avait-il été vaguement question, à ce moment-là, de trafic d’armes, et de groupuscules valeureux appelés, un jour, à renverser le sens de l’histoire, et de l’éternelle corruption des élites dirigeantes dans une Afrique à la dérive, et de montages financiers un peu compliqués, et de prête-nom, et de soulèvement imminent des populations, et de catastrophe écologique, et sanitaire, et de l’urgence qu’il y avait à remédier à tout ça… Sans doute, oui. Car, en vérité, vous étiez, ensuite, passés assez vite à d’autres considérations plus terre à terre. Vu que Maud n’avait jamais été aussi séduisante que cette nuit-là. Et que la fenêtre, entrouverte, donnait sur le ciel étoilé. Et qu’il fallait voir comment, sans jamais cesser une seule seconde de rire aux éclats, elle s’était, alors, débarrassée de sa jupe, grêlée de transparences. Et comment ses seins, magnifiques, avait chanté leur romance. Et comment vous aviez, tous deux, fondu de plaisir. Oui, il aurait fallu voir ça… Ses lèvres contre les vôtres, l’ivresse animale qui vous avait emporté, votre peau contre la sienne, beaucoup de chemin parcouru, cette nuit-là, sans jamais perdre le nord, sauf l’espace d’un soupir, comme un piano désaccordé, une tempête de sable qui surgit de nulle part, j’en oublie.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-8456878616101235864?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/8456878616101235864'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/8456878616101235864'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2009/03/lenvers-du-decor.html' title='L&apos;envers du décor'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/ScfKKpMox7I/AAAAAAAAANs/Irq43nELBhw/s72-c/PhB000310.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-5653276571492743925</id><published>2009-03-17T08:50:00.008+01:00</published><updated>2010-10-10T11:19:25.628+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Jade'/><title type='text'>Les premiers mots sont pour toi !</title><content type='html'>&lt;span style="font-family: Georgia;"&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/Sb9YFRyW2xI/AAAAAAAAAMA/ysilsR_t51s/s1600/PhB000141.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img alt="" border="0" height="300" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5314062933017680658" src="http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/Sb9YFRyW2xI/AAAAAAAAAMA/ysilsR_t51s/s400/PhB000141.jpg" style="margin-top: 0pt;" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: Georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Il est spécialement vrai que je n’avais pas &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;du tout&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; imaginé qu’elle puisse vouloir nous accompagner jusque &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;là&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;, je veux dire jusqu’au cimetière, jusqu’aux allées de gravier blanc qu’envahissent en bordure, toujours, des herbes inopportunes, et jusqu’au bavardage anonyme et chuchoté qui nous accompagnait, et jusqu’aux discours successifs, pour la plupart bien trop convenus, sans doute, entrecoupés comme il se doit de sanglots à n’en plus finir, et jusqu’au brusque silence des oiseaux, des kilomètres à la ronde, dans le ciel immobile chargé d’à peine quelques nuages dès lors que Paul, sans plus se soucier de personne, s’est brusquement décidé à réciter au micro le poème de &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/10/pessoa-dans-le-texte.html"&gt;Pessoa&lt;/a&gt; que nous avions soigneusement choisi, la veille au soir, avant d’évoquer l’incandescence du temps, l’extrême densité des instants que nous avions tous un peu partagés, sa joie de pouvoir se remémorer, à l’infini, les vertiges auxquels nous avions succombé. Comment le dire&amp;nbsp;? Non, &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;vrai de vrai&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;, je n’avais pas imaginé qu’elle soit toujours &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;là,&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; quelque part dans la nuit des visages indistincts quand Elodie, frêle parure d’ombre sur ses lèvres, s’est avancée enfin, titubant d’impatience, rêvant comme nous tous de prononcer trois ou quatre phrases que personne jamais n’entendrait… Non, ni qu’elle soit toujours là, ni qu’elle soit si &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;lumineuse&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; au fond, car elle l’était au-delà de tout, et encore moins qu’elle insiste, dix minutes plus tard, pour me parler en tête à tête, et pour me confier combien les &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/10/plus-personne-ne-nous-voit.html"&gt;mots&lt;/a&gt; que je m’étais aventuré à lui écrire, sans plus y réfléchir que cela, l’avaient touchée, comme, d’ailleurs, la &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/10/cette-danse-qui-me-hante.html"&gt;disparition de Jade&lt;/a&gt; l’avait bouleversée à un point que je ne supposais pas, comme l’avait anéantie, d’ailleurs, quelques mois plus tôt, la mort extrêmement rapide, et pénible, de sa propre sœur, à peu près au même âge, une danseuse encore jeune, promise à un avenir brillant et dont elle n’avait pu supporter l’agonie. Il est spécialement vrai que je n’avais pas du tout prévu que ses yeux dans les miens nous emporteraient aussi loin. Ni que l’on se décide de se revoir pour parler de &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/08/surtout-ne-pas-penser.html"&gt;Jade&lt;/a&gt; (ce que nous n’avons pas fait), ou pour parler d’elle (ce que nous avons fait), ou pour parler de &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/09/lt-soixante-seize.html"&gt;moi&lt;/a&gt; (ce que nous avons fait aussi) et d’Italie (ce que nous n’avons cessé de faire, depuis). Spécialement &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;vrai&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; que je n’avais pas prévu la manière dont &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;tout cela&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; s’est mêlé. Car rien n’est littérature, dans le monde.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 10pt;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-5653276571492743925?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/5653276571492743925'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/5653276571492743925'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2009/03/les-premiers-mots-sont-pour-toi.html' title='Les premiers mots sont pour toi !'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/Sb9YFRyW2xI/AAAAAAAAAMA/ysilsR_t51s/s72-c/PhB000141.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-6071008809014194338</id><published>2009-03-08T14:56:00.006+01:00</published><updated>2010-10-10T10:29:59.324+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Journal'/><title type='text'>Ils ne l’emporteront pas au paradis !</title><content type='html'>&lt;div class="MsoBodyText" style="line-height: normal; text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SbPPPKjVxoI/AAAAAAAAAL4/0EBg5LXagDY/s1600/IMG_0057.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img alt="" border="0" height="400" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5310816245037516418" src="http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SbPPPKjVxoI/AAAAAAAAAL4/0EBg5LXagDY/s400/IMG_0057.jpg" style="margin-top: 0pt;" width="300" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt;J’avais beau, ce soir-là, tenter de me raisonner en récapitulant, soigneusement, l’une après l’autre, les différentes perspectives qui s’offraient à moi, je n’en menais pas large, je vous assure&amp;nbsp;! Tout portait à croire, en effet, que, dorénavant, mes jours étaient comptés et que je serai, immanquablement, la toute prochaine victime de cette affreuse mascarade. Je me suis versé, aussi sec, et sans vraiment mégoter sur la quantité, un autre verre de bourbon puis, sans rien attendre de spécial du combiné téléphonique presque toujours silencieux depuis des lustres, me suis dirigé, tant bien que mal, vers la seule fenêtre de mon deux pièces-cuisine qui donnait directement sur l’esplanade du boulevard Gambetta. Un terrible frisson, j’en conviens, m’a brusquement parcouru l’échine à ce moment précis. Je commençais sans doute à prendre &lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;réellement&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt; conscience qu’il n’y aurait, cette fois, plus aucune espèce d’échappatoire. Et que c’était la loi du genre, en un sens&amp;nbsp;: il en était toujours un peu ainsi dans les romans d’aventures, n’est ce pas&amp;nbsp;? Personne ne peut éternellement braver son destin, je m’en doute… Si bien qu’un jour ou l’autre, quoique vous fassiez, et quelque soit l’étendue de votre talent pour vous éclipser au meilleur moment, vous vous retrouvez &lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;effectivement&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt; sur la toute dernière page du manuscrit. Que dis-je&amp;nbsp;? La toute dernière ligne du tout dernier paragraphe… Bon sang que c’était dur à admettre. Dehors, sur le boulevard, ça sentait presque l’été. Les jeunes femmes qui l’arpentaient, avaient, déjà, allègrement sorti leurs décolletés et des ribambelles d’adolescents fugueurs envahissaient les trottoirs en se chamaillant à qui mieux mieux. Quant aux pigeons et autres volatiles intrépides, ils s’en donnaient à cœur joie en peuplant le feuillage printanier des platanes de milles gesticulations bavardes et pourtant presque invisibles depuis mon poste d’observation. Je n’en pouvais plus, mon verre à la main, d’ignorer de quoi demain serait fait… Même s’il me fallait admettre que j’avais, il est vrai, pas mal tiré sur la corde, ces derniers mois et qu’il était temps, pour ainsi dire, de payer mon insolence au prix fort. Du moins, c’est ainsi que l’on devait considérer ma situation, quelque part, très loin de moi, dans les bureaux climatisés du ministère de la défense et des affaires étrangères. Car, de mon point de vue, naturellement, je n’avais jamais fait que mon devoir, lequel consistait à révéler rien moins que la vérité&amp;nbsp;! Certes sans aucune concession d’aucune sorte, et parfois même, je le concède, en forçant &lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;légèrement&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt; le trait, mais à peine, croyez-moi. Le fait est que je n’y étais pas allé de main morte. Et qu’ils en avaient tous, plus ou moins, pris pour leur grade mais comment faire autrement, je vous le demande&amp;nbsp;? Vu que j’avais décidé, une fois pour toutes, de ne plus leur faire la moindre concession. Sauf qu’à la quatrième gorgée de bourbon, j’ai bien failli m’étrangler. Là, à quelques dizaines de mètres de moi, à peine, juste sous ma fenêtre, bordel, une Toyota noire aux vitres fumées, étrangement silencieuse, venait, comme par hasard, de s’approprier la dernière place de stationnement qui restait libre des kilomètres à la ronde. «&amp;nbsp;Bon sang&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» me suis-je dis en réalisant qu’une femme terriblement sexy s’en approchait aussi sec et adressait, mine de rien, au conducteur dont je ne pouvais pas voir la physionomie d’où j’étais, toute une série, assez désagréable au fond, de petits gestes maniérés censés singer l’envie d’une certaine forme de connivence. Je ne sais pas ce qui m’a pris. J’ai tout de suite &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/10/putain.html"&gt;pensé&lt;/a&gt; à tous ces trucs morbides que les types du contre-espionnage m’avaient longuement expliqués quand, dans le sous-sol de la villa de François Ferdinand, ils avaient craché le morceau en me parlant, toute une nuit, de l’explosion des ateliers d’AZF. Et puis, sans lien avec le reste, me sont revenues à l’esprit les théories des trois chimistes ukrainiens hébergés quelques mois, l’an dernier, par Véronique et Georges-Henri Frémond, et qui avaient raconté un peu partout que la pollution en radicaux hydrogénés de toutes sortes commençait sérieusement à tous nous esquinter la cervelle en nous privant, de plus en plus souvent, de notre appétit de comprendre. Se pouvait-il que le Mossad m’ait enfin repéré et parvienne, in-extremis, à griller la politesse aux zozos de la CIA&amp;nbsp;? C’eût été presque comique sauf que ces loustics ne plaisantaient guère. La blonde aux lunettes noires et à la jupe méchamment fendue, au point d’en être à demi provocante, bordel, s’était brusquement immobilisée à deux pas du véhicule banalisé comme s’ils avaient tous compris, elle, mais aussi les autres, que j’avais entrepris de l’observer en m’emparant, vite fait, de la paire de jumelles que je gardais toujours, Dieu soit loué, dans les parages. Le fait est que ces cinglés avaient, tout de même, fini par avoir la peau de Georges-Henri, vu que le trente tonnes qui roulait à toute berzingue à contresens de l’autoroute n’avait pas fait plus d’une bouchée de sa Citroën décapotable. Et quant à François Ferdinand, cette saleté cancéreuse qui s’était abattue sur les poumons, en juin dernier, ne lui avait laissé à peu près aucune chance. Bordel… J’étais à deux doigts de ricaner car un type que j’avais déjà vu quelque part (mais où&amp;nbsp;?) venait tranquillement de sortir de la Toyota en s’abstenant, ostensiblement, de lorgner, ne serait-ce qu’une seule seconde, dans ma direction. La blonde avait ébauché un drôle de sourire et j’en ai profité pour avaler une gorgée de bourbon et pour attraper la &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/07/rvant-ditalies-de-toscanes-dombries-de.html"&gt;carabine&lt;/a&gt; que j’avais, par chance, déposée là, sur le fauteuil, la veille au soir. Je me sentais presque calme. Le type s’est approché de la jeune femme et l’a serré maladroitement dans ses bras. Je ne dirais pas que c’était émouvant mais je me suis surpris à l’envier. C’est drôle comme on en viendrait à croire, pour peu qu’on en oublie l’essentiel, oui, c’est drôle comme on en viendrait à croire, parfois, à l’étrange et pénétrante beauté du monde.&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-6071008809014194338?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/6071008809014194338'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/6071008809014194338'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2009/03/ils-ne-lemporteront-pas-au-paradis.html' title='Ils ne l’emporteront pas au paradis !'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SbPPPKjVxoI/AAAAAAAAAL4/0EBg5LXagDY/s72-c/IMG_0057.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-1505321686787437403</id><published>2009-03-02T08:23:00.008+01:00</published><updated>2010-10-09T22:31:15.130+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Paul'/><title type='text'>Confidence pour confidence</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SauKyzVXyHI/AAAAAAAAALw/8UMQAgOBagE/s1600/PhB000322.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img alt="" border="0" height="400" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5308489191164201074" src="http://4.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SauKyzVXyHI/AAAAAAAAALw/8UMQAgOBagE/s400/PhB000322.jpg" style="margin-top: 0pt;" width="356" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText" style="line-height: normal; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText" style="line-height: normal; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText" style="line-height: normal; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText" style="line-height: normal; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt;Tout au long des pages interminables de son troisième et dernier &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/11/les-vrais-crivains-nont-plus-rien-dire.html"&gt;roman&lt;/a&gt;, le plus abouti à ce jour, tout de même, - «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;La Tectonique des âmes et des choses de l’esprit&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;» - Paul Flament n’a cesse de nous balancer dans les gencives, ligne après ligne, comme un tic de langage, que c’en est pénible à mourir, la joyeuse ambivalence des sentiments qu’il éprouve tant à l’égard de Maud, d’ailleurs, que de l’inénarrable Judith. Naturellement, il &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/08/hambourg-toujours.html"&gt;transpose&lt;/a&gt;. Sous sa plume, Maud parvient sans beaucoup de difficulté (on n’y voit que du feu&amp;nbsp;!) à se dissimuler sous une toute autre identité (celle de Maryse&amp;nbsp;?). Et pour Judith c’est, à peu de choses près, ce même procédé, grossier et terriblement répétitif, qu’il adopte. Paul Flament, pour peu qu’il se pique de littérature (encore que cette catégorie finisse par ne plus signifier grand chose, à l’heure d’internet et du grand n’importe quoi, comme on dit) semble prendre un malin plaisir à inverser les rôles, les caractères ou les personnages. Ou plutôt, non. Il brouille les pistes, à tour de bras, et, la plupart du temps, cet inexorable engourdissement de la cervelle lui suffit. Trois paragraphes, tout juste, après avoir vendu la mèche en avouant la vérité quant à son passé de toxicomane, le voilà, dans une envolée lyrique épouvantable attestant surtout d’une indéniable mégalomanie, le voilà, donc, qui cherche brusquement à noyer le poisson, s’amusant (visiblement) à agrémenter son texte d’une ribambelle d’aventures qu’il n’a, bien entendu, jamais vécu et ceci dans l’espoir malsain, un peu naïf, de pouvoir, ce faisant, éviter d’aborder d’autres anecdotes, autrement gênantes pour l’image qu’il entend donner de lui-même. D’ailleurs, Paul Flament se dépeint volontiers comme un personnage un peu marginal, voire malfaisant (ce qu’il n’est pas, j’en témoigne), trafiquant d’armes à l’occasion, ou quelque chose d’approchant (on ne sait jamais vraiment, dans ses romans, ce que le narrateur fabrique, ici ou là, du matin jusqu’au soir), et se décrit comme il peut, mais presque toujours dans la pire des situations, échoué à la terrasse d’un café, le chapeau de paille méchamment vissé sur la tête, se gardant bien de révéler que, dans la vie réelle, pour l’essentiel, ses revenus lui viennent, non d’une activité aussi romanesque et lucrative que celle du Paul-Henri de &lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;la Tectonique&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt; mais, plus ordinairement, hélas, d’un travail salarié, autrement routinier, activité qu’il exerce six jours sur sept et pour le compte du Quai d’Orsay ce qui, par parenthèse, l’oblige bon an mal an à &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/10/pessoa-dans-le-texte.html"&gt;voyager&lt;/a&gt; de part le monde trois ou quatre fois par mois, au moins. Il n’en peut plus&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-1505321686787437403?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/1505321686787437403'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/1505321686787437403'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2009/03/confidence-pour-confidence.html' title='Confidence pour confidence'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SauKyzVXyHI/AAAAAAAAALw/8UMQAgOBagE/s72-c/PhB000322.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-7336790333312379887</id><published>2009-02-22T17:47:00.010+01:00</published><updated>2010-10-09T19:21:36.392+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Charles'/><title type='text'>Led Zeppelin, un jour et pour toujours…</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SaGDG0_LzWI/AAAAAAAAALY/boRVFVjK9pc/s1600/PhB000131.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img alt="" border="0" height="400" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5305665989345267042" src="http://2.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SaGDG0_LzWI/AAAAAAAAALY/boRVFVjK9pc/s400/PhB000131.jpg" style="margin-top: 0pt;" width="373" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Il fallait voir, mon Dieu, comme elle avait été heureuse, ce jour-là&amp;nbsp;! Ce bonheur, même éphémère, valait bien de vivre tous les chagrins d’amour, les embarras de toutes sortes et les &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/09/je-ne-cesse-de-courir-au-fond.html"&gt;découragements&lt;/a&gt; à n’en plus finir que nous réserve la vie, non&amp;nbsp;? Longtemps après, une bonne vingtaine d’années plus tard, en fait, Carole se souviendrait encore, comme au premier jour, de l’espèce de vertige ahurissant qu’elle avait éprouvé quand elle avait compris (la fraction de seconde lui avait semblé durer une éternité) que son rêve était, &lt;span class="Apple-style-span" style="font-style: italic;"&gt;enfin&lt;/span&gt;, devenu réalité. Elle n’en était pas revenue, tout simplement, et avait écouté, sans parvenir à se lasser, une bonne cinquantaine de fois, au moins, le message assez désabusé et surtout particulièrement sibyllin, il faut bien le dire, qu’une voix lointaine, et terriblement masculine, à l’haleine épouvantable d’alcool frelaté et de tabac d’outre-tombe, s’était finalement résolue, dans un élan de brusque générosité envers elle, sans doute, à déposer, vite fait bien fait, sur le répondeur préhistorique qu’elle partageait avec une certaine Elodie, une colocataire terriblement dépressive qui ne vivait, alors, que d’amphétamines, de défonces approximatives et d’interminables &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2009/01/une-psychanalyse-russie.html"&gt;psychothérapies&lt;/a&gt; pseudo-analytiques. C’était donc vrai ce qu’elle pressentait, elle, Carole, depuis toujours, et plus précisément depuis qu’elle fréquentait, deux fois par semaine, les cours d’art dramatique de la rue Diderot&amp;nbsp;? Qu’il suffisait, &lt;span class="Apple-style-span" style="font-style: italic;"&gt;juste&lt;/span&gt;, de persévérer… Et de se présenter, à chaque audition, comme si le monde tout entier n’aspirait qu’à vous idolâtrer&amp;nbsp;? Le reste était affaire de chance, au fond. Le rôle que Yann Costard venait en quelques mots à peine audibles de lui proposer ne valait pas tripette. Et quant au téléfilm de merde où elle était censée déambuler dans le plus simple appareil, à trois reprises, en fait, il ne faisait guère de doute pour personne qu’il était difficile de dépasser, en sottise et en vulgarité, de tels sommets. Mais il ne fallait pas se tromper de direction&amp;nbsp;! L’essentiel n’était pas là… L’essentiel était qu’un succès en entraîne toujours un autre. Et qu’il faut bien tourner la première page avant d’inscrire son nom au générique d’œuvres plus sérieuses et plus fortes. Ce qu’Elodie n’avait pas jugé bon de contester. Vu qu’elle s’était contentée de quelques commentaires aigre-doux sur la moralité nécessairement douteuse du Yann Costard en question, puis s’était réfugiée dans sa chambre en claquant violemment la porte derrière elle, avant de balancer aux quatre coins de l’univers, et d’abord dans l’appartement de la rue des Lilas puis, au delà, dans l’immeuble de cinq étages qui abritait sa mauvaise humeur, suffisamment de décibels pour vous plaquer au sol en un instant et sans espoir aucun d’en réchapper. Sauf que le type du troisième, un certain Charles-Antoine Parmentier, qui aspirait, passé deux heures du mat, à un peu tranquillité, ne l’entendait guère de cette oreille et n’avait pas vraiment l’intention, cette nuit-là, d’accepter, une nouvelle fois, ce genre d’extravagance. Et qu’il n’avait donc pas tardé à rappliquer sur le palier sans prendre le temps de beaucoup se rhabiller. Et qu’il avait sonné comme un malade en s’égosillant plus que de raison pour prévenir qu’il allait devoir défoncer la cloison si les deux folles-dingues dont il ne supportait plus les excentricités, ne lui ouvraient pas la porte &lt;span class="Apple-style-span" style="font-style: italic;"&gt;im-mé-dia-te-ment&lt;/span&gt; ou, au maximum, dans les cinq secondes, pas plus, montre en main. Et voilà bien ce qui n’avait pas été franchement nécessaire&amp;nbsp;! Carole Michon, tout à son bonheur de jouer, sous peu, une apprentie boulangère mentalement assez limitée mais plutôt sensuelle sur les bords, dans les trois ou quatre prochains épisodes de «&amp;nbsp;Comme un lundi&amp;nbsp;», lui avait, instantanément, ouvert en grand la porte de l’appartement. En l’invitant, illico, à participer à la petite fête qu’elle entendait organiser avec son amie à cette occasion. Et &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/12/je-ny-crois-pas.html"&gt;Charles-Antoine Parmentier&lt;/a&gt; n’avait pu s’empêcher d’esquisser un léger, oui très léger, sourire de circonstance. Carole Michon avait lourdement insisté pour qu’il partage sur le champ la joie, immense, qui était la sienne. Et Charles-Antoine s’était aventuré d’un pas ou deux dans l’appartement. Elodie avait, alors, à peine, entrouvert la porte de sa chambre et aperçu un type, torse nu, plutôt beau mec, d’ailleurs, qui, manifestement, ne savait plus très bien quoi penser. C’est drôle, au fond, les rencontres&amp;nbsp;! Vous ne savez jamais ce qui change votre regard sur les êtres qui vous entourent… Il suffit, parfois, de presque rien pour que tout bascule. Et que l’espèce de salaud au visage bovin qui semble nicher quelque part au dessus de chez vous et sur lequel vous crachez votre venin dès que l’occasion se présente, vous apparaisse, soudain, comme quelqu’un d’éminemment désirable. Oui, dé-si-ra-ble… Carole Michon, qui ne tarderait guère à percer dans la carrière cinématographique, en raison d’un physique assez avantageux, il faut bien le dire, venait, à l’instant même d’en prendre conscience. Charles-Antoine Parmentier, quant à lui, commençait à réaliser que la musique de Led Zeppelin pouvait tout à fait vous embarquer beaucoup plus loin que vous ne l’imaginiez auparavant. Beaucoup, oui, &lt;span class="Apple-style-span" style="font-style: italic;"&gt;beaucoup&lt;/span&gt;, beaucoup plus loin... Si bien que le futur spécialiste européen du management des entreprises dont les travaux allaient bouleverser l’état des connaissances au début des années deux mille avait eu, à ce moment précis, l’intuition magnifique que sa vie venait de prendre, cette nuit-là, un virage à cent quatre vingt degrés, au moins, et un coup d’accélérateur, &lt;span class="Apple-style-span" style="font-style: italic;"&gt;bon sang&lt;/span&gt;, proprement prodigieux. Il ne croyait pas si bien dire&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 10pt;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-7336790333312379887?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/7336790333312379887'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/7336790333312379887'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2009/02/led-zeppelin-un-jour-et-pour-toujours.html' title='Led Zeppelin, un jour et pour toujours…'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SaGDG0_LzWI/AAAAAAAAALY/boRVFVjK9pc/s72-c/PhB000131.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-6764791372966711932</id><published>2009-01-18T16:29:00.009+01:00</published><updated>2010-10-09T22:35:16.397+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Judith'/><title type='text'>Une psychanalyse réussie ?</title><content type='html'>&lt;span style="font-family: &amp;quot;;"&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SXNPLF7kgEI/AAAAAAAAAK4/4FXnVFig3f0/s1600/PhB000423.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img alt="" border="0" height="281" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5292661039079653442" src="http://2.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SXNPLF7kgEI/AAAAAAAAAK4/4FXnVFig3f0/s400/PhB000423.jpg" style="margin-top: 0pt;" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Je commençais, sérieusement, à me dire que je ne pouvais plus, désormais, patienter une seconde de plus, incapable, encore une fois, d’attendre sagement mon tour, aspiré, à mon corps défendant, par la bousculade maussade et faussement bon enfant qui se pressait, tant bien que mal, pour accéder, fut-ce au prix d’une ultime suffocation, au comptoir nécessairement poisseux (comment pourrait-il en être autrement&amp;nbsp;?) d’une espèce de cafétéria terriblement approximative, perdue dans le dédale du troisième sous-sol de la zone de transit de l’aéroport de Mexico. J’étais, maintenant, à deux doigts de déclarer forfait, à deux doigts de renoncer à obtenir du serveur, un jeune chevelu qui arborait fièrement une effigie pisseuse du Ché en guise de tee-shirt et disparaissait régulièrement de mon champ de vision, qu’il daigne, ne serait-ce que par charité, recueillir mes dernières volontés, oui, à deux doigts de tout envoyer valdinguer, en vérité, et de tourner les talons sans délai, en exigeant seulement de la populace un corridor humanitaire me permettant de retrouver, vite fait, un semblant de sérénité, et un peu d’air frais, surtout. Sauf que ma voisine de gauche parvenait, au même instant, à entrevoir la fin du cauchemar et me proposait, dans la foulée, j’ignore pourquoi, de m’aider à me débrouiller dans l'embrouillamini des boissons, des formules avec ou sans jus de fruits, des petits desserts à la va comme je te pousse, des tapas qui vous laissent les yeux exorbités et le ventre salement affamé. Bon sang, je n’arrivais à rien… Comment avais-je pu, jusqu’alors, ne pas remarquer sa silhouette passablement empâtée et marquée par les années. Sauf qu’une fois confié au tee-shirt pisseux le détail de nos récriminations, elle avait, ni plus ni moins, entrepris de m’expliquer dans les moindres détails, autant aux autres qu’à moi, d’ailleurs, je vous l’assure, à la terre entière, même, le hasard improbable des circonstances qui me valaient de devoir supporter sa présence. «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Car ces congrès de psychanalystes, croyez-moi, sont beau-coup plus assommants que vous ne l’imaginez&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;...&amp;nbsp;» me dit-elle, cinq minutes plus tard, en exhibant, radieuse, ce qui ressemblait à s’y méprendre au sandwich dont elle m’avait vanté la belle allure. «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Si bien qu’après cela il était absolument hors question que je reste une journée de plus à leur tenir le crachoir, vous pensez… Je n’allais tout de même pas me prostituer pour eux, et aller jusqu’à me farcir une journée entière sur la filiation des structures du non-dit, comprenez vous&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;» avait-elle ajouté sans guère se soucier, manifestement, de ce qu’elle laissait soupçonner de son intimité en se plaquant contre moi, quasiment, comme elle le faisait, étrangement penchée à mon oreille, et me gratifiant, par la même occasion, d’un embarras de parfum vaguement velouté, sucré comme une friandise, fardé de fruits secs, de vanille peut-être, et de miel, mais qui allait pourtant se révéler, immédiatement, totalement incapable d’effacer la trace d’autres flagrances, plus troublantes encore, de proximités corporelles et de lointaines réminiscences. Car, à m’imposer ce vertige, je retrouvais doucement l’ivresse d’autres tourbillons et me revenaient à l’esprit, je n’en comprenais pas les raisons, les trois jours passés à Bologne, au milieu des années quatre-vingt, sous le vague prétexte d’un colloque de juristes organisé par la commission européenne, trois jours qui s’étaient soldés par pas mal d’engueulades, et d’intermittences charnelles, dans cette chambre d’hôtel qui donnait sur la place de la cathédrale et où &lt;/span&gt;&lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/08/nexagrons-rien.html"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Judith&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;, qui travaillait alors à réécrire sa thèse de médecine et que je venais juste de rencontrer, quelques jours plus tôt, à Paris, avait, non sans difficulté, finalement accepté de me rejoindre, parvenant in-extremis à fausser compagnie au &lt;/span&gt;&lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/08/on-ne-rigole-plus.html"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;chirurgien&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; à demi caractériel, et alcoolique, qu’elle devait, m’avait-elle confié, plus ou moins épouser quelques mois plus tard. «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Bon sang, &lt;/span&gt;&lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/08/rentrons-veux-tu.html"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Judith&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;…&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;» ai-je dit. «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;C’est moi, Paul-Henri&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;». Mais je ne pouvais plus arrêter ses commentaires, ses débordements, ses explications sans fin, ses juxtapositions incertaines, ses délires de détails pourtant définitivement inutiles, ses confidences qui n’en n’étaient pas, ses lèvres qui parlaient mais ne m’entendaient pas. C’était, un peu, comme si j’avais sombré mille fois dans mille océans lointains, peuplés de milles créatures &lt;/span&gt;&lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/07/rien-de-pire-que-cela.html"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;oubliées&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;.&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-6764791372966711932?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/6764791372966711932'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/6764791372966711932'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2009/01/une-psychanalyse-russie.html' title='Une psychanalyse réussie ?'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SXNPLF7kgEI/AAAAAAAAAK4/4FXnVFig3f0/s72-c/PhB000423.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-6638660347640394173</id><published>2009-01-08T22:05:00.008+01:00</published><updated>2010-10-10T11:20:45.085+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Jade'/><title type='text'>Fascination.</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SWZt8y7XntI/AAAAAAAAAKw/4SqA7va9lkc/s1600/PhB000137.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img alt="" border="0" height="300" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5289035703623589586" src="http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SWZt8y7XntI/AAAAAAAAAKw/4SqA7va9lkc/s400/PhB000137.jpg" style="margin-top: 0px;" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Fascination, comme toujours, pour le &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="apple-style-span"&gt;&lt;span style="font-family: Georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;désordre apparent, soigneusement entretenu, sans doute,&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; de l’appartement de &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/09/lt-soixante-seize.html"&gt;Jade&lt;/a&gt;, pour le jardin japonais, sur la gauche - histoire d’amuser la galerie -, le bureau d’autrefois, arrimé le long d’un mur dans un coin de la chambre interdite et qu’encombre une bousculade de livres entrouverts et de cahiers de toutes dimensions, la lumière d’une autre texture que celle qui m’habite, le soleil automnal qui s’invite, lascif, jusque sur les pages d’exercices, balbutiées de milles ratures, ornementées de biffures, de replis, agrémentées de l’envie de reprendre, de retourner sur ses pas, de redire ce qui n’a jamais été dit, et d’en finir, un jour, avec tout ça. Fascination, aussi, pour le lit toujours défait, les draps que personne ne semble espérer, la fuite sur les toits avec, en ligne de mire, les jardins de Miromesnil, la table bancale qui sert de décor à la tasse que l’on pose, et qui s’oublie, s’embarrasse de provisions, parfois, de quelques croissants que j’exhibe de retour de la pâtisserie voisine, les lithographies de Paul qui finissent, à force de répéter les mêmes insanités, par se fondre dans le paysage, disparaître tout à coup dans les craquelures des murs, s’affranchir de toute signification, s’émanciper du cadre étroit de leur territoire, contaminant, alors, les tentures et les coussins, le fauteuil espiègle aux accoudoirs de velours dont &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/08/surtout-ne-pas-penser.html"&gt;Jade&lt;/a&gt; n’imagine pas un seul instant pouvoir un jour se séparer et où je m’assoupis régulièrement, les miroirs qui s’obnubilent de son regard inquiet, de ses lèvres qui se disent, parfois, fatiguées de sourire, des horloges, surtout, qui n’égrènent jamais que le désir éperdu de suspendre, dans l’immobilité du temps, l’insouciance d’un &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/07/atmosphres.html"&gt;bonheur&lt;/a&gt; à peine entrouvert. &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-6638660347640394173?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/6638660347640394173'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/6638660347640394173'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2009/01/fascination.html' title='Fascination.'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SWZt8y7XntI/AAAAAAAAAKw/4SqA7va9lkc/s72-c/PhB000137.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-8690603394461160820</id><published>2009-01-03T22:13:00.005+01:00</published><updated>2010-10-09T22:02:37.741+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Frédéric'/><title type='text'>Je vous dis tout ?</title><content type='html'>&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SV_ZSZCRAJI/AAAAAAAAAKY/AMRFILGK_M0/s1600/PhB000433.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img alt="" border="0" height="281" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5287183397537513618" src="http://4.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SV_ZSZCRAJI/AAAAAAAAAKY/AMRFILGK_M0/s400/PhB000433.jpg" style="margin-top: 0pt;" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt;Plus encore que de &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/07/le-monde-en-apesanteur.html"&gt;l’accident&lt;/a&gt;, ou même de ses terribles conséquences physiques, le nouveau roman de Frédéric Flament parlerait de l’inévitable renaissance que porte en elle, en germe, toute catastrophe qu’elle survienne à l’échelle d’un individu, d’un peuple, ou même d’une civilisation… Il en avait rédigé la plus grande partie, huit cent mille caractères et des poussières, en moins de deux mois, à Chambérat, tout près de Montluçon dans la maison de campagne, plutôt confortable d’ailleurs, de son éditeur de toujours, l’inénarrable Jean-René Delafosse qui lui en avait prêté les clefs dans l’espoir, non dépourvu d’intérêt il faut bien le dire, que cet exil volontaire, loin de Paris et des sollicitations inopportunes des uns et des autres, le réconcilie &lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;enfin&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt; avec l’envie d’écrire quelque chose. N’importe quoi, mais &lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;quelque chose&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt;, bordel, lui avait-il glissé à l’oreille en même temps qu’il posait le trousseau sur la table basse du salon&amp;nbsp;! Et le charme avait opéré. Passés les premiers jours durant lesquels il avait, tout de même, fallu s’acclimater à la vie provinciale ce qui avait consisté, en premier lieu, à s’infuser quelques politesses de principe venues du voisinage toujours prompt, pourtant, à vous casser du sucre sur le dos et à vous glisser des peaux de bananes dans les pattes, on connaît ça, et, en second lieu, dans la foulée, à organiser jusque dans les moindres détails les approvisionnements de victuailles et de divers produits de première nécessité, une fois le frigo sur les rails, donc, Frédéric Flament avait &lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;brusquement&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt; senti, en lui, monter le désir de reprendre la plume. L’expression pourrait d’ailleurs sembler particulièrement malheureuse dans son cas, ou faire sourire, c’est selon, puisque, précisément, il était, à cette époque-là, dans l’incapacité la plus totale de se servir de sa main droite, ou même de sa main gauche, pour tenir quoique ce soit un peu efficacement à commencer par le très luxueux stylo plume que lui avait offert Jean-René Delafosse, neuf ans plus tôt, au cours d’un mémorable dîner à deux pas des champs élyséens, à l’occasion de la sortie de &lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Trois jours sans histoires&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt; dont les ventes en grandes surfaces avaient rapidement dépassé, je n’invente rien, les cinquante mille exemplaires. Ce souvenir là - ce souvenir des jours &lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;heureux -&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt; avait, maintenant, hélas, à peu près complètement disparu de la surface de la terre, évaporé quelque part dans les circonvolutions cérébrales de Frédéric Flament, même si le trophée, qui témoignait pourtant de sa réalité, trônait toujours bien en évidence sur le bureau, mais sans être jamais plus ravitaillé de la moindre cartouche bleu outremer qui l’avait, autrefois, nourri quotidiennement. De quoi en être &lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;légèrement&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt; contrarié sur les bords, on le comprend. Cette contrariété était, d’ailleurs, régulièrement au centre de la toute première question que lui posait son interlocuteur, inévitablement, une fois expédiées les présentations d’usage. Et Frédéric Flament, qui ne souhaitait pas s’appesantir sur les difficultés et avait à cœur d’offrir, à tous ceux qui l’approchaient, une vision &lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;positive&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt; de lui-même, se tortillait alors comme un dingue sur son fauteuil au siège rembourré, histoire de faire comprendre, en joignant le geste à la parole, qu’il pouvait &lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;tout de même&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt; se servir encore de ses mains pour actionner les roues et avancer ou reculer comme il l’entendait. Habituellement il donnait, dans le même temps, deux ou trois vigoureuses impulsions dans le caoutchouc et grommelait entre ses dents quatre ou cinq mots à peu près incompréhensibles et totalement baveux qu’il accompagnait d’un sourire à peine forcé. Et quant à écrire… Écrire&amp;nbsp;? Il se tournait, radieux, vers Julie Bergerac qui se tenait en permanence debout, un peu en retrait de lui, généralement silencieuse et comme perdue dans un monde mystérieux qui l’absorbait entièrement et la rendait étrangement pensive et lointaine. Car il y avait, incontestablement, un «&amp;nbsp;mystère Julie Bergerac&amp;nbsp;». La jeune fille, qui terminait ses études d’aide soignante et se relevait avec difficulté d’une histoire d’amour assez compliquée où l’une de ses amies d’enfance avait joué le rôle principal, avait été engagée par Jean-René Delafosse, lui même, pour aider Frédéric Flament dans ses activités quotidiennes. C’est elle, donc, qui se fadait les courses au supermarché de Montluçon. C’est elle aussi qui tartinait de beurre et de confiture de groseille leurs biscottes du petit déjeuner. Et c’est encore elle qui débarrassait la table sans jamais rechigner et vous expédiait les miettes, en moins de temps qu’il ne fallait pour le dire, sur le rebord de la fenêtre de la cuisine dans l’espoir qu’un merle s’en saisisse sous ses yeux une ou deux heures plus tard. Et c’était toujours elle qui subvenait à d’autres besoins, légèrement plus intimes sur les bords, dès lors qu’il s’agissait de coloniser la salle de bains et ses annexes, si vous voyez ce que je veux dire. Mais le mystère n’était pas celui là, encore qu’on puisse, à juste titre, se demander si le salaire, modeste, qui lui était versé justifiait, de la part d’une personne assez sexy de moins de vingt cinq ans, de se dévouer, comme elle le faisait, pour un triste énergumène de cinquante balais aux trois quarts handicapé. Non, le vrai mystère était &lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;ailleurs&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt;. Il résidait dans le fait qu’elle parvenait, comme personne, à &lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;comprendre&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt; vraiment l’énergumène en question. Elle devinait ses paroles avant même qu’il ne les prononce et se contentait, souvent, avant d’hocher la tête en signe d’assentiment, d’un vague mouvement des lèvres qu’accompagnait, parfois, un son difficilement identifiable pour le commun des mortels. Au point qu’elle parvenait, bon an mal an, à transcrire, sur ordinateur, ce que Frédéric Flament lui dictait, même si ce dernier terme pourrait, légitimement, paraître quelque peu &lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;abusif&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt; aux yeux de certains. Mais, en vérité, il ne fait guère de doute que &lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;quelque chose&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt; semblait advenir de l’improbable complicité qui était devenue la leur. C’était, chaque matin, à peu près le même rituel qui s’accomplissait. Une fois la toilette terminée, et les tartines beurrées et soigneusement confiturées englouties sans coup férir au rythme des flashs de France-Info, Frédéric Flament, à grands renforts de grognements satisfaits, propulsait son fauteuil en direction de la terrasse, par chance très souvent ensoleillée en ce début de printemps et dominant avantageusement la vallée du Cher au point d’avoir, quelques années plus tôt, suscité quelques jalousies imméritées de la part de certains voisins, lesquelles s’étaient même matérialisées sous la forme de courriers anonymes adressées à divers correspondants et mentionnant l’absence de toute autorisation administrative pour construire quelque chose d’aussi laid et d’aussi visible de la route que cette verrue grotesque, et massive, d’au moins cinquante mètres carrés, et que c’était une honte pour le village d’avoir laissé faire une chose pareille, surtout par un étranger au pays, par un parisien de surcroît, encore que ce soit par n’importe qui d’autre, c’eût été pareil, d’ailleurs. Peut-être. La polémique avait pas mal enflé, à l’époque, avant de s’apaiser gentiment quelques mois plus tard, au prix, il est vrai, de quelques compensations financières pour la commune qui avait fini par tirer un trait sur tout cela et tolérer l’intolérable, à savoir la verrue grotesque bâtie sans autorisation et sur laquelle Frédéric Flament, plus tard, avait pour habitude de se ressourcer tous les matins, humant profondément l’air de la campagne, s’éblouissant du soleil toujours renouvelé que masquait, parfois, l’ombre gigantesque d’un nuage, et s’amusant comme un gamin du piaillement impatient des oiseaux qui se disputaient les miettes de leur déjeuner, ou même ponctuant de commentaires assommants, heureusement inaudibles, les bourrasques de vent qui montaient en rangs serrés de la vallée, puis affrontaient sans faiblir les interstices des volets, les milles et une ferrailles brinquebalantes suspendues par les enfants Delafosse aux quatre coins de la terrasse, et puis, enfin, comme si cela ne suffisait pas, les branches teigneuses du cerisier qui prolongeait, de sa silhouette japonisante, la fragile structure d’une véranda. C’est alors, immanquablement, que Julie Bergerac rappliquait, une fois rangés les reliefs de leurs agapes matinales, les bols copieusement aspergés de produit à vaisselle, puis rincés à grande eau avant d’être abandonnés à leur sort, sur la paillasse. Non, Julie Bergerac ne tardait guère. Et, en un geste à la fois amical et rassurant, posait, sans un mot, sa main droite assez lascive sur l’épaule encore douloureuse, hélas, de Frédéric Flament. Voilà comment, pour eux, commençait, réellement, la journée&amp;nbsp;: par de longues minutes d’immobilité et de contemplation, comme un hymne muet à la nature qui nourrissait leur désir de renaître à eux même. Et puis, au signal (un mouvement presque imperceptible d’impatience de l’épaule affreusement enraidie de Frédéric Flament), Julie Bergerac tournait immédiatement les talons. Et le fauteuil prenait alors le chemin du retour, et s’installait dans ce qui faisait office de bureau, une pièce plutôt sombre aménagée sans beaucoup de goût, mais qui avait pour avantage d’être équipée d’un Mac et tapissée de quelques étagères où divers ouvrages, obtenus gratuitement la plupart du temps par le service de presse d’un quotidien du soir où Jean-René Delafosse avait ses entrées, avaient été laissés en évidence donnant l’illusion d’un semblant de vie sociale un peu élaborée. Oui, c’est là qu’ils s’installaient alors, Julie Bergerac lançant immédiatement l’ordinateur, qui ronronnait doucement, sur la trace des précédents enregistrements et Frédéric Flament, lui, se plaçant juste derrière elle, la bouche à moitié édentée de l’écrivain s’approchant à moins de vingt centimètres de l’oreille de la jeune fille. La suite n’appartient qu’à eux, au fond. Simplement, Julie Bergerac commençait, assez rapidement, à taper quelques mots. Ce à quoi Frédéric Flament répondait en lui soufflant à mi-voix d’autres idées. Et ces idées se faisaient chair, se faisaient images et se mêlaient immanquablement au texte initial. Et ce texte hybride et confus, à ce stade, entraînait, alors, à sa suite d’autres phrases, survolait l’horizon à la vitesse de la lumière, se contorsionnait à l’excès, s’embrasait d’arcs-en-ciel inconnus, s’affranchissait de la pesanteur du sens, s’irradiait, s’obnubilait de lui-même, s’éternisait, se dissolvait ici pour se reconstituer là bas. Bordel que c’était bon&amp;nbsp;! Et plus les jours passaient, et plus ce qui s’inventait ressemblait à s’y méprendre à un &lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;roman&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt;. Plus fluide encore que tous les romans jamais écrits par Frédéric Flament. Un ton nouveau, plus personnel diraient les critiques, plus novateur… «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Génial&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;», avait simplement dit Jean-René Delafosse en en découvrant les premières pages quand, un week-end, il avait fait l’aller et retour depuis Paris histoire de s’assurer que «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;son ami de toujours&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt;» et «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;son adorable assistante&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;» ne manquaient vraiment de rien. C’était le cas, au fond. Ni l’un ni l’autre ne manquaient de rien. C’est si rare&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Georgia;"&gt;&lt;span style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-8690603394461160820?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/8690603394461160820'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/8690603394461160820'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2009/01/je-vous-dis-tout.html' title='Je vous dis tout ?'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SV_ZSZCRAJI/AAAAAAAAAKY/AMRFILGK_M0/s72-c/PhB000433.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-8392339338293160370</id><published>2008-12-28T23:39:00.005+01:00</published><updated>2010-10-09T22:21:26.776+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Violaine'/><title type='text'>Quelques éclairs dans le ciel d’Houlgate</title><content type='html'>&lt;span style="font-family: Georgia;"&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SVgBON_QjHI/AAAAAAAAAKA/6sXPXksfEvw/s1600/PhB000308.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img alt="" border="0" height="400" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5284975506504060018" src="http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SVgBON_QjHI/AAAAAAAAAKA/6sXPXksfEvw/s400/PhB000308.jpg" style="margin-top: 0pt;" width="368" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Parfois, il arrivait qu’on les &lt;/span&gt;&lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/08/hambourg-toujours.html"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;confonde&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;, ou qu’on les prenne pour des sœurs, ou que l’on dise brusquement une chose &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;à l’une&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;, tout en pensant le dire &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;à l’autre&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;. C’était &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;cela&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; qui était le plus drôle&amp;nbsp;! Que Marion, la bouche en cœur, réponde à la question qui leur était posée &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;à toutes les deux&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;, tout en feignant accessoirement de ne pas être celle que l’on croyait. Ou l’inverse, tout autant, naturellement&amp;nbsp;! A force, d’ailleurs, il arrivait &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;aussi&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; qu’elles finissent elles-même par perdre le fil de leurs constructions imaginaires en ne sachant plus très bien, soudain, si cette étrange complicité relevait d’un choix délibéré, teinté de malice, ou bien d’un vertige plus profond dont la signification, au fond, leur échapperait toujours, plus ou moins. Bien des années plus tard, certains souvenirs apparaissent étrangement douloureux, n’est ce pas&amp;nbsp;? A peine adolescentes, elles avaient, ainsi, passé l’été 86 tout près d’Houlgate, dans la vaste villa de la famille Parmentier où Marion, à force d’y accompagner Violaine tous les week-end de printemps, avait fini par se voir attribuer une chambre &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;à elle&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; dont la fenêtre, aux multiples battants, donnait &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;elle aussi&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; sur la plage, l’étendue languissante de la mer, les forfanteries du soleil, le soir, qui sombrait sur l’horizon en déclamant des vocalises de pourpre, et de rose, que c’en était lassant. C’est cette année-là, précisément durant ces courtes semaines de vacances, qu’elles avaient appris à ânonner ce langage qui leur deviendrait commun… Lequel consistait, d’abord, à ne rien répondre au type quand l’un quelconque des maîtres nageurs qu’elles lorgnaient en gloussant (plus bronzé que moi tu meurs) s’approchait &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;un peu trop&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; de leur territoire en serviette éponge, jurant soudain ses grands dieux qu’elles se ressemblaient comme deux gouttes d’eau. Car, à cet instant-là, précisément, le zozo commençait à mentir sérieusement en ajoutant qu’elles étaient, l’une comme l’autre, bien plus jolies que toutes celles qu’il avait croisées jusqu’à présent. Elles laissaient, alors, l’horrible personnage déblatérer ses inévitables sornettes en restant obstinément silencieuses, le doigt sur la bouche, feignant de se forcer à garder le secret. Ou bien, tout à l’opposé, elles se lançaient dans des explications extravagantes qui, la plupart du temps, n’amusaient pas bien longtemps leurs prétendants du moment. Marion, la plus déchaînée, affirmait avec sérieux appartenir à la famille royale d’Angleterre. Ou bien, mais plus rarement, c’était Violaine qui gagnait le gros lot et se disait la nièce du Prince de Monaco. Tout, plutôt que d’engager une conversation un peu sérieuse avec l’un de ces rigolos. Car ça ne traînait pas&amp;nbsp;! Elles tournaient ostensiblement le dos à l’importun, reprenaient aussitôt leurs babillages et s’emparaient du tube de crème solaire qu’elles gardaient toujours à leur portée, et s’en badigeonnaient copieusement les épaules, et le creux des reins, et jusqu’à devoir soulever la bretelle du soutien gorge. Et s’affaler sur le sable en poussant divers soupirs de satisfaction. Les vagues pouvaient bien grimper à l’assaut de la dernière bande de territoire encore vierge, elles n’en avaient cure. La vie aurait toujours le même goût. Rien n’existait que leur empressement à ne rien faire. Ce fut Marion qui, la première, succomba à un début de collaboration avec l’ennemi. Un garçon, qui se prénommait Patrick, s’était assis, avec autorité, à côté d’elle, en observant le plus discrètement possible Violaine qui somnolait à plat ventre à deux mètres de là. Marion avait fini par se laisser entraîner dans ce qui n’était pas encore une conversation en bonne et due forme mais qui, tout de même, en prenait le chemin à toute allure. Non, &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;l’autre fille&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;, comme il disait, n’était ni sa sœur ni sa cousine ni rien d’approchant mais une amie, qui fréquentait, comme elle, le collège de Montmorency. Et alors&amp;nbsp;? Alors, le dénommé Patrick s’était cru autorisé à se servir de ce début de confidence pour dévoiler, en retour, certains détails, supposés particulièrement pittoresques, sans doute, de sa pourtant très courte biographie. Il était hébergé chez ses patrons, voyez-vous, un couple de restaurateurs du genre assez détestable, qui vous criait dessus du matin jusqu’au soir, vous traitait de fainéant à tout propos, et vous malmenait à la moindre occasion. Voilà ce qu’il avait à dire&amp;nbsp;! Puis il s’était ravisé et, surtout, avait annoncé, ni une ni deux, qu’il se proposait de les accompagner, illico, jusqu’à la villa des Parmentier. Et même de les retrouver sur le coup de vingt et une heures, aux alentours du quai, histoire de leur tenir compagnie au moment des pétards et quand le feu d’artifice allait brusquer le tintamarre noctambule. «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Car c’est ce soir que tout se déchaîne&amp;nbsp;!&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;» avait-il fait en mimant les fusées explosant dans le ciel et, accessoirement, tirant alors Violaine de sa somnolence. Laquelle s’était tournée vers lui en dévoilant la presque totalité de son sein qu’il avait fallu rattraper in-extremis, en pouffant. Mais quant à recruter un garde du corps aussi insignifiant que ce jeune mec, ça non, il n’en n’était nullement question, voilà ce que Violaine avait laissé entendre à Marion en soupirant. L’apprenti charcutier s’était vaguement débattu, avait insisté comme un malheureux en réalisant, d’ailleurs, que la deuxième jeune fille (celle qui dormait) était autrement plus sexy que la beauté à qui il s’était adressé en lui demandant l’heure. Mais ni la plus sexy ni la plus moche, ne s’étaient laissé fléchir, voilà la vérité. Elles en avaient juste profité pour plier leur serviette guettant du coin de l’œil le ciel qui se couvrait à demi&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-8392339338293160370?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/8392339338293160370'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/8392339338293160370'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/12/quelques-clairs-dans-le-ciel-dhoulgate.html' title='Quelques éclairs dans le ciel d’Houlgate'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SVgBON_QjHI/AAAAAAAAAKA/6sXPXksfEvw/s72-c/PhB000308.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-2706460270672117917</id><published>2008-12-10T23:05:00.012+01:00</published><updated>2010-10-09T22:41:48.438+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Maud'/><title type='text'>En langue étrangère !</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SUA_Y0-1AjI/AAAAAAAAAJ4/bEYZqSSCFIo/s1600/PhB000186.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img alt="" border="0" height="300" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5278288459049796146" src="http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SUA_Y0-1AjI/AAAAAAAAAJ4/bEYZqSSCFIo/s400/PhB000186.jpg" style="margin-top: 0px;" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; line-height: normal; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;C&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;ar, lassée des mouettes qui s’acclimatent aux touristes, zèbrent l’horizon et s’arrangent, espiègles, pour vous iriser le ciel de silencieux alphabets, Maud avait brusquement délaissée, pour obliquer sur la gauche, les clapotis de &lt;/span&gt;&lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/08/surtout-ne-pas-penser.html"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;gondoles&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; esseulées que chérissait le canal censé, si du moins les conseils du jeune garçon étaient avisés, lui permettre de retrouver Charles-Antoine &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;au plus tôt&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;. Évitant, par la même occasion, de croiser le carnaval endimanché de nouvelles communiantes qui venaient à sa rencontre en ricanant de concert, elle avait un peu hésité, tout de même, trois ou quatre bifurcations plus loin, avant de retourner sur ses pas, puis de traverser une place minuscule qu’occupait, en son centre, un bouquet d’arbres au feuillage exubérant, mystérieusement peuplé de piaillements et de vocalises que son approche avait laissé indifférents. C’était trop bête, n’est ce pas ? Elle commençait, cette fois, en effet, à s’inquiéter sérieusement. A ne plus savoir où aller, ni même où elle était. Se pouvait-il que le monde se délite &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;aussi vite&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; ? Elle avait marché encore un peu, pressant le pas, espérant, en s’étourdissant davantage, chasser de son esprit l’angoisse qui venait d’y germer. Une vieille femme, qui semblait à peine comprendre le français, parvint à lui expliquer que le mieux était nécessairement de reprendre le quai principal, qu’elle apercevait, oui, là, un peu plus loin. Mais comment s’assurer de la véracité de propos qui avaient été proférés avec une telle assurance qu’il était rigoureusement impossible de les prendre, tels quels, pour argent comptant. Certes, la vieille femme avait longuement étudié le plan détaillé que Maud avait accepté, en désespoir de cause, de lui glisser dans les mains. Sauf que cela ne prouvait rien. Cette sorcière pouvait très bien avoir répondu n’importe quoi, juste histoire de ne pas perdre la face devant une étrangère, visiblement assez désemparée. Et puis, on ne pouvait exclure que l’incompréhension vienne de Maud et non de cette demi-folle… Tout cela était sans espoir. Maud s’était dit, à ce moment-là, que Charles-Antoine ne lui pardonnerait sans doute jamais de s’être égarée à ce point. Surtout ce jour-là. Et, d’ailleurs, personne au monde n’aurait la faiblesse de la croire sur parole. Elle commençait sérieusement à s’essouffler, parvint, non sans peine, à maîtriser un semblant de vertige, remercia vivement la bohémienne (à la réflexion, &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;oui&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;, elle avait à faire à &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;une bohémienne&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;) et voulut s’engager sous un passage qu’elle crut reconnaître pour s’y être déjà faufilée, quelques jours plus tôt, en compagnie de Jade, quand elles avaient décidé toutes les deux, bras dessus bras dessous, d’explorer le quartier des pécheurs, histoire de s’exploser la rétine d’images qu’elles entendaient bien numériser à tour de bras avant de pouvoir les balancer aux quatre coins de l’univers à savoir sur le blog, à vocation vaguement littéraire, que tenait Jade depuis maintenant plusieurs mois. Sauf que le passage en question donnait, en réalité, sur une cour pavée, certes particulièrement charmante mais sans aucune issue sur un quelconque canal. Adossé à l’une des fontaines que l’on découvrait en s’avançant un peu, un couple d’une extrême beauté, en vérité, était enlacé et se caressait mutuellement de manière très sensuelle et sans gêne d’aucune sorte, comme s’ils n’imaginaient pas pouvoir être, un tant soit peu, dérangés dans leur activité. Maud avait déjà vu la jeune femme quelque part, elle s’en souvenait parfaitement maintenant. C’était trois ou quatre jours plus tôt quand, avec Charles Antoine, ils avaient déambulé dans le Dorsoduro toute la matinée et qu’ils avaient profité de l’absence de Jade, mine de rien pour bavarder &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;un peu sérieusement&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; et régler les derniers détails de la cérémonie. La jeune fille que Maud retrouvait là, était une &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;très très&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; jeune fille, en fait &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;à peine&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/07/la-route-de-vesoul.html"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;une adolescente&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;, et sa tenue débraillée, tout à fait arrogante, les avait alors choqués tous les deux. Et plus encore, d’ailleurs, le fait qu’elle semblait prendre un malin plaisir à éveiller les ardeurs masculines qu’elle tenait alors effrontément à distance en distillant avec beaucoup d’audace ses propres commentaires et ses sarcasmes quand un garçon, un peu plus entreprenant que la moyenne, se risquait à lui faire un quelconque compliment. Mais pourquoi, d’ailleurs, ce comportement les avait-il choqués à ce point ? Maud se le demandait soudain, tout en se dirigeant de manière résolue vers le jeune couple qu’elle imaginait pouvoir facilement solliciter pour l’aider à retrouver son chemin. Autour d’elle, c’était comme un bégaiement de façades roses, ocres, rapiécées, jaunes et bigarrées, théâtre improvisé de murs fatigués, affligés d’un eczéma de couleurs perdues, de varices électriques, de crevasses protéiformes mettant à nu des briques de sang aux angles définitivement décomposés. Soudain la jeune fille dut sentir sa présence car elle se redressa brusquement. Maud n’avait jamais croisé un tel regard. Empli d’effroi et de bonheur tout à la fois. Elle crut que le monde s’était, à son insu, retourné comme un gant. Et qu’il n’y avait, désormais, entre les êtres, plus aucune place pour les mots. Elle aperçut aussi la poitrine de la fille, totalement dénudée, extravagante de beauté, et que le garçon continuait à caresser maladroitement. Il y eut alors, quelque part, un vol erratique d’hirondelles, un soupçon d’étourneaux au dessus de leurs têtes, comme autant de poussières d’obscurité jetées à la face du soleil. Maud devenait folle, voilà ce qu’il faudrait sans doute en conclure !&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-2706460270672117917?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/2706460270672117917'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/2706460270672117917'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/12/une-langue-trangre.html' title='En langue étrangère !'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SUA_Y0-1AjI/AAAAAAAAAJ4/bEYZqSSCFIo/s72-c/PhB000186.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-3935285832402524968</id><published>2008-12-04T10:37:00.005+01:00</published><updated>2010-10-09T19:23:28.905+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Charles'/><title type='text'>Je n’y crois pas…</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/STemGpe37YI/AAAAAAAAAJw/63pUq0H6JY4/s1600/PhB000317.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img alt="" border="0" height="400" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5275868121632599426" src="http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/STemGpe37YI/AAAAAAAAAJw/63pUq0H6JY4/s400/PhB000317.jpg" style="margin-top: 0pt;" width="319" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Dès qu’ils commençaient à virer sur la gauche, au fond du stade, ni l’un ni l’autre n’ouvraient plus la bouche pour parler. Ils économisaient leur souffle. Pour garder le rythme qu’ils s’étaient fixés. Et avancer, à petites enjambées, dans le brouillard dominical. Un peu froid. D'où émergeaient, çà et là, les fantômes silencieux de grands immeubles transparents, quelques cyprès, les bâtiments trapus, vaguement vitrés sur le côté, de la piscine municipale. Et, plus loin, le domaine grillagé des joueurs de tennis. Charles-Antoine et Jérôme orchestraient alors leur respiration avec beaucoup d’application, ne serait-ce que pour éviter de perdre pied. Et pour se tenir immobiles dans l'effort. Et pour parvenir à ne penser à rien d'autre qu'à ce métronome intérieur qui les amenait, parfois, à relever un nouveau défi en cherchant à gagner quelques secondes encore, quelques secondes de plus sur l’impitoyable sanction du chronomètre. De temps à autre Charles-Antoine tournait furtivement la tête sur le côté pour s’assurer que Jérôme était toujours là, dans l’illusion de ne former qu’un seul corps, progressant à bonne allure, du moins pour les quadragénaires qu’ils étaient. Plutôt du genre sédentaire. Le reste de la semaine. De temps à autre c'était Jérôme qui tournait la tête. Lui aussi, juste histoire de se remémorer la règle à laquelle, sous aucun prétexte, ils ne devaient, ni l’un ni l’autre, déroger et qui consistait à couvrir cinq tours de stade en moins de quarante minutes. Ce qui revenait à passer cinq fois devant les gradins. Cinq fois devant les tennis. Cinq fois devant la piscine, quoiqu'il arrive, et sans se poser la moindre question, et sans chercher à négocier avec soi-même. Vous n’imaginez pas… Plus tard, mais seulement plus tard, viendraient, une fois encore, les commentaires et les bravades, les gémissements organiques, les auréoles de sueur jusqu’au milieu du dos, les cheveux définitivement en bataille, la serviette éponge négligemment jetée sur l'épaule, le sentiment aérien de s'être, un temps, détaché de la pesanteur du monde, de glisser dans l'azur du ciel, sans attache, le silence nuageux, aussi, parfois, quand il fallait ranger ses petites affaires, plier son T-shirt et finir, sans trop se préoccuper de leur devenir, par fourrer les tennis, les chaussettes, le reste et divers autres accessoires quelque part au fond du sac. C'était selon. Ensuite, il arrivait régulièrement qu’ils prolongent leur pénitence hebdomadaire par une escale de réconfort au bar des Amis, juste en face du stade, sur l’avenue bordée de tilleuls, dans une effervescence matinale de turfistes nicotinés, de solitaires irréductibles, de soiffards professionnels, d'errances douloureuses, et masculines, à l’abri du giron matrimonial, de visages toujours occasionnels mais identiques à eux-mêmes, comme un kaléidoscope vertigineux de toute la misère affective du quartier et jusqu’à plusieurs kilomètres à la ronde. Et c'est là, dans ce brouhaha vaguement nauséeux, qu’un dimanche matin légèrement pluvieux, Charles-Antoine avait fini par cracher le morceau. Violaine, ni plus ni moins, demandait le divorce. Voilà qui était rigoureusement exact. Mais il n’avait pas envie d’en dire plus. Du moins pas maintenant. On le comprend&amp;nbsp;&lt;/span&gt;!&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-3935285832402524968?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/3935285832402524968'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/3935285832402524968'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/12/je-ny-crois-pas.html' title='Je n’y crois pas…'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/STemGpe37YI/AAAAAAAAAJw/63pUq0H6JY4/s72-c/PhB000317.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-5455032729605158376</id><published>2008-12-03T15:46:00.006+01:00</published><updated>2010-10-09T22:22:24.962+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Violaine'/><title type='text'>Légèrement dérangeant, si vous voyez ce que je veux dire…</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/STaduaWabmI/AAAAAAAAAJo/LeNHsX9R8uQ/s1600/PhB000133.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img alt="" border="0" height="400" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5275577434183986786" src="http://4.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/STaduaWabmI/AAAAAAAAAJo/LeNHsX9R8uQ/s400/PhB000133.jpg" style="margin-top: 0pt;" width="238" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Parfois Violaine Parmentier en était presque à se décourager. Mais parfois aussi, tout de même, elle finissait par oublier et pouvait, alors, rire de bon cœur, vraiment, quand Valérie Faucon, nonchalante comme pas deux et mollement accoudée au bar de la cafétéria, lui rapportait, en gloussant, une nouvelle facétie d’Antoine qui, décidément, du haut de ses quatre ans et demi, semblait tirer tous les avantages possibles de son statut de benjamin. «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Tu n’imagines pas comme il est drôle&amp;nbsp;!&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;». Parfois, même, il arrivait qu’elle s’enthousiasme, bien au delà du raisonnable - elle le savait -, s’enivrant de bières dont la saveur lui importait peu quand, acceptant pour une fois de délaisser sa tristesse, elle découvrait, blottie au deuxième rang, à savoir toujours entre Jérôme et Sophie, les vertiges musicaux, si justes au fond, d’un groupe de musiciens à l’allure baroque, tendance métal ou hard rock selon les options et qui se produisait quelque part ailleurs de Paris, dans l’arrière salle improbable d’un restaurant d’une lointaine banlieue. Parfois c’était, brusquement, comme si plus rien ne comptait quand elle parvenait, ce qui n’était pas si fréquent, à tenir &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;au moins&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; quatre longueurs sans devoir reprendre sa respiration sur le bord du bassin de la piscine qu’elle fréquentait avec assiduité le jeudi après-midi. C’était le même sentiment d’absence à elle-même, d’ailleurs, qui l’emportait quand elle s’attardait &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;un peu trop&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; après le cours qu’elle donnait aux étudiants de deuxième année, et qu’elle poursuivait avec les uns ou les autres, en s’étourdissant de vaines argumentations, les échanges qu’ils avaient engagés une demi heure plus tôt. «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Je ne crois pas, voyez-vous, que l’on puisse dire de la Marie-Madeleine du Titien qu’elle s’apparente à la tradition réaliste de la peinture vénitienne… C’est un peu plus compliqué que cela, si vous voyez ce que je veux dire&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;». Parfois - j’en témoigne - c’était comme si la vie pouvait d’une minute à l’autre redevenir soudain très simple, très belle, très insouciante. C’est à peu près ce qu’elle éprouvait quand elle retrouvait Sophie Michon, le samedi après midi, dans son magasin du onzième et qu’entre deux clientes, elles papotaient toutes les deux, des heures durant, comme elles l’avaient toujours fait, au fond, et qu’alors toutes les sottises d’autrefois leur revenaient à l’esprit, sans même parler de celles beaucoup plus récentes qu’elles avaient partagées, en Grèce, quelques mois plus tôt, quand Jérôme était aux États-Unis pour son séminaire sur Heidegger et Charles-Antoine à s’occuper des enfants, quasiment en orbite stratosphérique, ou plutôt sur la côte normande, à quelques encablures de Bayeux pour être précis, dans cet hôtel aux allures de maison de campagne où la famille Parmentier au grand complet, selon un cérémonial à peu près immuable, se réunissait comme chaque année pour le week-end du quatorze juillet. Parfois encore Violaine se raisonnait et se disait qu’avec le temps elle y verrait plus clair.&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; Y voir plus clair&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; C’était l’expression qui revenait le plus souvent sur ses lèvres et qui consistait, en fait, à espérer secrètement que le léger dégoût que lui inspirait Charles-Antoine, de plus en plus souvent désormais, s’impose définitivement comme l’horizon indépassable de leur relation. Et voilà comment son humeur maussade parvenait à reprendre le dessus. Violaine se disait, alors, qu’il fallait sans trop tarder que cela cesse et qu’elle n’en pouvait plus de souffrir comme elle souffrait. Car elle souffrait, &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;n’est ce pas&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; C’était bien de la souffrance qu’elle éprouvait, &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;non&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; On ne pouvait donner d’autre nom à ce sentiment là… &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Je me trompe&amp;nbsp;? &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Non, sans doute pas, car le fait est qu’aucune issue ne semblait pouvoir se dégager. Or, c’était bien beau, bon sang, de répéter chaque semaine en pleurant au docteur Harvey que la vie qu’elle menait était un échec &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;sur toute la ligne&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;. Et que Charles-Antoine n’était &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;pas du tout&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; le genre d’homme qu’il lui convenait… Et qu’elle n’avait &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;pas du tout&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; compris ce qui s’était passé quand ils avaient commencé à sortir ensemble. Et qu’elle n’avait pas imaginé à quel point cet amour qu’elle éprouvait pour lui, cette passion, cette folie, pouvait un jour, brusquement, se déliter jusqu’à disparaître complètement. «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Et quel genre d’homme, justement, puisque vous en parlez, pourrait vous convenir, Violaine&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;» Elle avait vaguement relevé la tête en reprenant son souffle, posant sans y penser son mouchoir sur ses genoux. Jean-Paul Harvey, le regard perdu dans le feuillage du marronnier que le vent bousculait d’un balancement régulier, presque animal, caressait doucement son bureau comme s’il avait voulu encourager, d’un peu de tendresse, une confidence qui, sinon, n’avait à peu près aucune chance de lui être faite, du moins à ce moment précis. Et la suite avait été, pourrait-on dire, d’une grande intensité émotionnelle (pour tous les deux, sans doute). Violaine Parmentier, un instant déstabilisée par un jaillissement d’angoisse proprement inattendu, avait, évidemment, failli lui avouer quelque chose qu’elle ne pensait pas du tout, pourtant, à savoir un truc plutôt convenu, du style&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Quelqu’un comme vous, peut-être, docteur…&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;. Oui, en vérité, elle avait bien failli craquer &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;pour de bon&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; en lui balançant ce genre de fadaise, car c’eût été une manière élégante d’abréger ce qui lui tordait l’estomac depuis des lustres et d’expliquer, sans avoir à en dire plus, pourquoi, précisément, elle fondait en larmes sans arrêt quand, devant elle, on évoquait l’enfance heureuse qui avait été la sienne. Oui, c’eût été simple de se dissimuler une fois de plus sous les draps, &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;non&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; Quel mélange, mon Dieu, que tout cela… Car, en réalité, à la question posée par le docteur Harvey, ce n’était pas l’image du psychiatre quinquagénaire qu’elle consultait régulièrement, non, ce n’était pas cette image-là qui s’était immédiatement affichée sur sa rétine… C’était celle d’un certain Patrick Jouvin. Et pas n’importe quelle image, d’ailleurs. L’arrière plan était constitué d’une plage du Péloponnèse, celle où, un soir, le Patrick Jouvin en question, et elle, &lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;s’étaient attardés pour musarder, là, sur les galets que léchait à peine la transparence bleutée de la mer silencieuse, et que leurs mains somnolentes capturaient, pour les projeter toujours plus loin sur la surface miroitante et souriante de l'eau, oui, jusqu’à même pouvoir se mesurer aux murmures nacrés d’écumes et d’embruns auxquels consentait le peuple des vagues. Voilà pour l’arrière plan… Car sur la rétine de Violaine Parmentier, Patrick Jouvin surgissait à nouveau &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;tout au devant&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; de la scène, et répétait alors une fois de plus son discours assez décousu sur la permanence du ciel et l’éloignement des étoiles, du moins jusqu’à ce qui lui pose doucement la main sur la cuisse, tout en murmurant qu'il la désirait physiquement depuis la veille au soir, et aussi qu’elle représentait, pour lui, presque avec violence, la quintessence de toute féminité. Ce à quoi Violaine n'avait rien répondu. Ou, plutôt, rien voulu répondre. Du moins, pas directement. A la fois parce qu’elle n’osait rien dire qui puisse blesser l’amour-propre de celui qui venait de lui faire un tel aveu. Et aussi parce que tout, oui &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;tout&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;, lui semblait épouvantablement compliqué. Car, à ce moment là, il lui avait été rigoureusement impossible de trouver les mots qui expriment ce qu'elle ressentait vraiment. Et ce qu’elle ressentait s’apparentait surtout à une paralysie quasi complète du cerveau… Et puis, il faut l’avouer, elle avait eu un mal de chien à savoir, exactement, ce qu'il eût été convenable de dire en de telles circonstances. Et convenable de penser. Et convenable de faire. Ils avaient donc, ni plus ni moins, presque aussitôt, repris le chemin du village, en conversant soudain de manière incroyablement désinvolte, et faussement enjouée, étonnamment joyeuse, et sans plus faire la moindre allusion à ses propos à lui et à son silence à elle. Jusqu’à ce qu’ils atteignent les premières maisons, les premiers réverbères, les premiers chiens qui étaient venus roder autour d’eux. Car c’était là que ce Patrick Jouvin, qui n’avait sans doute guère plus de quinze ans, l’avait saisie brusquement par le bras. Et l’avait embrassée avec fougue. Et caressée un peu partout. Jusqu’à ce qu’elle n’en puisse plus de ces lèvres qui l’aspiraient avec avidité, de ces doigts qui n’appartenaient plus à personne, de ce regard d’enfant perdu qui lui demandait pardon à tout bout de champ et pour n’importe quoi. Oh mon Dieu oui, c’était cette image là qui lui était venue à l’esprit. Ce qui était légèrement troublant, en fait, et assez dérangeant pour le docteur Harvey qui, il faut bien le dire, était resté étonnement taciturne après cette révélation. Voilà qui n’augurait rien de bon pour l’avenir, s’était-il dit. Ce qu’il s’était bien gardé d’annoncer. Vous pensez&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-5455032729605158376?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/5455032729605158376'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/5455032729605158376'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/12/lgrement-drangeant-si-vous-voyez-ce-que.html' title='Légèrement dérangeant, si vous voyez ce que je veux dire…'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/STaduaWabmI/AAAAAAAAAJo/LeNHsX9R8uQ/s72-c/PhB000133.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-5508024716904822204</id><published>2008-11-23T19:23:00.007+01:00</published><updated>2010-10-09T22:23:22.852+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Violaine'/><title type='text'>Kâma-Sûtra et management de l’entreprise !</title><content type='html'>&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SSmhEhHQa9I/AAAAAAAAAJg/HGHOThIxU8c/s1600/PhB000354.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img alt="" border="0" height="209" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5271921937794231250" src="http://2.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SSmhEhHQa9I/AAAAAAAAAJg/HGHOThIxU8c/s400/PhB000354.jpg" style="margin-top: 0pt;" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Beaucoup devraient comprendre que ce n’est pas en tirant &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;exagérément&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; sur la corde que l’on parvient à ses fins. Parfois même vous ne faites que renforcer l’adversaire&amp;nbsp;! Vous avez beau vous y prendre à deux mains, vous arc-bouter de toutes vos forces sur vos certitudes, vous n’arrivez à rien… Si ce n’est à vous décourager un peu plus à chacune de vos tentatives. Voilà ce que Violaine Parmentier avait une furieuse envie de lui balancer au visage. Car le type n’avait à peu près aucune chance d’obtenir ce qu’il espérait&amp;nbsp;; Violaine n’imaginant pas une seconde passer une seule soirée en sa compagnie. Ni même cinq minutes, montre en mains, sortis d’ici. Voilà ce qui était exaspérant, au fond&amp;nbsp;! Que des types suffisamment intelligents pour avoir été propulsés à des postes de responsabilité – et il y en avait, autour d’elle, un sacré paquet - soient à peu près incapables de percevoir le moindre signe avant-coureur d’une fin de non-recevoir définitive. «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Jean Matignon, des assurances Pyriam, tu vois ce que je veux dire&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;» lui avait confié Marion Savouré, dans un souffle, presque à l’oreille, sans desserrer les dents, avant de rejoindre, en écartant les bras en guise de bienvenue, un groupe légèrement bruyant sur les bords de quatre ou cinq convives assez éméchés en fait et intellectuellement aussi intéressants, à première vue, qu’un troupeau d’hippopotames en train de s’asperger mutuellement le museau sur la berge boueuse d’un fleuve africain. «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Tu exagères toujours, ma chérie&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;» avait rétorqué Marion, un rien vexée, tout de même, trois heures plus tard, c’est à dire juste après que le dernier invité, Max Fernandez lui même, le repreneur de Juste-Au-Corps, eut tourné les talons à regret (manifestement), non sans l’avoir, une nouvelle fois, embrassé chastement dans le cou (encore un peu plus bas, cette fois, oouah). Si bien qu’il lui fallait &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;impérativement&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; reprendre quelques forces, se dit-elle. Oh, mon Dieu oui, voilà qui était proprement in-dis-pen-sable. Et, à cet instant, Marion Savouré s’était littéralement effondrée sur l’une des chaises à sa portée, au design très inhabituel et au coût assez extravagant il faut bien le dire et, sans raison apparente, bon sang, elle s’était mise à pleurer à gros sanglots. Alors, Violaine s’était immédiatement approchée d’elle, et lui avait posé la main sur l’épaule, lui caressant doucement le bras, et cela avait été bougrement réconfortant, oui, bougrement. «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Je ne voulais pas te froisser, Marion… Tout était si bien organisé… C’était très professionnel, tu sais. Je suis sûre que tu vas faire un tabac. J’en suis sûre, tu entends&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;» Ce qui était, d’ailleurs, rigoureusement exact. Violaine était &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;tout à fait&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; convaincue du talent commercial de son amie, mais aussi de ses compétences psychologiques en matière de conseil en management et c’est pourquoi elle l’avait fortement encouragé à sauter le pas quand, quelques mois plus tôt, celle-ci, un soir où elles s’étaient retrouvées pour boire un verre, avait évoqué la perspective, qui la titillait depuis longtemps, de créer sa propre agence de conseil en entreprise. «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Mon idée, vois-tu, Violaine, c’est de booster l’efficacité des techniques managériales dont, maintenant, plus personne n’ignore l’existence. Et mon truc, figures-toi - et je crois bien être la première à en avoir eu l’idée – mon truc c’est de m’appuyer sur le kâma-sûtra en tant que philosophie de l’existence et allégorie de l’union au divin&amp;nbsp;! Rien que çaaaa… Ouais, ma chère… Naturellement, je ne ferai aucune allusion pornographique dans mes stages, tu penses… Mais, simplement, ce sera l’occasion d’une plus grande ouverture sur la nécessaire harmonie des rapports entre les êtres… Rien de tel que toutes ces techniques, je t’assure, pour générer de l’énergie positive, comme j’ai l’habitude de le dire, ma chérie… Voilà l’idée géniale qui m’est venue, Violaine&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;» avait-elle dit en s’emparant d’un verre de vodka qu’un serveur plutôt prévenant, et sans doute encouragé par un sourire généreux, venait opportunément de poser sur la table avant d’aviser un cendrier à deux pas de là et d’en proposer l’usage aux deux jeunes femmes qui s’étaient débarrassées de leur manteau et cherchaient, l’une comme l’autre, dans leur sac à main, de quoi en griller une, vite fait bien fait. La suite était écrite avant même d’avoir été jouée. De longues semaines de tractation avec l’employeur de Marion Savouré seraient nécessaires pour conclure à un divorce à l’amiable à peu près équilibré pour les deux parties. Et puis ce serait la course à l’échalote pour remplir, in-extremis, une tonne de formulaires administratifs tous plus barbants les uns que les autres. Sans parler des cent dix mètres carrés dans un état épouvantable (tu n’imagines pas&amp;nbsp;!) mais qui donnaient sur une cour intérieure proprement ravissante, à dix minutes à pied de République, et qu’une agence immobilière un peu snob était parvenue à lui dénicher moyennant une somme rondelette, soit dit en passant. Sauf qu’en plus il avait fallu se battre, pied à pied, avec une myriade d’artisans aux compétences exotiques (maçons, plâtriers et autres électriciens) et, quasiment, aller jusqu’à se prostituer, j’exagère à peine, pour que ces loustics, à la dégaine de voyous pour certains, daignent se déplacer dans le délai qui leur était imparti et lui servent, sur un plateau, des murs blanchis à la chaux comme elle en rêvait. Le reste avait presque relevé de la promenade de santé&amp;nbsp;! Car elle avait réussi à joindre, sans trop de peine, une foule de mecs tous plus influents les uns que les autres, vagues copains de copains qui lui avaient été recommandés par je ne sais plus qui, anciens potes d’anciennes connaissances croisées brièvement dans certains amphis universitaires ou d’autres lieux moins recommandables, j’en passe. Car elle s’en était plutôt bien sortie. Jusqu’à cette soirée en guise d’apothéose, censée lancer le concept&amp;nbsp;! Un monde fou. Beaucoup étaient juste passés pour l’encourager. Mais beaucoup, aussi, étaient restés. A grignoter quelques délices. A boire un coup, entre deux appels téléphoniques d’une lointaine secrétaire qui finirait par s’impatienter pour de bon. «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Tu es magnifique, ce soir, Marion. Resplendissante comme toujours, certes, mais plus encore ce soir, peut-être…&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;» Le tout accompagné d’un coup d’œil insistant, velouté, en direction d’un décolleté, il est vrai suffisamment audacieux pour encourager certains propos volontairement excessifs. Oui, comment dire autrement que la fête était réussie&amp;nbsp;? CommeUnLundi était, maintenant, sur les rails, il n’y avait pas à en douter. Ce qui, pourtant, n’empêchait pas Marion Savouré de sangloter de plus belle, bouleversée de soubresauts incompréhensibles qui semblaient pouvoir ne jamais cesser. Au point que Violaine Parmentier commençait maintenant, sérieusement, à se demander si elle ne devait pas, sans trop tarder, tenter de joindre Charles-Antoine au laboratoire, histoire qu’il s’arrange, pendant qu’il était encore temps, pour récupérer Aymeric et Benjamin au poney-club des Mimosas… Violaine qui caressait les cheveux de son amie, tout en laissant son regard dériver sur le buffet dévasté, les mégots qui débordaient du moindre récipient, les verres abandonnés un peu partout, les assiettes sans dessous, les serviettes en papier qui jonchaient le sol jusqu’à l’horizon… Violaine qui n’en finissait de se souvenir des étés qu’elles avaient passé ensemble, à Houlgate. Puis à Bayonne. Puis à Agadir, tu te souviens&amp;nbsp;? «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Tu sais quoi&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; » avait-elle dit, brusquement, presque ragaillardie. «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Je parie qu’on va bientôt fêter ton premier client&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;» Elle ne croyait pas si bien dire. Au même instant un sms, au contenu explicite et en partance d’un taxi qui naviguait quelque part sur le périphérique, atterrissait directement sur son portable. Un sms du genre encourageant. Un sms qui ouvrait sur des perspectives inédites. Un gros marché à la clef, bon Dieu. Une affaire à vingt ou trente mille euros, rien que ça. Un projet, très sérieux, très très sérieux même, dont Jean Matignon voulait parler au plus tôt. On peut le croire&amp;nbsp;&lt;/span&gt;!&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-5508024716904822204?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/5508024716904822204'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/5508024716904822204'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/11/kmastra-et-management-de-lentreprise-le.html' title='Kâma-Sûtra et management de l’entreprise !'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SSmhEhHQa9I/AAAAAAAAAJg/HGHOThIxU8c/s72-c/PhB000354.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-262729383548193071</id><published>2008-11-21T08:13:00.008+01:00</published><updated>2010-10-09T22:04:09.544+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Frédéric'/><title type='text'>Les vrais écrivains n’ont plus rien à dire (peut-être).</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SSZgaWFD3wI/AAAAAAAAAJY/xpUzhCp5FO8/s1600/PhB000124.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img alt="" border="0" height="400" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5271006419603414786" src="http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SSZgaWFD3wI/AAAAAAAAAJY/xpUzhCp5FO8/s400/PhB000124.jpg" style="margin-top: 0pt;" width="337" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Quoiqu’on en pense, &lt;/span&gt;&lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/07/le-monde-en-apesanteur.html"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Frédéric Flament&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; s’en sort plutôt bien. Si l’on excepte, toutefois, certains désagréments. Comme celui, majeur il est vrai, de n’avoir pas encore &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;tout à fait &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;retrouvé l’usage de la parole, deux mois et demi après l’accident. Et de devoir rester immobile, ou presque, toute la sainte journée, à se morfondre comme un con sur son lit d’hôpital. Ou bien, encore, d’avoir à se nourrir d’une bouillie vaguement caramélisée, aux effluves entêtantes de camembert sucré, que l’infirmière de service, jacassant, sans aucun égard pour lui, avec sa collègue de la chambre voisine, lui injecte directement, seringue après seringue, dans la sonde qui lui sort du museau. Sans parler de ces gémissements, réellement pitoyables, qui ponctuent le moindre mouvement de son bassin en vrillant, fût-ce légèrement, ce qu’il a pu sauver de sa jambe gauche, embrochée d’une myriade de vis et de clous qui la maintiennent à l’air libre, trente centimètres au dessus des draps. Certes son sourire s’apparente désormais davantage à une contraction douloureuse de l’hémisphère sud de son visage qu’à une mimique véritablement harmonieuse, et sensuelle. Mais personne ne conteste vraiment que ce rictus halluciné rappelle, tout de même, ce délicieux visage d’autrefois, immortalisé si souvent par les plus grands photographes (Frédéric Flament, explosé d’innocence et de joie, sur les marches de Gallimarre, arborant, d’une main, le V de la victoire et exhibant, de l’autre, &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Rien ne va&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;, tout de suite après l’annonce du prix Renoncule). Sans compter qu’il parvient, sans trop de peine, à servir de son bras droit. Le gauche, n’en parlons plus, le choc terrible de la portière avant, rabattue violemment contre le volant et la carrosserie, l’ayant réduit, en l’espace d’un instant, à une masse infâme de chair sanguinolente et proprement écœurante. Mais, pour le reste, Frédéric Flament allonge la main droite &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;à peu près&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; normalement et peut même &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;tout à fait&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; vous retenir par le bras, si vous daignez passer à sa portée. C’est, en substance, ce que le professeur Jean-François Lemercier, l’esprit manifestement accaparé par diverses préoccupations, tant professionnelles que privées d’ailleurs, tente, en quelques phrases, car son temps est compté, d’expliquer à cette journaliste, Jennifer Michon, qui aspire, comme quelques autres cette semaine-là, à pouvoir accéder à la chambre cinq cent huit de la clinique orthopédique Saint-Nicolas des Fontaines. « &lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-style: italic;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;LiThéRature,&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;vous connaissez, je suppose… Non&amp;nbsp;? &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Le mensuel en prise di-rec-te avec l’actualité de l’imaginaire, ça ne vous dit rien&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; » lui glisse-t-elle en inspirant une grande bouffée d’air. «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Peut-être&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;…&amp;nbsp;» répond-il, avant d’ajouter&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Pour Frédéric Flament, je vous aurai prévenu&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;» tandis que son esprit, toujours aussi accaparé, s’éclipse pourtant brusquement des turbulences catastrophiques du CAC 40, pour se fixer, quelques secondes mais tout de même, sur le décolleté avantageux de la journaliste qui opine du bonnet à chacun de ses mots. «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Vois-tu, je n’avais pas réalisé à quel point le corps commande l’esprit, chéri&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;!&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; » dira-t-elle plus tard, à son rédacteur en chef de mari, le soir même en fait, après une séance de frotti-frotta plutôt expéditive, soyons francs. C’était, d’ailleurs, précisément sur la difficile question de la dualité du corps et de l’esprit qu’elle avait, d’abord, pensé commencer l’interview de Frédéric Flament juste avant de se raviser, une fois refermée la porte de la chambre, préférant évoquer alors, dans un premier temps, l’environnement réconfortant dont il bénéficiait, la perspective arborée que l’on découvrait par la fenêtre, et l’honneur, pour elle, d’être là, oui, ici même, et de pouvoir approcher celui dont les romans avaient, de fond en comble, bouleversé l’image que se faisait le grand public (au sens noble) de la littérature. «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;En introduisant, dans le texte lui même, une désinvolture du langage tout à fait à l’unisson du monde contemporain. Je ne me trompe pas&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;»avait-elle demandé en cherchant dans le regard étrangement brillant de Frédéric Flament un signe quelconque témoignant de son approbation. «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Car la désinvolture est une forme de liberté, non&amp;nbsp;? Ou plutôt un chemin, d’ailleurs&amp;nbsp;! Une route sinueuse, et semée d’embûches, qui nous rappelle, à chaque seconde, que le paradis se mérite&amp;nbsp;! Je me trompe&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;» avait-elle fait en rougissant un peu au moment où dans un effort désespéré pour se tourner vers son invitée, Frédéric Flament avait, en s’appuyant inconsidérément sur sa cheville valide, laissé entrevoir, de son anatomie, beaucoup plus que ce que Jennifer Michon en attendait, il faut bien le dire. Et puis, sans faire la moindre allusion au cri proprement guttural qu’avait pourtant accompagné la malheureuse manœuvre, et son issue défavorable, la journaliste dont le décolleté ne cessait d’envoyer des sms à la terre entière, s’était finalement approchée du lit plus encore qu’elle ne l’avait fait jusqu’à présent au point de percevoir, cette fois, un maelström d’odeurs assez déplaisantes au fond et qu’un reste de lucidité lui évitait de chercher à identifier. «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Car je vais vous faire une confidence, monsieur Flament&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;» avait-elle murmuré presque en se parlant à elle-même. «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Je ne crois pas à l’enfer&amp;nbsp;! Et quand je vous vois dans cet état, désormais si magnifique, si terriblement vivant, si prodigieusement présent, presque christique, je ne plaisante pas, je me dis que vous aviez raison sur toute la ligne… &lt;/span&gt;&lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/07/la-route-de-vesoul.html"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;La Transparence des songes&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;, était un chef-d’œuvre prémonitoire, ni plus ni moins…. Bon Dieu quelle puissance que celle de la littérature&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» avait-elle dit en fermant les yeux sur une espèce de bonheur intérieur qu’elle croyait avoir perdu depuis longtemps, depuis la mort de son père, en fait, dans des circonstances jamais totalement élucidées, si vous voyez ce que je veux dire (le corps nu qui flotte dans l’étang, des traces suspectes autour du cou, et une lettre d’adieu à ses proches, bien en évidence sur la berge). Sauf que Frédéric Flament n’avait rien répondu à son propos, ayant juste ébauché un balancement de la tête qu’il aurait, sans aucun doute, fallu (pensera-t-elle un jour) enregistrer quelque part pour l’éternité dans un format quelconque (Bon Dieu, oui) pourvu que l’on puisse conserver en lieu sûr le souvenir de cette fulgurance. D’autant que trois borborygmes baveux s’étaient alors échappés de ses lèvres. Comme autant de témoignages d’une pensée toujours en mouvement. «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;J’ai comme le sentiment qu’il nous prépare quelque chose… Un nouveau départ… Un chef d’œuvre, c’est sûr&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;….&amp;nbsp;» avait-elle conclu, un peu songeuse, le soir même, avant de sombrer, bientôt, elle aussi dans un vertige de somnolence et d’apesanteur, au plus profond des ténèbres, dans l’immensité, peut-être, de l’espace intersidéral&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;.&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-262729383548193071?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/262729383548193071'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/262729383548193071'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/11/les-vrais-crivains-nont-plus-rien-dire.html' title='Les vrais écrivains n’ont plus rien à dire (peut-être).'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SSZgaWFD3wI/AAAAAAAAAJY/xpUzhCp5FO8/s72-c/PhB000124.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-2380644279954281717</id><published>2008-11-13T22:13:00.006+01:00</published><updated>2010-10-09T19:17:06.807+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Bistouri'/><title type='text'>Bredouilles...</title><content type='html'>&lt;div class="MsoBodyText" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; line-height: normal; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SRyZlqxzJ-I/AAAAAAAAAIw/_01aZfoxJkU/s1600/PhBlog000366.JPG" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img alt="" border="0" height="265" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5268254536534009826" src="http://4.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SRyZlqxzJ-I/AAAAAAAAAIw/_01aZfoxJkU/s400/PhBlog000366.JPG" style="margin-top: 0pt;" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;L&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;e ciel me paraissait presque semblable à celui d’autrefois, obnubilé de pastel et de fièvres automnales quand il se laissait surprendre, entre les sous-bois, à la faveur d’une courbe du sentier plus généreuse, encore, que les précédentes. Ne manquerait, trente ans plus tard, que la trajectoire heurtée d’un vol d’étourneau, la plainte soudaine d’un corbeau égaré à la lisière de la forêt, l’audace imprévue d’un lièvre qui, traversant les fougères, s’immobilisait à deux pas devant nous, sur la crête solitaire d’un talus. Et puis, le silence impassible  du père dont nous n’osions troubler la quiétude, l’envol un peu balourd, de plumes et de becs, qui signait, derrière nous, la présence de quelques bécasses qu’aucun fusil ne pouvait se résoudre à pointer. De loin en loin, aussi, l’écho d’un autre chasseur, l’affolement brusque des chiens dont il fallait rapidement calmer les ardeurs, les prémisses d’une averse. Sans parler de Paul, sérieux comme un pape, à mes côtés, et qui, j’en suis sûr, n’en croyait pas ses yeux.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-2380644279954281717?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/2380644279954281717'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/2380644279954281717'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/11/bredouilles.html' title='Bredouilles...'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SRyZlqxzJ-I/AAAAAAAAAIw/_01aZfoxJkU/s72-c/PhBlog000366.JPG' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-651896377051256653</id><published>2008-10-31T08:39:00.008+01:00</published><updated>2011-03-27T23:36:10.802+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Stéphanie'/><title type='text'>Hegel, ou le désir contrarié</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SQq3p8cwQTI/AAAAAAAAAIo/6Uj5DEUU3Lg/s1600/PhBlog000299.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img alt="" border="0" height="284" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5263221045765095730" src="http://4.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SQq3p8cwQTI/AAAAAAAAAIo/6Uj5DEUU3Lg/s400/PhBlog000299.jpg" style="margin-top: 0pt;" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font: 12.0px Cambria; margin: 0.0px 0.0px 0.0px 34.0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;Mieux valait, sans doute, ne pas trop s’attarder sur les détails. Ni, surtout, chercher à se justifier. S’il devait s’expliquer, la moindre hésitation lui serait fatale et anéantirait, sur le champ, sa détermination. Il suffisait de presque rien, il en était convaincu. Un tremblement à peine perceptible de ses lèvres, et c’en était fini de lui. Voilà ce que Paul se disait. Alors que Stéphanie fumait tranquillement sa Marlboro, réfugiée sous la véranda, sans parvenir à se défaire de l’emprise de Bistouri qui lui vantait les bienfaits de longues promenades dans la campagne aux environs, Paul s’éclipserait le plus discrètement possible, histoire de retrouver Rose occupée, dans la cuisine, à je-ne-sais-quoi de vaguement féminin, ou, pour être plus précis, de vaguement maternel. Et Paul attendrait patiemment qu’elle s’affaire à remettre de l’ordre dans les casseroles qui mijotaient sur le feu, pour s’adresser à elle d’un ton faussement désinvolte, enjoué, aérien. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;M’man, j’voulais te prévenir que Stéphanie et moi, on va s’installer dans la chambre d’amis. La vérité c’est qu’on dort ensemble, c’est comme ça. Point à la ligne. Ne me demande rien. S’il-te-plait, ne dis rien M’man. Surtout ne-dis-rien&amp;nbsp;! Ne m’oblige pas à être désagréable&amp;nbsp;! Ne m’oblige pas à t’envoyer à la gueule tes quatre vérités. Ne m’oblige pas à te clouer le bec, M’man. C’est clair&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt; Non, ça ne l’était pas, au fond. Ca ne l’était même pas du tout… Pour preuve, d’ailleurs, il n’avait rigoureusement rien répondu d’à peu près audible quand Rose, le voyant brusquement apparaître, bizarrement mal à l’aise, l’avait attrapé par le bras après avoir ajusté son chignon et posé, sur la gazinière, la poêle qu’elle venait d’extraire du placard sous l’évier. «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;Paul, viens par là…&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;&amp;nbsp;» avait-elle dit, d’un ton autoritaire, mais qu’il avait jugé, après coup, empreint d’une extrême bienveillance, et d’authentique sympathie, si proche, au fond, de ce qu’il attendait d’elle sans jamais avoir osé le formuler aussi nettement. «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;J’espère que je ne me suis pas trompée. Je vous ai installé dans la chambre d’amis. Ton père et moi, on a pensé que vous seriez plus à l’aise... C’est ce que vous vouliez, je suppose, non&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;&amp;nbsp;» Sans doute, mais alors pourquoi, à ce moment précis, avait-il failli s’effondrer de terreur en sanglotant comme autrefois quand il fallait passer par la cave et affronter les monstres sans visage qui se tapissaient dans l’obscurité et s’apprêtaient à le dévorer tout cru sans lui laisser la moindre chance de s’échapper&amp;nbsp;? Oui, pourquoi avait-il failli pleurer comme un gamin, n’aspirant plus, soudain, qu’à se disloquer définitivement aux quatre coins de l’univers, ou qu’à se dissoudre immédiatement dans la stratosphère en espérant ne jamais avoir à répondre de rien, oubliant déjà jusqu’à son identité, délaissant dans le même mouvement l’enveloppe charnelle qui l’avait abrité durant son bref passage dans le monde visible&amp;nbsp;? Oui, pourquoi&amp;nbsp;? Et pourquoi, aussi, s’en était-il fallu de très peu pour qu’il ne bafouille quelque chose d’irrémédiable, et de douloureux pour lui même, et de terrible pour l’avenir, si l’on y songe. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;Pas la peine, M’man. Stéphanie est mon amie, mais sans plus, Elle peut dormir dans la chambre du bas, et moi dans la mienne. Oui, voilà la bonne idée&amp;nbsp;! C’est d’ailleurs à peu près ce que je m’étais dit.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt; A peu près ce qu’il s’était dit&amp;nbsp;? Sauf que c’était exactement le genre de discours susceptible de déclencher une guerre nucléaire. Et de cela, Paul en avait, hélas, parfaitement conscience… «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;D’accord, d’accord, Paul, si tu y tiens…&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;&amp;nbsp;» lui avait en effet concédé Stéphanie, une semaine plus tôt, en se débarrassant de son pull, puis en retirant son soutien gorge sans se soucier le moins du monde de ce que la terre entière pouvait, alors, apercevoir de son anatomie à condition, toutefois, d’occuper le troisième étage de l’immeuble situé juste en face du sien et où logeait, en réalité, l’espèce de voyageur de commerce, vicelard au possible et dont elle avait souvent croisé le regard à la boulangerie du boulevard. «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;Mais si j’accepte de passer le week-end chez tes vieux, juste avant l’partiel de philo, c’est à une condition&amp;nbsp;! Tu entends&amp;nbsp;? A une-et-une-seule condition, Paul&amp;nbsp;: celle de d’abord réviser nos classiques&amp;nbsp;! En commençant par Hegel, si tu vois c’que je veux dire&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style="font: normal normal normal 9px/normal Cambria;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;… &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;»&amp;nbsp;avait-elle ajouté en clignant ostensiblement de l’œil et en attrapant, au passage, l’énorme pavé dont elle s’était donnée pour perspective de survoler au moins quelques pages avant de s’effondrer sur le lit. «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;Car rien d’tel que la lecture de c’vieux pervers pour s’échauffer un max, tu ne crois pas&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;&amp;nbsp;» avait-elle continué en ôtant, cette fois, la dernière pièce du puzzle, à savoir un slip en dentelle qui correspondait exactement à l’idée que se faisait Paul d’un sous-vêtement vraiment sexy. Et dévoilant alors, ce faisant, ce qu’Hegel n’avait guère mentionné, sauf peut-être de manière très elliptique dans aucune des pages, si lumineuses pourtant, de sa &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;Philosophie de l’Esprit&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;. Sauf que Paul, à ce moment précis, vous pouvez me croire, était bien incapable de formuler la moindre réflexion théorique. Bien incapable de construire le moindre discours. Bien incapable d’argumenter sérieusement. Et d'objecter. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;«&amp;nbsp;Elliptique&amp;nbsp;! Tu veux m’foutre carrément en colère, c’est ça&amp;nbsp;?&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt; aurait immanquablement répliqué Stéphanie dont les seins, subtilement entreprenants, se balançaient maintenant, délicieusement, à moins de cinquante centimètres de là, pas plus, oh mon Dieu. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;Elliptique, Hegel&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt; Tout à fait le genre d’affirmation gratuite, et proprement stupide, sans doute, qu’il fallait éviter à tout prix, non&amp;nbsp;? &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;Elliptique, la Philosophie de l’Esprit, non, mais le mec, n’importe quoi&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;… Sûr et certain, que Stéphanie se serait immédiatement emparée, en braillant comme une malade, de l’exemplaire terriblement raturé qu’elle avait récupéré, on ne sait où, quelques semaines plus tôt, et qu’elle conservait toujours, à portée de main, ou à peu près, s’en emparant, donc, puis fermant doucement, presque tendrement, les yeux sur le monde, et sur Paul en particulier, avant de décider, tout à fait au hasard, d’une page ou d’une autre, d’un paragraphe, qu’elle entreprendrait, aussi sec, de déclamer à voix haute &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;- J’t’assure, je ne choisis pas…&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt; Puis répétant ce qu’elle venait de lire, mais en prenant soin, alors, de détacher chaque syllabe. Puis renouvelant l’expérience, chuchotant à mi voix sans se soucier, cette fois, de pouvoir être entendue, murmurant à peine, sur le pourtour presque immobile des lèvres comme on le fait pour éviter d’écorner un texte dont la rumeur confuse nous semble si fragile. Puis reprenant sa lecture à voix haute, hilare, revenant brusquement trois pages en arrière, gloussant tous les trois mots, s’esclaffant à l’occasion, jubilant et se trémoussant de manière obscène, il faut bien le dire… - &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;Elliptique, Hegel&amp;nbsp;? Vraiment&amp;nbsp;? - s&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;’amusant d’une expression magnifique, et si juste, si précise, si merveilleusement en adéquation avec ce qu’elle avait toujours pensé, au fond, et qu’elle semblait soudain découvrir, se régalant d’un mot comme d’une gourmandise, et le gardant en bouche, longuement, en souriant étrangement… &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;Elliptique… Je rêve…&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt; Oui, c’était exactement cela. Paul était en train de rêver. Mieux, il avait fermé les yeux. C’était bien là, au fond, la leçon qu’il convenait de tirer de tout ça. D’abord il y avait le silence de la nature. Ensuite la parole des hommes. Puis la vérité des philosophes. Et, très au dessus, mais vraiment très&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt; très&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt; au dessus, planant dans le ciel comme une menace permanente, le désir furieux de se jeter, tête la première, dans les bras de Stéphanie. Mais aussi de la pénétrer sauvagement&amp;nbsp;! Une évidence qu’il était, à Paul, proprement impossible de nier… Plus tard, bien des années plus tard, quand l’ombre de la vieillesse aurait chassé, de sa mémoire, jusqu’à l’amertume des cendres de ce qui l’avait pourtant, si souvent et si profondément troublé, et que le nom, même, de Stéphanie, n’évoquerait plus, pour lui, que le souvenir d’inavouables ivresses identiques, hélas, à tant d’autres, lui viendrait alors brusquement à l’esprit, un certain jour de septembre 2010, - le soleil se noyait à peine sur l’horizon maritime - que Rose, dans son infinie tendresse et avec sa manière bien à elle, toujours, d’ériger le silence en discours, ne lui avait, peut-être, pas vraiment dit autre chose que cette sim&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;ple, et désolante, vérité. «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt;J’espère que je ne me suis pas trompée, Paul…&amp;nbsp;C’est bien cela&amp;nbsp;? »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: large;"&gt; On peut la rassurer, n’est ce pas&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-651896377051256653?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/651896377051256653'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/651896377051256653'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/10/hegel-ou-le-dsir-contrari.html' title='Hegel, ou le désir contrarié'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SQq3p8cwQTI/AAAAAAAAAIo/6Uj5DEUU3Lg/s72-c/PhBlog000299.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-1982831294984880296</id><published>2008-10-25T15:13:00.008+02:00</published><updated>2010-10-10T10:31:17.371+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Journal'/><title type='text'>Je répète ?</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SQMcNlZIZNI/AAAAAAAAAIg/SNWNcihoAJ8/s1600/PhBlog000306.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img alt="" border="0" height="400" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5261079809400267986" src="http://4.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SQMcNlZIZNI/AAAAAAAAAIg/SNWNcihoAJ8/s400/PhBlog000306.jpg" style="margin-top: 0pt;" width="249" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; line-height: normal; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;J&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;’avais fini par craquer, ayant presque envie de tout envoyer valdinguer. Personne, décidément, ne voulait m’écouter. D’accord, mais je n’allais tout de même pas m’abaisser, alors, à leur répéter trente six fois les mêmes sornettes. Je suis donc sorti sans répondre aux sarcasmes, la cigarette à la main, et passablement agacé de voir s’afficher, sur leurs visages, des sourires doublement hypocrites. Je savais ce qu’ils pensaient. Et ce n’était pas joli, joli, non… Pour ma part, je voulais, juste, m’aérer les méninges, tout en m’efforçant de retrouver un minimum de sérénité. Sur le boulevard, tout était si paisible, soudain. Un dimanche matin, assez ordinaire, en fait, me suis-je dit. Quelques cinglés aux allures de marathoniens et qui suaient comme des malades, se déglinguaient la carcasse en remontant le trottoir à toutes pompes. Deux ou trois vieillards égarés dans la ville, une baguette de pain artistiquement coincée sous l’aisselle, lançaient des regards implorants autour d’eux dans l’espoir de retrouver le chemin de l’asile. «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-style: italic;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Tout droit, mon brave…&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;» ai-je dit à l’un d’eux qui m’a regardé d’un air ahuri. Une ambulance, en embuscade sur sa place de parking, gémissait d’impatience à se précipiter, toutes voiles dehors, au chevet du moindre éclopé qui serait passé à sa portée. Et c’est à ce moment-là que je me suis dit, en constatant le désastre de ma vie, que je commençais à ne plus guère supporter l’attitude de Saulnier à mon égard. Lequel, d’ailleurs, semblait ne plus rien supporter du tout. Car il n’y avait que trois hypothèses, au fond. Ou bien nous étions, tous, en train de sombrer dans la folie la plus délirante (hypothèse à exclure &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;a priori&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;, à moins de croire à la perversion générale du système et au démantèlement programmé de notre environnement)&amp;nbsp;; ou bien les propos du type révélaient une faille temporelle proprement incompréhensible (et alors Dieu sait ce que nous réservait l’avenir&amp;nbsp;?)&amp;nbsp;; ou bien ces loustics du Hezbollah nous avaient, bel et bien, mené en bateau en laissant filer le number-one au nez et à la barbe des israéliens. Naturellement, au cinquième étage, ni Saulnier ni aucun de ses acolytes n’accordait la moindre importance à ce que racontait &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;réellement&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; cette enflure en treillis militaire que les ritals nous avaient livré sur un plateau. Lequel prétendait, ni plus ni moins, répondre au nom de Thomas Édouard Laurence, rien que ça, et être né à Toulouse, je rêve, le seize août mille huit cent quatre vingt-huit. «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-style: italic;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Ben voyons…&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;» avait répondu Saulnier en lui balançant une taloche pas piquée des hannetons. «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-style: italic;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Et moi, je suis le prince de Galles, peut-être&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;» avait-il ricané pendant que le zozo reniflait sa morve sanguinolente. Et c’est aussi à ce moment-là que Sophie Lemarchand, histoire de rapprocher sa main de la machine à café, s’était brusquement levée de son siège en dodelinant sacrément du popotin. Et c’est à ce moment là encore que je lui ai trouvé un petit air de ressemblance avec Lady Di. A ce moment là, précisément, que je me suis dit qu’il fallait mieux les laisser patauger dans leur crasse. J’avais mieux à faire, non&amp;nbsp;?&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-1982831294984880296?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/1982831294984880296'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/1982831294984880296'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/10/je-rpte.html' title='Je répète ?'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SQMcNlZIZNI/AAAAAAAAAIg/SNWNcihoAJ8/s72-c/PhBlog000306.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-6732212336567722159</id><published>2008-10-25T15:07:00.009+02:00</published><updated>2010-10-10T11:23:39.070+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Jade'/><title type='text'>Pessoa dans le texte</title><content type='html'>&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SQMbWtBNTbI/AAAAAAAAAIQ/oJv0KzxtBWA/s1600/PhBlog000202.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img alt="" border="0" height="588" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5261078866554604978" src="http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SQMbWtBNTbI/AAAAAAAAAIQ/oJv0KzxtBWA/s640/PhBlog000202.jpg" style="height: 184px; margin-top: 0px; width: 200px;" width="640" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;Naturellement, et le piège m’avait semblé grossier venant de Matignon, mon contact à Lisbonne se trouvait être - et je ne l’ai su que deux heures plus tard, malheureusement - une jeune femme terriblement séduisante. Accessoirement, Pedro, dans le taxi, m’avait confié qu’elle s'était taillée une belle réputation dans le milieu de l’édition. « &lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-style: italic;"&gt;Elle est maintenant à la tête d’une grosse entreprise…&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt; » m’avait-il raconté « &lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-style: italic;"&gt;Leur meilleur coup étant d’être parvenus à rééditer Pessoa d’a-près les manuscrits o-ri-gi-naux, ouais, mon vieux !&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt; » Je n’avais pas relevé, occupé que j’étais, alors, à purger la mémoire de mon téléphone de sms franchement inopportuns. « Ah oui ? » ai-je dit, simplement. « &lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-style: italic;"&gt;Tout à fait. Parfaitement exact, Georges. Je confirme ce que vous a rapporté votre ami… Il s’agit d’une reproduction in-té-grale des manuscrits de Pessoa. D’ailleurs c’est un projet éditorial qui dépasse de beaucoup notre poète national, pour autant que l’on puisse qualifier Pessoa de poète… Le monde, voyez-vous, recherche de plus en plus l’authenticité. Et c’est ce qui me pousse à vouloir, de plus en plus également, porter à la connaissance d’un large public les manuscrits des écrivains, dans leur intégralité, et non plus des ouvrages finis, bien léchés, mais, parfois, complètement inodores comme vous pouvez en acheter au supermarché du coin. Il y a un é-nor-me potentiel derrière tout cela, croyez moi…&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt; » m’avait-elle précisé, mi en portugais, mi en français, mi en anglais, mi en souriant. Un mélange de poésie et d’enluminure se lisait alors sur son visage. Elle parlait si lentement. Et fumait de longues cigarettes qu’elle arborait de manière fantasque, mettant, à tout propos, le bras sur l’épaule de Pedro. Je devinais qu’elle était un peu ivre. Et de plus en plus. N’ayant d’yeux, pour ma part, que pour ses ongles vernis, et aussi pour son décolleté extravagant (je n’avais jamais rien vu de pareil), la manière indélicate qu’elle avait de balancer la tête, de prononcer mon nom en français, d’essayer de dire les choses… Et puis, tout à trac, la conversation avait glissé sur son mari (un chirurgien vasculaire de quarante cinq ans qui travaillait à &lt;/span&gt;&lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/08/on-ne-rigole-plus.html" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;l’hôpital&lt;/a&gt; des sœurs franciscaines), et sur ses trois enfants, sur les heures passées à les aider dans leur scolarité. Et tout cela paraissait si loin, soudain ! Je veux dire : si loin de Jade, si loin de nous.&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-6732212336567722159?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/6732212336567722159'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/6732212336567722159'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/10/pessoa-dans-le-texte.html' title='Pessoa dans le texte'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SQMbWtBNTbI/AAAAAAAAAIQ/oJv0KzxtBWA/s72-c/PhBlog000202.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-7367756905727643864</id><published>2008-10-15T21:27:00.007+02:00</published><updated>2010-10-10T11:28:10.094+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Jade'/><title type='text'>Cette danse qui me hante</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SPZEgFdPoQI/AAAAAAAAAH4/ibpp_NWDiJA/s1600/PhotoBlog000203.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img alt="" border="0" height="400" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5257464933012971778" src="http://4.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SPZEgFdPoQI/AAAAAAAAAH4/ibpp_NWDiJA/s400/PhotoBlog000203.jpg" style="margin-top: 0px;" width="260" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt;Car, ce jour-là, précisément, soulevant son corps appesanti, devenu pharaonique à force de n’être plus que souffrance et &lt;/span&gt;&lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/08/surtout-ne-pas-penser.html" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;meurtrissure&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt;, la prenant toute entière dans mes bras, la serrant contre ce qui, pourtant, palpitait encore en moi, de peur qu’elle ne m’échappe peut-être, puis croisant fugitivement son regard, presque pour la première fois (et la dernière aussi, me disais-je), m’est venue l’idée, plus prégnante que celle qui me faisait lui raconter des sottises l’instant d’avant (sais-tu que les nénuphars sont comme les âmes des poètes ?), m’est venue l’idée que je lui devais, sans doute, beaucoup plus que je ne l’avais jamais confessé quand nos chemins étaient encore en résonance, en fusion, en intimité d’allégresse, autrefois. Car, sans pouvoir, hélas, sur le moment, en saisir les enjeux, je ne songeais qu’à l’ondulation soyeuse de ses lèvres perdues, qu’à sa poitrine apaisée de désirs, qu’à la courbure feutrée de ses reins, sans voir que je l’arrachais, alors, toute entière, à la blancheur souillée de ce lit d’hôpital, usant de ces gestes précautionneux et plaintifs qu’inspirent la gratitude et l’envie, oui. Car, dans mon étreinte, plus qu’un corps dont je me forcerai longtemps à oublier le rivage, j’embrassais, sans parvenir à la comprendre tout à fait, cette effrayante combinaisons d’élans et de répulsions dont la trajectoire cristallise brusquement toute une vie. Et cette vie, je le sentais, devenait à mon contact, soudain, si dense et si légère à la fois qu’il me semblait que ce n’était plus moi, Charles-Antoine, qui la portait, mais elle, Jade, qui m‘emportait, me tourbillonnait, m’expatriait comme autrefois elle l’avait fait, du temps des années Paul, Maud et Sophie, des années sur les plages, des années philosophiques, des années guitares électriques, des années Claires, aussi. Surtout. Peut-être…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-7367756905727643864?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/7367756905727643864'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/7367756905727643864'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/10/cette-danse-qui-me-hante.html' title='Cette danse qui me hante'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SPZEgFdPoQI/AAAAAAAAAH4/ibpp_NWDiJA/s72-c/PhotoBlog000203.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-958460536974040774</id><published>2008-10-15T21:23:00.007+02:00</published><updated>2010-10-09T19:18:51.171+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Bistouri'/><title type='text'>En griller une, vite fait, bien fait !</title><content type='html'>&lt;div class="MsoBodyText" style="line-height: normal; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SPZD4ZD4bFI/AAAAAAAAAHw/UTWcXJQo9nk/s1600/PhotoBlogD0002.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img alt="" border="0" height="400" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5257464251080535122" src="http://2.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SPZD4ZD4bFI/AAAAAAAAAHw/UTWcXJQo9nk/s400/PhotoBlogD0002.jpg" style="margin-top: 0pt;" width="240" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText" style="line-height: normal; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; line-height: normal; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;J&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;’sais pas c’qui m’a prit, au fond&amp;nbsp;? J’ai dû la sermonner un peu vivement, sans doute. Car elle s’est mise à pleurer un max. &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Bon Dieu, M’man, tu ne peux pas te retenir un peu, ai-je fait&amp;nbsp;? Mettre de l’ordre dans ta tête. Revenir à plus véridique. J’sais pas, mais arrêter tes conneries, non&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; On était sagement assis, en fait, l’un à côté de l’autre, soudain, droits comme des i, pétrifiés, devant la fenêtre immobile. A regarder les nuages (sans doute), le ciel, l’horizon disparu derrière les feuillages, tout ça. D’autres bâtiments, d’autres étages, d’autres vieillards depuis longtemps sombrés dans l’océan lointain de rêves inaboutis. Un long moment, ainsi. &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Bistouri s’privait pas pour nous cogner, Paul, et moi, j’te rappelle,&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; ai-je dit, histoire de m’extirper la rage. &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Comme d’ailleurs grand père s’était excité sur Bistouri, autrefois, c’est vrai, &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;ai-je grogné entre mes dents sans vouloir m’attarder plus que ça aux sanglots qui reprenaient de plus belle. &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Sauf que le vieux, M’man, ses moustaches, elles s’avaient fait la guerre. S’étaient colletiné l’haleine des poilus. Avaient rampé dans la bouillasse et la merdasse. C’qui n’excuse rien naturellement, j’te concède, sauf la folie furieuse. Tout c’qu’il a pu écrire de romans, de pièces de théâtre, de trucs nuls à chier, soit dit en passant, tout sa vie, fusssse-ce pour dire l’éternité des vagues, le bruissement du vent. Bon dieu, c’que Bistouri a pu nous emmerder, avec ça, M’man, tu t’souviens plus&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; Et c’est alors que Bleuette est apparue dans l’embrasure de la porte. &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Ca va madame Parmentier&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; a-t-elle demandé à maman, qui n’en pouvait plus de soubresauts, et de gémissements affectés. Et c’est alors que je suis sorti pour en griller une. Et que j’ai croisé le docteur Brignard. Et que nous nous sommes serrés la main&amp;nbsp;? &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Faut s’y faire,&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; ai-je fait en sortant ma clope de son étui, mais sans y croire un seul instant. Je sais ce que je dis.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-958460536974040774?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/958460536974040774'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/958460536974040774'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/10/en-griller-une-vite-fait-bien-fait.html' title='En griller une, vite fait, bien fait !'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SPZD4ZD4bFI/AAAAAAAAAHw/UTWcXJQo9nk/s72-c/PhotoBlogD0002.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-5114572723444840546</id><published>2008-10-05T16:20:00.006+02:00</published><updated>2010-10-09T22:42:50.086+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Maud'/><title type='text'>On en finira donc jamais avec ça ?</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SOjOBzQHYeI/AAAAAAAAAHg/iiMxESVbAWk/s1600/PhotoBlog000198.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img alt="" border="0" height="400" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5253675495660675554" src="http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SOjOBzQHYeI/AAAAAAAAAHg/iiMxESVbAWk/s400/PhotoBlog000198.jpg" style="margin-top: 0px;" width="273" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Car, le lendemain, chahuté à l’arrière du pick-up qui, tant bien que mal, remontait la piste aux trois quart défoncée qui longeait le fleuve jusqu’à Ventiane, songeant au personnage d’un des romans de Jade, appelé à fausser compagnie aux services secrets de l’ancienne Union Soviétique dans un des pays de l’ancienne Indochine (le Laos, comme par hasard !) mais piégé, comme un débutant, par le balbutiement sensuel d’une jeune thaïlandaise croisée, un soir d’impatience, dans un bar de Saigon, convaincu, soudain, que Maud avait délibérément profité de mon absence pour manigancer la publication posthume de &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;l’Arabesque des printemps&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;, ni plus ni moins, et par là même relancer la polémique sur le statut véritable de ces textes, leur rapport subtil et ambivalent à une &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;certaine&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; forme de réalité, n’ayant de cesse d’interroger du regard l’échancrure voluptueuse du chemisier de ma voisine, puis l’ondulation soyeuse de ses cheveux, puis la courbe veloutée de l’épaule qu’elle consentait à m’accorder, puis le silence fatigué de ses lèvres, m’est venue à l’idée, peu à peu, que rien dans le monde n’arrive jamais tout à fait par hasard (ou du moins qu’il nous plait de le croire) et qu’il y avait, peut-être, quelque &lt;/span&gt;&lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/08/un-arrangement.html"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;raison secrète&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;, moins innocente qu’il n’y paraissait, à la brusque apparition de cette journaliste italienne, la veille au soir, puis au fait qu’elle se débarrasse, beaucoup plus vite que je ne pouvais l’espérer, de toute espèce de pudeur et de retenue, tant et si bien qu’il m’était impossible, alors, de ne pas soupçonner d’autres motivations à son emportement que celles qui flattaient mon ego&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-5114572723444840546?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/5114572723444840546'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/5114572723444840546'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/10/on-en-finira-donc-jamais-avec.html' title='On en finira donc jamais avec ça ?'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SOjOBzQHYeI/AAAAAAAAAHg/iiMxESVbAWk/s72-c/PhotoBlog000198.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-1555017267417825529</id><published>2008-10-05T15:50:00.006+02:00</published><updated>2010-10-10T11:30:25.871+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Jade'/><title type='text'>Rires de Jade, une fois de plus !</title><content type='html'>&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: medium;"&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SOjGd-glX3I/AAAAAAAAAHY/UlCh8AniAQA/s1600/PhotoBlog000182.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img alt="" border="0" height="400" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5253667183625854834" src="http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SOjGd-glX3I/AAAAAAAAAHY/UlCh8AniAQA/s400/PhotoBlog000182.jpg" style="margin-top: 0px;" width="300" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Car Jade, dans sa folie, avait toujours opposé ce qu’elle appelait le &lt;i&gt;charivari douloureux&lt;/i&gt; de l’existence, auquel elle associait le tumulte et la malédiction du monde, sa pesanteur scientifique, les concepts et les raisonnements de toutes sortes, au motif musical, parfois légèrement dissonant, désaccordé, qui fait la richesse de chacun et qu’accompagne la grâce sensuelle d’une soirée, la magie d’un regard, la longue déambulation d’une promenade au bord d’un canal. C’était comme entendre son exigence à &lt;a href="http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/08/surtout-ne-pas-penser.html"&gt;persévérer&lt;/a&gt; dans la légèreté, la futilité, le chatoiement fugace des couleurs, l’éclat fugitif de l’arc-en-ciel, la fulgurance extatique de son rire.&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-1555017267417825529?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/1555017267417825529'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/1555017267417825529'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/10/rires-de-jade-une-fois-de-plus.html' title='Rires de Jade, une fois de plus !'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SOjGd-glX3I/AAAAAAAAAHY/UlCh8AniAQA/s72-c/PhotoBlog000182.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-6975903085260788689</id><published>2008-10-05T15:45:00.008+02:00</published><updated>2010-10-10T10:32:20.715+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Journal'/><title type='text'>Quelques heures avant l'aube.</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SOjFvbAB2xI/AAAAAAAAAHQ/9J-H1DgVf2A/s1600/PhotoBlog000234.JPG" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img alt="" border="0" height="265" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5253666383820086034" src="http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SOjFvbAB2xI/AAAAAAAAAHQ/9J-H1DgVf2A/s400/PhotoBlog000234.JPG" style="margin-top: 0px;" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: georgia; font-size: 130%;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: georgia; font-size: 130%;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;Et puis, plutôt que de reprendre l’avion directement pour Paris (via Bangkok, tout de même, m’avait-on dit au téléphone, depuis le Siège), une fois réglés ces arrangements qui n’en finissaient pas et ces entourloupes de merde avec l’administration cambodgienne, sans même imaginer, un seul instant, devoir m’en ouvrir à Lemercier, qui ne m’avait guère épargné, ces temps derniers, par parenthèse, j’ai finalement décidé, pour rejoindre le Laos, de m’embarquer sur une barge qui remontait le Mékong. Trois jours durant, j’ai somnolé en retrouvant, cette fois, enfin, un peu de sérénité, car simplement ensommeillé de rizières nonchalantes perdues dans la brume et parsemées de volutes de fumées bleutées qui montaient à la verticale, un peu partout, presque sur l’horizon, à peine deviné. Peu avant la frontière, les rizières, brusquement, ont dû céder la place à la forêt ; le fleuve engloutissant alors, en silence, les branches et les feuillages égarés à la surface des eaux. L’insistant gémissement des moteurs, entrecoupé de soubresauts arythmiques, comme autant de plaintes syncopées, déchirait en vain l’immensité végétale, pour se perdre dans des chemins improbables qui se noyaient dans les broussailles. Jusqu’à ce village, pour ne pas dire autrement, où nous nous sommes échoués, au soir du troisième jour, pour la nuit, histoire de nous ravitailler. Deux ou trois dizaines de cahutes de pécheurs, tout au plus, s’avançaient sans y croire au dessus du fleuve. Au bout de l’unique sentier, que se chamaillaient des enfants dépenaillés et toute une basse-court de canards et de dindons esseulés, de coqs et de poules à demi sauvages, de chiens efflanqués, j’en oublie, j’ai fini par trouver refuge, je ne sais plus trop comment depuis, chez une vieille femme à demi édentée qui ne cessait de venir m’importuner pour me questionner longuement sans que je comprenne un traite mot de ses interrogations (il se peut, tout de même, qu’il ait été vaguement question de ma présence ici, dans cette région isolée, inconnue des touristes). &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; font-size: 130%;"&gt;Avachi dans une chaise à bascule sauvée de quelque naufrage, je serais, sans doute,  resté longtemps à me taire, une fois annexé le balcon brinquebalant de ce  taudis de bambous, serti de tôles et de ferrailles aux trois quarts rouillées qui  me servait d’observatoire, si le ferry poussif venu de Ventiane n’avait  accosté à ce moment-là, pour une heure ou deux, à l’embarcadère de fortune  encombré de tout un trafic de victuailles, de bric-à-brac, de baluchons entassés  pêle-mêle au milieu d’un amoncellement de vélos désaccordés et de scooters  poussiéreux. Car c’est précisément de ce ferry à la splendeur déchue qu’est  descendue, escortée d’un essaim de visages hypnotisés, la jeune journaliste  italienne qu’il m’arrive, aujourd’hui encore, de confondre avec Maud, tant sa  manière d’être à la fois pudique et sensuelle, lui ressemble. On avait dû lui  vanter mon refuge, lui expliquer je ne sais quoi, lui assurer qu’un étranger  taciturne s’était arrangé pour y passer la nuit car, dans la cour où s’affairaient  deux ou trois cochons au groin couvert de terre, je l’ai vu, un quart d’heure  plus tard, à peine, débarquer, craintive, le visage défait, entourée de toute  une troupe joyeuse et bavarde d’adolescents innocents, puis franchir, avec précaution, le seuil de mon palais improvisé. Le reste n’appartient qu’à  moi, au fond. Je dirais, juste, qu’anéantis par le bavardage vespéral des  dauphins qui remontaient le courant en se dressant, le temps d’un soupir,  fugitifs, hors de l’eau, nous avons, d’abord, suivi en silence leur manège avant de  gagner, toujours silencieux, la couche que nous étions, plus ou moins, censés  partager. Ensuite, il y aurait un peu de vent dans la torpeur tropicale, la  moustiquaire en travers du lit, la nuit sans lumière et quelques feux allumés sur la  berge, au loin. Ensuite il y aurait ce qui me pousse à mentir. Parfois.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-6975903085260788689?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/6975903085260788689'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/6975903085260788689'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/10/quelques-heures-avant-laube.html' title='Quelques heures avant l&apos;aube.'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SOjFvbAB2xI/AAAAAAAAAHQ/9J-H1DgVf2A/s72-c/PhotoBlog000234.JPG' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-3522157425822818020</id><published>2008-10-03T08:53:00.007+02:00</published><updated>2010-10-10T11:26:25.471+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Jade'/><title type='text'>Trop, c'est trop !</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SOXCMFtHRmI/AAAAAAAAAHI/9flkjAhQrco/s1600/56-niv1.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img alt="" border="0" height="170" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5252818053343168098" src="http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SOXCMFtHRmI/AAAAAAAAAHI/9flkjAhQrco/s400/56-niv1.jpg" style="margin-top: 0px;" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Car, après avoir, si longtemps, arpenté les rues de Rimini, les yeux aimantés par le sillage des cargos en partance pour Messine ou pour le port d’Alexandrie, puis découvert Naples, les fresques du musée de la ville, le sable terreux des grandes plages où finissent des vagues définitivement asthmatiques, la côte amalfitaine, Capri, la corniche des milliardaires, ce monde de rêve (je n’invente rien), nous avions convenu, un soir, que mieux valait, sans doute, pour nous deux, rentrer à Paris sans trop tarder (au téléphone, les nouvelles n’étaient pas bonnes). Et c’est alors, quand, la veille de notre retour, Maud eût exigé que nous reprenions une part de notre &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;indépendance&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;, une part de notre &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;liberté&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;, une part de cette &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;légèreté&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; qui nous manquait, à elle comme à moi, depuis le début de notre histoire, qu’insensiblement je me suis mis à penser à Paul, au personnage central de ses romans (Julien Majuscule) quand celui-ci assure, à qui veut bien l’entendre, qu’il existe toujours un lien sacré entre &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;certains&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; mots, et mêmes &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;certaines&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; sonorités, et &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;certains&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; êtres. Car comment comprendre, sinon, qu’en mon for intérieur je déniais à Maud, une fois pour toutes, le droit de d’évoquer certaines choses en ma présence, comme celui de parler de &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;liberté&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;, d’&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;indépendance&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; et de &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;légèreté&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;, fût-ce là, perdus que nous étions, dans ces montagnes perlées d’oliviers du sud de l’Italie ? Aucune autre voix que celle de Jade, me suis-je dit ce soir-là (je n’en pouvais plus, des étoiles et des galaxies balancées dans la nuit), ne devrait plus jamais être autorisée à prononcer les mots de &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;liberté&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;, d’&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;indépendance&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; et de &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;légèreté&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;. Je rêve, n’est-ce pas &lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-3522157425822818020?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/3522157425822818020'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/3522157425822818020'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/10/trop-cest-trop.html' title='Trop, c&apos;est trop !'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SOXCMFtHRmI/AAAAAAAAAHI/9flkjAhQrco/s72-c/56-niv1.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-6581781231622125346</id><published>2008-10-02T08:54:00.004+02:00</published><updated>2010-10-10T10:33:17.904+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Journal'/><title type='text'>Putain !</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SORxGBU09SI/AAAAAAAAAHA/ne5yA5nMzSk/s1600/PhotoBlogWW.+8.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img alt="" border="0" height="227" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5252447413669786914" src="http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SORxGBU09SI/AAAAAAAAAHA/ne5yA5nMzSk/s400/PhotoBlogWW.+8.jpg" style="margin-top: 0px;" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;C’était un vendredi treize. Et je ne savais pas quel genre de bonheur ou de malheur était censé m’arrivé. J’entendais juste, sans parvenir à m’éveiller complètement, le facteur farfouiller comme un fou dans la boite aux lettres du rez-de-chaussée, s’efforçant, sans aucun doute, d’y glisser quelque chose &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;d’un peu&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; volumineux. J’ai d’abord pensé à une &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;certaine &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;revue, assez luxueuse, qu’il m’arrivait de recevoir sans d’ailleurs comprendre pourquoi le précédent locataire semblait s’en être brusquement désintéressé le jour de son déménagement (le plus étrange étant tout de même qu’il avait dû prolonger l’abonnement à mon insu). J’ai pensé aussi - car ils en obstruent régulièrement l’ouverture, m’obligeant, ensuite, à les extirper, les uns après les autres, au prix d’une bordée d’injures adressées au premier venu (généralement Victor Lemercier qui passe les trois quart du temps à me surveiller derrière sa fenêtre, de l’autre côté de l’impasse, et le reste du temps assoupi dans son fauteuil) – à ces catalogues de jardinage ou d’embellissement domestique, pour faire bref, inutilement chargés de créatures vaguement sexy. Mais j’ai fini par croire à d’autres hypothèses moins convenues, la plus probable étant tout de même que Séverine m’envoyait, par la poste, ce que j’exigeais, &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;depuis des semaines&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;, qu’elle me restitue (à savoir, avant tout, le double des clefs, dont celle de la boite aux lettres, par parenthèse, mais aussi mon briquet plaqué or, sans même parler de ces photos qu’elle avait prises au temps de notre liaison et qui me montraient sous un jour assez peu flatteur, pour ne pas dire plus). Je n’imaginais pas, en revanche, que Frédéric puisse m’avoir expédié les plans de son nouveau prototype sans m’y avoir longuement préparé (interminables conversations téléphoniques entre deux heures et quatre heures du matin). Naturellement je me trompais sur toute la ligne&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-6581781231622125346?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/6581781231622125346'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/6581781231622125346'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/10/putain.html' title='Putain !'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SORxGBU09SI/AAAAAAAAAHA/ne5yA5nMzSk/s72-c/PhotoBlogWW.+8.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-2361032546637320677</id><published>2008-10-01T23:18:00.007+02:00</published><updated>2010-10-09T22:43:55.880+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Maud'/><title type='text'>Plus personne ne nous voit !</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SOPpgjxEKFI/AAAAAAAAAG4/0ynlKS5EPyM/s1600/PhotoBlogW0001.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img alt="" border="0" height="400" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5252298336010250322" src="http://4.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SOPpgjxEKFI/AAAAAAAAAG4/0ynlKS5EPyM/s400/PhotoBlogW0001.jpg" style="margin-top: 0px;" width="251" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span style="font-size: 130%;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;Alors, l’ayant serrée si fort contre moi, ce jour-là, que son souffle s’en est allé, comme s’en est allée, aussi, sa maladie, ses cellules cancéreuses, toute cette terreur qui la rongeait (comme elle nous rongera tous un jour ou l’autre), &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;   &lt;meta content="" name="Titre"&gt;&lt;/meta&gt; &lt;meta content="" name="Mots clés"&gt;&lt;/meta&gt; &lt;meta content="text/html; charset=utf-8" equiv="Content-Type"&gt;&lt;/meta&gt; &lt;meta content="Word.Document" name="ProgId"&gt;&lt;/meta&gt; &lt;meta content="Microsoft Word 2008" name="Generator"&gt;&lt;/meta&gt; &lt;meta content="Microsoft Word 2008" name="Originator"&gt;&lt;/meta&gt; &lt;link href="file://localhost/Users/ricordeau/Library/Caches/TemporaryItems/msoclip/0/clip_filelist.xml" rel="File-List"&gt;&lt;/link&gt;  &lt;style&gt; &lt;!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:Tahoma; 	panose-1:2 11 6 4 3 5 4 4 2 4; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} @font-face 	{font-family:"Californian FB"; 	mso-font-alt:Copperplate; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:roman; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 	margin:0cm; 	margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:12.0pt; 	mso-bidi-font-size:10.0pt; 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&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-2361032546637320677?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/2361032546637320677'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/2361032546637320677'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/10/plus-personne-ne-nous-voit.html' title='Plus personne ne nous voit !'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SOPpgjxEKFI/AAAAAAAAAG4/0ynlKS5EPyM/s72-c/PhotoBlogW0001.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-6280315223917447183</id><published>2008-09-23T22:24:00.008+02:00</published><updated>2010-10-09T22:24:15.099+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Violaine'/><title type='text'>L'équilibre de l'univers ? Vraiment !</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SNlR-hhZGjI/AAAAAAAAAGw/5IM1wUNSdX4/s1600/DSCF1675.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img alt="" border="0" height="300" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5249316975269190194" src="http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SNlR-hhZGjI/AAAAAAAAAGw/5IM1wUNSdX4/s400/DSCF1675.jpg" style="margin-top: 0px;" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Jamais Violaine ne parviendrait à oublier les cris qu’ils poussaient en descendant l’escalier. Toujours, les deux garçons se chamaillaient pour un rien, riant à la volée à la moindre occasion, se bousculant comme des fous à l’infini pour ravir, à l’autre, la vedette d’une nouvelle pitrerie. Longtemps, Violaine détesterait l’idée d’avoir été à ce point naïve et insouciante. Car tout repose éternellement sur du sable, non ? Mais, pour l’heure, mieux valait surtout ne pas trop s’attarder, non ? Charles-Antoine s’était déjà éclipsé, lui, dès patron minet, laissant juste derrière lui de vagues indices de son passage sur terre, particulièrement à proximité de la machine à café, aux alentours du frigo aussi, à peine plus, ayant définitivement prétexté, au milieu de la semaine, un week-end nécessairement studieux, au journal, en cette période d’intense actualité diplomatique (tu comprends, chérie, im-po-ssi-ble de les laisser tomber ; Matthieu ne s’en relèverait pas !), pour échapper au piège quasi-mortel que constituerait à ses yeux, inévitablement, ces quarante huit heures, montre en main, en pleine brousse, à cent cinquante kilomètres, au moins, de la première habitation, dans cette région bénie des dieux sans doute mais où rien ne passait, ni le TGV Paris-Toulouse, ni l’autoroute du Soleil, ni les ondes des téléphones portables, ni celles des GPS et autres gadgets in-dispen-sa-bles, vois-tu. « &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Tu exagères toujours, Charles Antoine, vraiment je le dis comme je le pense ! La Creuse, tout de même, ce n’est pas le désert de Gobie…&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; » Ce, à quoi, Charles Antoine, quand il s’était agi de prendre une décision définitive quant à sa participation à ce qui serait, prétendait-il, la cérémonie la plus em-mer-dan-te que l’homme ait délibérément choisi d’organiser (le mariage de Jérôme Poulard et de Virginie Martin, rien que ça), ce, à quoi, Charles-Antoine, donc, avait dû grimacer quelque chose de suffisamment pathétique pour que Violaine finisse par abandonner la partie. « &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;OK, OK, mon chéri, j’ai comp-ris… J’irai seule avec les enfants, voilà tout !&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; » En attendant, une fois au pied du mur, il s’agissait maintenant (Violaine commençait à considérer l’horloge du salon d’un œil mauvais) d’éviter les lentes processions motorisées des citadins d’adoption, lesquels n’aspirent, hebdomadairement parlant, on le sait, qu’à la chlorophylle endimanchée de jardins domestiqués ou à la lourde hospitalité de beaux parents aux visages fatigués. « &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Par pitié, les garçons. Voulez vous bien, une minute, vous tenir tranquilles ?&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; ». Se tenir tranquilles ? Sans doute les mots n’auront-ils jamais le même sens selon que l’on se place du point de vue de deux jumeaux de sexe masculin qui s’apprêtent allègrement à fêter leur dixième anniversaire, ou de celui d’une avocate de trente-huit ans, plutôt séduisante d’ailleurs, et pleinement rompue, de par son expérience professionnelle à d’interminables interprétations sémantiques aux conséquences incalculables. Car, se tenir tranquilles, pour Aymeric et Benjamin, avait précisément consisté à se jeter précipitamment dans les bras de leur mère, l’un en singeant l’ivresse soudaine et bruyante d’un âne débâté (s’il te plait mon trésor, cal-me-toi !), l’autre l’agonie douloureuse, et approximative, d’un sanglier fuyant sous les feux nourris d’une troupe de chasseurs (oh, nooon, pas çaaaa). Il avait bien fallu composer, pourtant, et s’extasier de leur immense talent de comédien, avant de se résoudre (on n’a rien sans rien !) à s’essayer sur le champ au dressage de toute cette ménagerie, l’âne débâté ayant, le premier, fini par entendre raison. « &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Bon sang, vous allez me tuer !&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; » C’eût été trop beau, peut-être, à leurs yeux car ils s’employèrent alors à rassembler, quoiqu’en maugréant, sacs et valises, manteaux de sorciers, chaussons de sept lieues en poils d’entourloupe, pour se précipiter (moi devant, toi derrière) sur la banquette arrière du vaisseau amiral en route pour Galimède à trois années lumière à l’Est de Cyrus. On n’était pas prêts d’arriver, pour dire les choses autrement. Pour l’heure, le ciel était d’humeur matinale sur Montmorency, avec des traînées ocres, déjà, sur l’horizon, quelques étourneaux, volages, dans le jardin du voisin et le scintillement d’un avion qui ne tarderait guère à s’immoler dans l’incandescence des premiers rayons du soleil. Juste à ce moment-là, Violaine avait actionné le démarreur avant de s’engager, sans trop réfléchir, à gauche vers le boulevard, les feux tricolores, l’échangeur de Paris nord, les bretelles pour voies rapides, le périphérique ouest, l’autoroute A91, les radars automatiques, les aires de repos, Bison futé, les conseils que l’on vous serine sur Radio Fréquence, les péages et leurs couloirs embouteillés, les injonctions sécuritaires, les déviations et les ralentissements. Dieu, que le monde est compliqué, parfois, n’est ce pas ? Passé Vierzon, par crainte d’un manque de carburant, Violaine s’était résolue à une pause frileuse à l’orée d’une station service aux allures de supermarché où elle avait finalement décidé de décréter l’amnistie générale en promettant un croissant à la confiture à quiconque accepterait de marcher nor-ma-le-ment plutôt que de courir à toutes berzingue dès l’ouverture automatique des portes du vaisseau spatial… Sauf qu’elle avait dû rapidement doubler la mise en y ajoutant la perspective d’une tasse de chocolat chaud. Et en rappelant que rien n’était jamais acquis, n’est ce pas ! Et qu’il ne fallait quand même pas exagérer ! Plus tard, pendant qu’Aymeric et Benjamin, patientaient au bar, perchés sur des tabourets inamovibles et ne perdant pas une miette des gestes blasés d’une certaine Muriel aux yeux de sirène, Violaine avait eu, brusquement, comme un effroyable pressentiment. Comme si la catastrophe était, maintenant, imminente. Et qu’il n’était plus temps de regretter quoique ce soit. Encore moins de chercher à se défiler. Oui, sans en deviner, naturellement, la teneur, Violaine avait su, à cet instant précis, en croisant le regard d’un jeune type qui fumait le cigare (mais oui, bien sûr, je le connais !) que le souffle puissant et terrifiant du malheur ne tarderait guère, désormais, à balayer sa fragile existence. La sienne et celle de beaucoup d’autres, peut-être ! Plus tard dans la matinée, une fois parvenue à destination, elle en avait touché deux mots, et même un peu plus en réalité, à Jérôme et à Virginie qui l’avaient accueilli avec de grands gestes un peu exubérants, des embrassades à n’en plus finir, des réminiscences d’autrefois, des complicités un peu forcées en mémoire de ce qu’ils avaient connus, tous les trois, à l’université, ou durant les soirées passées, en ce temps-là, à espérer d’autres soirées ou à conjuguer au conditionnel ces nuits qui s’achevaient toujours avant même d’avoir commencé, on connaît ça. Tandis que les garçons, libérés de deux heures cinquante d’immobilité forcée s’apprêtaient à explorer le domaine en se dirigeant tout de suite vers les écuries, traversant le manège en courant, Virginie, soudain, s’était immobilisée en écoutant Violaine parler, sérieuse et presque inquiète. Puis elle l’avait serré dans ses bras. Avec tellement de chaleur. « &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Rassures-toi, tu es là, Violaine ! L’équilibre de l’univers est enfin rétabli ! Nous sommes à nouveau le centre de notre monde. Tout va bien… Je t’assure ! Tout va bien…&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; ». Et ils avaient marché tous les trois dans l’allée, les graviers crissant sous leurs pas alors qu’Aymeric et Benjamin venaient de disparaître définitivement dans un autre espace-temps. Et Violaine avait senti, peu à peu, comme une force nouvelle l’envahir. Et Violaine s’était blottie contre Jérôme. En riant comme une folle. Et l’avait embrassée dans le cou. C’était si bon&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7077709595865495042-6280315223917447183?l=pas-vu-pas-pris.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/6280315223917447183'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7077709595865495042/posts/default/6280315223917447183'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pas-vu-pas-pris.blogspot.com/2008/09/lquilibre-de-lunivers.html' title='L&apos;équilibre de l&apos;univers ? Vraiment !'/><author><name>Paul-Henri Sauvage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04253326346730841347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/TK4w9iumD-I/AAAAAAAAAts/dqBOIDkPP1M/S220/PH3.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SNlR-hhZGjI/AAAAAAAAAGw/5IM1wUNSdX4/s72-c/DSCF1675.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7077709595865495042.post-5465311538609703163</id><published>2008-09-20T15:33:00.010+02:00</published><updated>2010-10-09T22:32:48.031+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Paul'/><title type='text'>L'éternité enfin retrouvée !</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SNT8jKz_D9I/AAAAAAAAAGo/JRlohXIuO_k/s1600/PhotosBlog0035.JPG" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img alt="" border="0" height="267" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5248097146921488338" src="http://2.bp.blogspot.com/_Lio_S0Pxl8U/SNT8jKz_D9I/AAAAAAAAAGo/JRlohXIuO_k/s400/PhotosBlog0035.JPG" style="margin-top: 0px;" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Tout est allé très vite, au fond. Je venais, juste, de poser mes valises dans le hall de l’hôtel (j’exagère à peine !) m’extasiant, auprès du directeur, de la subtile harmonie des couleurs du salon que j’apercevais maintenant dans l’enfilade du couloir (tout est toujours plus beau, à chacun de mes séjours, ai-je convenu) que les cubains, brusquement, se sont souvenu de mon existence. Et de leurs intérêts, surtout, à court, comme à moyen terme. Et des projets immobiliers que nous avions sur la côte caraïbe (entre autres) et dont j’avais été chargé, par Saulnier, avec l’aval du Cabinet, semble-t-il, de dévoiler, au moins partiellement, le montage financier, histoire de pousser tous ces loustics à nous proposer d’autres arrangements autrement plus discrets et dont nous avions d’ailleurs déjà débattu (sans parvenir au moindre compromis, il faut bien le dire), deux ans plus tôt, au bord d’une des piscines d’un hôtel de luxe, face à la baie d’Acapulco. Sauf que cette fois, j’ai senti, de leur part, un certain affolement (peut-être croyaient-ils, mine de rien, que je me faisais désormais l’avocat des israéliens ?). Car, dépêché auprès de moi, dans la demi heure, à peine plus, par toute la clique de la filière colombienne, cette vieille crapule de Jorge s’est empressé d’évoquer, après les congratulations d’usage, et les sourires de façade, et les embrassades, et les larmes de bienvenue perlées au coin des yeux qui riaient, la possibilité pour moi, cette fois, d’une rencontre en tête à tête, oui, j’avais bien entendu, avec cet écrivain (quel est son nom, déjà ?) à la plume acérée et présenté, aux yeux du monde libre, comme le leader occulte de l’opposition de gauche à Fidel Castro. « &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Nous en avions déjà parlé, n’est ce pas ? Et bien Paul, tu me croiras si tu veux, tout est en train de changer ici… Ce qui n’était pas possible hier, subitement le devient, je t’assure !&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; ». A l’évidence, ils devaient être salement embarrassés par la tournure que prenaient ces négociations qui n’en n’étaient pas et j’en concluais qu’ils ne savaient plus trop comment se sortir du bourbier diplomatique dans lequel ils s’étaient eux-même empêtrés, ce qui les conduisait, accessoirement, à interpréter d’une curieuse façon l’intransigeance nouvelle de Matignon. A titre personnel, je n’avais d’ailleurs aucune raison de penser que cette intransigeance puisse être rapidement contournée mais, en mon for intérieur, je me disais surtout que ces énarques à la noix ne nous facilitaient guère le travail, bordel de merde. Mais je n’en n’ai, évidemment, rien laissé paraître. « &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Non, mon pote, ne te fatigues pas pour moi… &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;» ai-je répondu. « &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Je ne travaille plus pour le renseignement. Je suis complètement grillé, vois-tu. Même les amerloques m’ont lâché les basques. Je ne peux pas croire que vous ignorez mes emmerdes avec Saulnier…. Ce serait trop gros !&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; » ai-je dit en finissant par poser la télécommande de la clim sur le frigo. Avant de continuer, sur le même registre, en désignant du menton la fenêtre entrebâillée, le balcon ouvert sur l’océan, le ciel caraïbe, et les mouettes qui sans relâche s’essayaient à affronter les turbulences tropicales. « &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Ouais… Vrai de vrai, Jorge… Cette fois, je ne suis là que pour Hemingway… Et pour le Malecon… Et pour le baroque ensoleillé de vos églises inoccupées… Et pour les criques de sable où l’on pêche le requin et où, le soir, on se boit des cocktails et des cocktails de rhum à n’en plus finir, les yeux sur l’horizon. Voilà la vérité, mon vieux… Je ne suis là que pour le vol des pélicans, quand la nuit tombe sur les vagues de cristal… Et aussi un peu pour la musique qui se déchire dans la nuit… Un peu pour le balancements des corps qui balbutient celui de l’océan… Un peu pour les palmiers sous le vent… Pour le souvenir du Ché, aussi… Pour la pêche au gros. Pour les cigares. Pour ces gosses qui jouent sur des manèges rouillés dans le parc Lénine. Ouais, Jorge…. C’est pour ça que je suis là. Pour rien d’autre, cette fois, je t’assure. Tu me crois ? &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;». Il a surtout dû se dire que je me moquais ouvertement de sa pomme, et que j’étais en train de lui annoncer, ni plus ni moins, que je me foutais complètement de leurs pauvres arguments, et que j’avais simplement trouvé un moyen de les humilier définitivement sans risquer un seul cents, et qu’ils allaient devoir mordre la poussière sans pouvoir répliquer ni même se plaindre à qui que ce soit. Mais il s’est bien gardé, naturellement, de faire la moindre allusion à ce qui ne manquerait pas d’arriver. Nous nous sommes donc quittés les meilleurs amis du monde. Après que je me soies infusé, tout de même, une heure de temps, montre en main, la mascarade de ses confidences, ses gémissements soigneusement étudiés, le récit soi-disant désopilant de ses mésaventures, la disgrâce supposée de son neveu, les tracasseries incessantes de la bureaucratie, et puis quoi encore, le prix de la viande qui grimpait de jour en jour et atteignait désormais des sommets extravagants, sans parler de l’impossibilité, pour un type comme lui, démocrate au fond du cœur, m’a-t-il assuré, presque sincère soudain (du moins, avec un réel accent de sincérité au coin des lèvres) d’accéder aux mêmes informations que le reste de la planète, fussent-elles décourageantes au possible et mensongères au dernier degré, ce que nul ne pouvait sérieusement contester. Je me suis senti vaguement obligé de compatir. Vaguement obligé de lui tenir le bras. Vaguement obligé de le raccompagner jusqu’à la porte de ma chambre. Et aussi de baragouiner quelque chose qui le calme un peu, sur la futilité de tout ça, la brièveté de notre misérable existence, l’équilibre subtil du cosmos, la nuit éclatante qui avait précédé le bing bang, et serait notre avenir à tous, bon dieu, Jorge, nous ne sommes vraiment rien du tout. Pas même la poussière d’une poussière. J’ai tout de même fini par deviner, entre deux rires engendrés par l’abus de vodka, que je devais m’attendre, sous peu, à la visite impromptue d’une certaine Vicky à qui l’un de ses collègues de la Sécurité Intérieure (ce ne sont pas des rigolos, tu sais) venait précisément de confier la mission de me servir de guide durant toute la durée de mon séjour (on ne sait jamais ce que vous avez dans la tête, vous autres, comprends tu ?). Non, je ne comprenais pas. Sauf qu’il fallait que je me tienne à carreau, je suppose. Et que je ne cherche pas trop à discutailler. Ni à en savoir plus. Ce qui me convenait parfaitement, au fond. Si bien que j’ai tout de suite demandé à la jeune personne au visage plutôt avenant, au demeurant, qui s’était présentée à la réception de l’hôtel, dès patron minet, le lendemain matin, qu’elle me conduise sans trop tarder à San Francisco de Paula, l'une des banlieues, par parenthèse, les plus déshéritées de La Havane, mais où séjournait, autrefois, le plus génial dépressif que la terre ait porté. En vérité, je me moquais ouvertement, à ce moment-là, dans le taxi climatisé à mort, que cette Vicky aux formes généreuses, il faut l’avouer, soit, ou non, comme elle le prétendait, l’avant-dernière fille de Raul, héros de la révolution s’il en est et, surtout, frère cadet de Fidel Castro, rien que ça. Ou que, comme elle me l’avait confié, elle supervise pour le compte de l’Unesco la rénovation accélérée des quartiers proches du port de commerce. Ou que, si je devais en croire la biographie qu’elle m’avait mise sous les yeux, pour me rassurer peut-être, elle ait passé la moitié au moins de son adolescence à Madrid, obtenant même, au final, un vague diplôme en histoire de l’art dont j’étais bien incapable d’apprécier la valeur, au vu des annotations manuscrites qu’un obscur fonctionnaire avait ajouté, quelques années plus tôt. Je lui souriais sans mauvaise grâce mais sans répondre et je n’ai fait qu’hocher la tête d’un air entendu (coup d’œil en coin au chauffeur qui n’en perdait pas une miette) quand elle a fini par affirmer, avec beaucoup de conviction, être fière à la folie de son père, de l’histoire de son peuple, de sa patrie et de la révolution cubaine qui ne manquerait pas de contaminer (c’était le terme qu’elle avait employé) rapidement le reste du monde. Arrivés sur place, et tout en m’étourdissant de références littéraires qui m’importaient en fait assez peu, elle m’a d’abord conduit
